15 juin 2017 / 15:02 / il y a 2 mois

Poutine déclare la guerre à la misère

par Polina Nikolskaya et Alexander Winning

MOSCOU, 15 juin (Reuters) - Vladimir Poutine a promis jeudi d'enrayer l'appauvrissement de la population russe et de faire le nécessaire pour qu'elle bénéficie de logements décents, lors de sa séance annuelle de questions-réponses avec des citoyens ordinaires, à neuf mois de l'élection présidentielle.

Le président, qui n'a pas encore fait acte de candidature, est largement en tête des intentions de vote, malgré l'apathie de l'électorat et les difficultés matérielles auxquelles beaucoup de Russes sont confrontés.

L'économie nationale et la marge de manoeuvre financière de Moscou face aux problèmes domestiques ont été durement affectés par la baisse du cours du pétrole et par les sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne, mais le chef de l'Etat a assuré jeudi que la tendance était à la reprise.

"Que montrent les données objectives ? Elles montrent que la récession de l'économie russe est terminée. Nous sommes entrés dans une période de croissance. Tout va bien se passer", a promis le président russe, au pouvoir depuis dix-sept ans.

Interrogé sur ses priorités, Vladimir Poutine a cité la hausse de la productivité et des salaires, faire en sorte que les gens ne vivent plus dans des "taudis" et en finir avec la misère.

Le nombre de Russes vivant sous le seuil de pauvreté est passé de 15,5 millions en 2013 à 23,4 millions l'an dernier et 13,5% de la population gagne moins de 10.000 roubles (156 euros) par mois, selon la Banque mondiale.

"OU EST L'ARGENT ?"

En avril, le salaire moyen était de 39.253 roubles (612 euros), d'après le service fédéral des statistiques, mais plusieurs interlocuteurs du président se sont plaints de gagner beaucoup moins.

Une enseignante de Sibérie a ainsi expliqué qu'elle devait se contenter de 16.500 roubles (257 euros) mensuels, ce que Vladimir Poutine a jugé surprenant. Le salaire moyen des enseignants de cette région devrait être deux fois supérieur, a-t-il estimé.

Une femme dont la maison a été inondée s'est plainte de ne pas avoir perçu les indemnités qu'elle aurait dû recevoir pour la remettre en état. "Ou est l'argent ?", s'est indigné le président, qui a prié le gouverneur local de tirer l'affaire au clair.

A l'issue de cette séance de quatre heures, pendant laquelle il a répondu à près de 70 questions, Vladimir Poutine s'est adressé à la presse. Interrogé sur les rassemblements de lundi à l'appel de l'opposant Alexeï Navalny, qui ont donné lieu à plusieurs centaines d'arrestations, dont celle de Navalny lui-même, il a jugé que le droit de manifester était nécessaire à la démocratie, mais n'autorisait pas les provocations.

Navalny, qui compte se présenter contre lui à la présidentielle de mars, a été condamné immédiatement après son arrestation à 30 jours de prison pour infraction au droit de manifester.

Ella Pamfilova, présidente de la commission électorale, a jugé jeudi sa candidature hors de question en raison d'une condamnation pour détournement de fonds prononcée en février. (Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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