14 juin 2017 / 08:23 / il y a 2 mois

ENQUÊTE-Les modalités de sortie du QE de la BoJ ne font pas consensus

par Kaori Kaneko

TOKYO, 14 juin (Reuters) - Les signes de reprise de l'économie japonaise, en dépit d'une inflation toujours très inférieure à l'objectif de la banque du Japon (BoJ), laissent les économistes divisés sur le principe et le calendrier d'une annonce par la banque centrale d'une sortie de sa politique monétaire ultra-accommodante, montre une enquête de Reuters publiée mercredi.

Les économistes interrogés sont aussi divisés sur la capacité de la banque centrale à communiquer sur sa stratégie de sortie sans provoquer de turbulences sur les marchés financiers.

Après trois années d'achats massifs d'actifs qui n'étaient pas parvenus à relancer l'inflation, la BoJ a changé de tactique en 2016 en ciblant un niveau de taux à long terme plutôt qu'un volume d'achats d'obligations, sans parvenir pour autant à faire accélérer la hausse des prix vers son objectif de 2% en rythme annuel.

Les signes d'amélioration de la situation économique ont alimenté les anticipations d'une sortie progressive de la politique monétaire ultra-accommodante.

La Banque du Japon est toutefois confrontée à un équilibre délicat. Elle doit à la fois convaincre les investisseurs qu'elle a un plan de sortie mais sans trop en dire trop vite au risque de déclencher une brusque remontée des taux longs et de déstabiliser les marchés.

La fédération des assureurs-vie japonais a appelé la semaine dernière la BoJ à commencer à discuter ouvertement de la sortie de sa politique monétaire ultra-accommodante aussi rapidement que possible.

Des économistes ont demandé à la banque centrale de dévoiler sa stratégie de sortie petit à petit en communiquant de manière adéquate sans effrayer les marchés.

"Si la BoJ dévoile sa stratégie de sortie maintenant, cela aura un impact énorme sur l'économie et la situation financière", a prévenu Kouki Sakano, analyste au Dogin Regional Research Institute.

"Les risques sont trop grands pour la BoJ si elle continue sa politique monétaire ultra-accommodante et son objectif d'inflation à 2% n'est pas réaliste. Il serait préférable que la BoJ indique petit à petit ses options progressives de sortie ou qu'au moins elle montre aux marchés qu'elle discute d'une stratégie."

Quatorze des 35 économistes interrogés entre le 6 et le 13 juin ont dit que la BoJ devrait rapidement exposer sa vision de la stratégie de sortie mais 17 d'entre eux ont estimé qu'elle n'avait pas à le faire.

"La BoJ n'a pas expliqué ou laissé entendre ce qu'elle ferait en cas de hausses des prix. La banque devrait compiler ses réflexions actuelles et les rendre publiques pour éviter la confusion sur les marchés", a dit Mari Iwashita de SMBC Friend securities.

Les économistes interrogés sont aussi divisés sur la capacité à communiquer de la BoJ et 14 d'entre eux ont dit qu'elle ne parviendrait pas à éviter des turbulences sur les marchés, 13 étant d'un avis contraire.

Le bilan de la BoJ a franchi le seuil des 500.000 milliards de yens ce mois-ci, soit l'équivalent du bilan de la Réserve fédérale américaine, et une brusque remontée des taux à long terme l'exposerait à d'importantes pertes.

Sur les 35 économistes interrogés, 19 se sont déclarés inquiets des possibles effets négatifs sur l'économie d'éventuelles pertes réalisées par la BoJ mais 16 ont dit ne pas les craindre.

Pour 31 d'entre eux, la prochaine initiative majeure de la banque centrale sera de sortir de sa politique ultra-accommodante et elle interviendra au plus tôt dans le courant de l'année prochaine.

Les intervenants de marché s'attendent à ce que la BoJ laisse sa politique monétaire inchangée vendredi, à l'issue de sa réunion de politique monétaire de juin et qu'elle rassure les marchés sur le fait qu'elle ne commencera à réduire son programme d'achats massifs d'actifs que bien après la Fed.

La médiane des prévisions des économistes interrogés concernant l'inflation de base, incluant les prix de l'énergie mais pas ceux de l'alimentation, ressort à 0,7% pour l'exercice fiscal en cours se terminant au 31 mars 2018 et à 0,8% pour le suivant.

La croissance du produit intérieur brut atteindrait quant à elle 1,3% pour la période en cours avant de ralentir à 1,1% sur la suivante. (Enquête réalisée par Shaloo Shrivastava et Khushboo Mittal, Marc Joanny pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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