9 juin 2017 / 08:46 / dans 4 mois

RPT-RÉACTIONS d'économistes, analystes et gérants après le vote britannique

(RPT coquille, §3)

PARIS, 9 juin (Reuters) - Réactions d‘économistes, analystes et gérants après le résultat des élections législatives anticipées au Royaume-Uni où le Parti conservateur de Theresa May a perdu la majorité absolue à la Chambre des communes.

HARTWIG KOS, DIRECTEUR ADJOINT DE L‘ÉQUIPE MULTI-ASSET CHEZ SYZ ASSET MANAGEMENT

“La livre sterling sera probablement sujette à une importante volatilité dans les semaines et mois à venir, alors que Theresa May se bat pour s‘accrocher au pouvoir. Nous croyons qu‘il sera extrêmement compliqué pour elle de rester à la tête du gouvernement compte tenu de la sanction claire et nette que les électeurs britanniques lui ont infligée cette nuit. En toile de fond se profilent de nombreuses querelles et recherches de boucs émissaires au sein du parti conservateur.”

“Alors qu‘une coalition avec le parti unioniste démocrate (DUP), le principal parti protestant en Irlande du Nord dont les idées sont compatibles avec celles des Conservateurs, leur donnerait le nombre de sièges suffisants pour avoir une majorité parlementaire, ces coalitions sont généralement fragiles et rendront les négociations de Brexit bien plus difficiles.”

“La principale justification de la tenue de ces élections anticipées était d‘augmenter la majorité conservatrice d‘une marge importante pour donner au Premier ministre plus de souplesse pour négocier avec l‘Union Européenne. Maintenant que cette marge est sensiblement plus faible qu‘initialement prévue, qui plus est dans le cadre d‘une coalition avec le DUP, un parti qui a un positionnement tranché sur le Brexit, la flexibilité tant souhaitée par Mme May pour les négociations a été considérablement diminuée.”

“Les conséquences de ce résultat revêtent un caractère quelque peu binaire. Soit nous allons vers un scénario de Brexit dur, sous la pression des députés eurosceptiques du parti conservateur et du DUP, soit les négociations vont piétiner sans issue jusqu‘aux prochaines élections, si les Européens sont d‘accord pour prolonger les délais de sortie prévus, en raison des divisions au sein du parti conservateur et de la fragilité inhérente aux accords de coalition”.

MARK BURGESS, RESPONSABLE MARCHÉ ACTIONS DE COLUMBIA THREADNEEDLE INVESTMENTS

“Le résultat des élections crée une situation difficile d‘un point de vue politique et ambigüe pour les marchés. Les marchés détestent l‘incertitude et cela augmente le risque de volatilité.”

“Jusqu‘à présent, la réaction la plus forte a été pour la livre sterling, et cela va sans doute continuer. Il y a un effet de conversion des devises important pour les bénéfices internationaux des nombreuses multinationales cotées à la Bourse de Londres. Elles devraient bénéficier de la faiblesse de la devise britannique.”

“Les Gilts - obligations d‘Etat britanniques – ont gardé leur statut de ”refuge“ malgré plusieurs événements politiques incertains ces dernières années. Cependant, les investisseurs internationaux détenteurs de Gilts constituent un tiers des détenteurs de la dette. Une diminution de l‘appétit de ces investisseurs internationaux pour la dette britannique pourrait présenter un risque.”

“Nous n‘attendons pas de mesure directe de la part de la Banque d‘Angleterre mais elle surveillera la confiance des consommateurs de près, notamment si la livre sterling continue de se déprécier.”

“En ce qui concerne la croissance de l‘économie britannique, bien qu‘elle ait assez bien résisté depuis le référendum, les derniers chiffres indiquent un affaiblissement. La confiance des consommateurs britanniques semblent s‘essouffler, ce qui pourrait affaiblir la croissance et avoir un impact sur les ménages les plus endettés.”

“Enfin, nous en venons au Brexit. Le résultat des élections réduit la probabilité d‘un Brexit ”dur“, ce qui est positif pour l‘économie britannique et européenne. Une approche plus souple aux négociations du Brexit pourrait par exemple soutenir la livre sterling au moyen terme. Il semble raisonnable de penser qu‘un accord sur le Brexit fera l‘objet de plus de contrôle parlementaire et le gouvernement cherchera à préserver certains éléments de l‘accès au marché unique.”

