15 juin 2017 / 17:22 / dans 3 mois

LEAD 1-Berlin et Vienne dénoncent des sanctions US contre Moscou

(Actualisé avec adoption du texte au Sénat, réaction de Gazprom)

BERLIN, 15 juin (Reuters) - L‘Allemagne et l‘Autriche ont dénoncé jeudi le vote par le Sénat américain d‘un nouveau train de sanctions contre Moscou.

Berlin et Vienne relèvent que ces mesures punitives, si elles aboutissent, exposeraient les sociétés européennes impliquées dans des projets énergétiques en Russie, dont le gazoduc Nord Stream 2, à des amendes pour infraction à la loi des Etats-Unis.

Les sénateurs américains ont approuvé mercredi à la quasi-unanimité, par 97 voix contre deux, un amendement visant à punir la Russie pour son ingérence présumée dans la campagne électorale américaine de 2016, ainsi que l‘annexion par Moscou de la Crimée en 2014 et son soutien au gouvernement syrien.

L‘amendement fait partie d‘un texte de loi sur des sanctions à l‘encontre de l‘Iran, qui a lui-même été adopté jeudi par 98 voix contre deux, celles du républicain Rand Paul et de Bernie Sanders, rattaché au groupe démocrate.

Le projet doit encore être approuvé par la Chambre des représentants et promulgué par le président Donald Trump.

Dans un communiqué commun, le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, et le chancelier autrichien, Christian Kern, dénoncent une décision qui, disent-ils, menacera les livraisons de gaz russe à l‘Europe.

“Les sanctions politiques ne devraient pas être liées à l‘intérêt économique”, déclarent les deux hommes.

“Menacer des entreprises en Allemagne, en Autriche et d‘autres sociétés européennes d‘amendes aux Etats-Unis si elles participent à des projets énergétiques comme Nord Stream 2 représente une nouvelle dimension négative dans les relations entre les Etats-Unis et l‘Europe”, ajoutent-ils.

Ils ont dit soutenir les efforts du département d‘Etat américain pour modifier ces sanctions.

Les partenaires ouest-européens du géant gazier russe Gazprom ont conclu en avril un accord sur le financement du projet de gazoduc russe de 9,5 milliards d‘euros.

Lors d‘une cérémonie de signature à Paris, Uniper, Wintershall, Shell, OMV et Engie ont accepté de financer chacun 10% du coût du projet, soit 950 millions d‘euros par entreprise.

Gazprom apportera pour sa part l‘autre moitié du financement de ce gazoduc, qui doit passer sous la mer Baltique et entrera en activité en 2019.

Pour la compagnie russe, le projet d‘alourdissement des sanctions américaines répond d‘abord à un objectif commercial.

“En ce qui concerne la mise en oeuvre des sanctions, ils (les sénateurs) ne cachent pas que cela vise à assurer (les exportations) de gaz naturel liquéfié américain en Europe”, a déclaré Alexandre Medvedev, directeur général adjoint de Gazprom, cité par l‘agence de presse Interfax. (Noah Barkin et Michael Nienaber, avec Oksana Kobzeva à Moscou, Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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