15 juin 2017 / 11:12 / il y a 2 mois

LEAD 2-Athènes devrait recevoir une tranche d'aide de 8,5 mds d'euros

* Athènes doit rembourser des obligations le mois prochain

* Un flou persiste autour des allègements que la zone euro pourrait consentir, le FMI veut de la clarté

* Athènes dit avoir fait sa part, souhaite que les Européens fassent de même (Actualisé tout du long)

par Francesco Guarascio et Renee Maltezou

LUXEMBOURG, 15 juin (Reuters) - Les créanciers de la Grèce s'apprêtaient jeudi à débloquer une nouvelle tranche d'aide qui pourrait atteindre 8,5 milliards d'euros, afin de permettre à Athènes de rembourser des obligations arrivant à échéance le mois prochain.

Ils devraient également donner un aperçu des allègements de dette qu'ils pourraient lui proposer à plus long terme.

A Luxembourg, où il préside une réunion des ministres des Finances de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem a annoncé que la nouvelle tranche serait bien versée à la Grèce, ses créanciers reconnaissant qu'elle a bien honoré ses engagements.

Les responsables européens chargés de préparer la réunion de l'Eurogroupe envisageaient initialement un versement compris entre 7,4 et 8 milliards d'euros mais ont finalement recommandé jeudi matin un montant de 8,5 milliards aux ministres des Finances, a déclaré un responsable de la zone euro.

Jeroen Dijsselbloem a également indiqué que les grands argentiers européens, qui ont été rejoints par la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, allaient répondre favorablement aux demandes du FMI et de la Grèce qui souhaitent de la zone euro qu'elle fasse preuve de davantage de clarté sur la question de l'allègement de la dette grecque sur le long terme.

Le déblocage de la nouvelle tranche d'aide repose sur une condition fixée par le parlement allemand qui exige que le FMI participe au programme, actuellement entièrement financé par la zone euro.

CLARTÉ

Le FMI souhaite de son côté que la Grèce poursuive la mise en oeuvre des réformes convenues avec ses créanciers mais aussi que la zone euro soit plus explicite sur les modalités des allègements de dette qu'elle pourrait consentir à partir de 2018, quand le dernier programme d'aide consenti à la Grèce, le troisième depuis 2010, sera arrivé à son terme.

"Aujourd'hui, nous ferons preuve de davantage de clarté auprès de la Grèce et du FMI, sur la manière dont nous entendons avancer, comment l'allègement de dette sera calibré l'année prochaine."

La question de l'allègement de la dette grecque est un sujet particulièrement délicat en Allemagne, premier contributeur aux programmes d'aide à la Grèce et où des élections législatives sont organisées en septembre.

Berlin souhaite pouvoir conserver une certaine influence sur le gouvernement grec afin que ce dernier reste dans les clous définis par ses créanciers.

La zone euro a jusqu'à présent refusé de chiffrer le montant des allègements qu'elle pourrait consentir parce qu'elle considère que si Athènes met en oeuvre les réformes promises tout en maintenant son excédent primaire à un niveau élevé, --pendant des décennies --, elle pourrait ne pas avoir besoin du moindre allègement.

LA GRECE A FAIT SA PART

Le FMI estime au contraire que les objectifs fixés à la Grèce par la zone euro sont irréalistes et qu'il est évident que la Grèce a besoin d'allègements afin de regagner son accès aux marchés financiers.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, qui mène une douloureuse et impopulaire politique d'austérité, estime que la République hellénique a fait sa part en réduisant encore le montant des retraites et en augmentant les taxes comme ses créanciers le lui ont demandé.

"La Grèce a honoré ses engagements et adopté les réformes demandées. Aujourd'hui, l'heure est venue pour les Européens de se conformer à leurs propres engagements sur l'allègement", a déclaré jeudi le président grec Prokopis Pavlopoulos dans un entretien accordé au quotidien économique allemand Handelsblatt.

Jeudi à Athènes, quelque 1.500 retraités se sont réunis pour manifester pour protester contre la baisse de leurs retraites.

"Nous nous sommes fait dépouiller", accuse Stavros Vassiliou, âgé de 65 ans. "J'ai travaillé pendant 41 ans dans la construction (...), je touchais 2.400 euros en 2011 et à présent je reçois une retraite de 1.000 euros."

Si l'économie grecque montre des signes d'embellie, elle reste confrontée à un taux de chômage de plus de 23%, qui atteint même 45% chez les jeunes. (Nicolas Delame pour le service français)

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