“La confiance du marché dépend maintenant de la rapidité avec laquelle un nouveau gouvernement peut être formé. Avec une autorité réduite, il sera difficile pour le gouvernement de faire beaucoup et l‘incertitude risque de dominer aussi longtemps que la situation reste incertaine.”

FLORENCE PISANI, DIRECTEUR DE LA RECHERCHE ÉCONOMIQUE CHEZ CANDRIAM

“Cette situation inattendue ouvre une période d‘incertitude : Theresa May va devoir trouver un allié pour former une nouvelle coalition. A cette heure, Thimothy Farron, le patron des Lib Dems, a d‘ores et déjà indiqué qu‘il ne s‘associerait pas au Parti conservateur”.

“On peut craindre dans ce contexte que le début des véritables négociations entre le Royaume-Uni et l‘Union européenne ne soient retardées. Or, la période de négociation prévue de deux ans a commencé lorsque le gouvernement britannique a activé l‘article 50, le 29 mars”.

“Alors que la hausse de l‘inflation et le faible dynamisme des salaires pèsent déjà sur la consommation des ménages, cette nouvelle période d‘incertitude pourrait assombrir davantage les perspectives de croissance du Royaume-Uni. Après avoir nettement fléchi au premier trimestre (+0,2% en glissement trimestriel contre +0,7% au quatrième trimestre), la croissance devrait poursuivre son ralentissement pour atteindre 1,5% en 2017 et 1,3% en 2018”.

MIKE CLEMENTS, RESPONSABLE DE LA GESTION ACTIONS EUROPÉENNES CHEZ SYZ ASSET MANAGEMENT

“Le résultat des élections britanniques a fait l‘effet d‘une onde de choc politique, mais ses secousses ne sont pas suffisantes pour ébranler la confiance des investisseurs : au contraire, les marchés se négocient plus haut ce matin au Royaume-Uni et en Europe. Il existe des opportunités potentielles à moyen terme au Royaume-Uni, mais elles restent conditionnées à la réussite du nouveau gouvernement britannique dans ses négociations autour du Brexit à venir.”

“A ce stade, il est difficile d‘évaluer si le résultat surprise de cette nuit rend de nouvelles secousses boursières plus ou moins probables. D‘une part, la Grande-Bretagne est probablement dans une position de négociation plus faible qu‘auparavant grâce à la tentative échouée de Mme May d‘augmenter sa majorité. D‘autre part, le résultat augmente la probabilité que la Grande-Bretagne risque de devoir faire davantage de compromis (c‘est-à-dire opter pour un ”soft“ Brexit plutôt qu‘un ”hard“ Brexit), ce qui réduit sensiblement les risques de volatilité aiguë sur les marchés financiers.”

“Le risque à la marge pour les marchés réside dans la possibilité que les négociations se terminent dans l‘impasse, entraînant un bras de fer politique et déclenchant un vent de panique sur les marchés. Pour les investisseurs, la meilleure approche reste Keep calm and carry on ! (”Restez calme et poursuivez !“). Nous restons vigilants sur les opportunités que pourraient nous offrir les marchés au gré des accès de volatilité.”

LUCY O‘CARROLL, ÉCONOMISTE CHEZ ABERDEEN ASSET MANAGEMENT

“Les réactions modérées des marchés financiers reflètent en quelque sorte leur sentiment de déjà-vu. Rappelons qu‘au cours des 12 derniers mois, ils ont également dû absorber les chocs relatifs au résultat du referendum de l‘UE et à l‘élection du président Trump.”

“Cela étant, nous pourrions voir une certaine volatilité dans les prochains jours et dans les semaines à venir, à moins que la réponse de Westminster à ce résultat surprenant soit remarquablement lisse, ce qui est peu probable. L‘histoire nous a démontré que les parlements sans majorité ne sont pas durables, et qui plus est dans un contexte de Brexit imminent. Une demande de pause des négociations du Brexit pourrait être une possibilité, mais rien n‘est clair quant à la façon dont cela pourrait se dérouler en l’absence de précédent. Quoi qu‘il en soit, ce résultat renforce le poids de l’Europe dans les négociations”.

RICHARD COLWELL, RESPONSABLE MARCHÉ ACTIONS UK DE COLUMBIA THREADNEEDLE INVESTMENTS

“Le résultat des élections britanniques n‘est clairement pas ce qu‘attendait le marché. Mais il faut se rappeler que la réaction initiale après le référendum sur l‘appartenance à l‘Union Européenne et après l‘élection présidentielle américaine s‘est avérée de courte durée.”

“Un certain nombre d‘actions britanniques qui pourraient être vulnérables sous un gouvernement plus interventionniste se sont affaiblies depuis un certain temps (par exemple, dans les transports et services publics), par conséquent la situation n‘est pas totalement imprévue. Si les titres des secteurs des médias et de loisirs s‘affaiblissent, cela pourrait inciter des offres d‘acquisitions.”

“Toutefois, si la pression sur la livre sterling continue et la monnaie retombe aux niveaux les plus bas de ces derniers mois, les revenus en dollars des multinationales cotées à Londres en seront renforcés. N‘oublions pas que la bourse de Londres est beaucoup moins tributaire de l‘économie domestique que lors des cycles précédents.”

“La répartition des classes d‘actifs par les investisseurs allouée aux actions britanniques est aussi faible qu‘elle ne l‘était en 2008, au plus fort de la crise bancaire, donc il n‘y a aucun capitaux quittant le marché. L‘écart de valorisation avec les autres marchés boursiers, notamment les États-Unis, mais aussi l‘Europe, est aussi prononcé, comme cela a été le cas pendant dix ans.”

“Donc il y a beaucoup d‘incertitudes et l‘avenir politique et économique du Royaume-Uni est flou. Toutefois, pour le marché actions UK les perspectives sont plus mesurées et nous rechercherons les occasions d‘investir de façon sélective.”

MICHAEL METCALFE, RESPONSABLE MONDE DE LA STRATÉGIE MACRO CHEZ STATE STREET GLOBAL MARKETS

“Les marchés ne s‘étaient guère préparés à la surprise de ce résultat au Royaume-Uni. Si le resserrement spectaculaire des sondages avant le vote avait introduit un élément de doute, la plupart des investisseurs n‘envisageaient aucun autre scénario que celui d‘une victoire pure et simple du Parti Conservateur.”

“Ce dont nous pouvons être sûrs aujourd‘hui est que l‘incertitude politique et la prime sur les actifs britanniques augmenteront considérablement. Les lignes des partis et les frontières qui les délimitent sont très différentes de celles du parlement sans majorité de 2010, rendant la formation de coalitions efficaces d’autant plus difficile. Les risques d’un gouvernement minoritaire, voire même de nouvelles élections dans les douze prochains mois sont beaucoup plus importants.”

“Le gouvernement n‘ayant pas réussi à franchir son premier obstacle électoral, l‘approche de celui du Brexit, potentiellement plus important et plus dangereux, sera certainement retardée. C‘est un choc que les marchés avaient mal anticipé, et par conséquent, la livre sterling va probablement demeurer sous pression”.

BILL STREET, RESPONSABLE EMEA DES INVESTISSEMENTS CHEZ STATE STREET GLOBAL ADVISORS

“Si la livre sterling a connu un accès de faiblesse au cours des dernières semaines de la campagne électorale, les marchés s‘attendaient malgré tout à une majorité conservatrice. Cette faiblesse de la livre n‘est donc pas surprenante, et a vocation à perdurer car les investisseurs internationaux exigeront une plus grande prime de risque.”

“Toutefois, la livre est déjà considérablement sous-évaluée par rapport au dollar et à l‘euro, reflétant des incertitudes liées à l‘avenir. De telles sous-évaluations ont tendance à se corriger sur des horizons de long terme et il est possible que les résultats de l‘élection mènent à un Brexit moins dur. Cependant, aucun mouvement significatif à la hausse ne se produira tant qu‘il n‘y aura pas une plus grande certitude quant à l‘issue du Brexit.”

TANGI LE LIBOUX, ANALYSTE MARCHÉS CHEZ AUREL BGC

“Le démarrage des négociations relatives au Brexit sera vraisemblablement décalé, le temps que la situation politique se stabilise outre-Manche. Pour les marchés, le résultat des élections britanniques est difficile à lire car les conséquences sur leur principal sujet d‘intérêt, le Brexit donc, sont floues. Les marchés devraient naviguer à vue ce matin”.

“Néanmoins, c‘est un fait que le Royaume-Uni passe d‘une situation où les conservateurs disposaient d‘une majorité absolue à une situation où ce n‘est plus le cas, ce qui est source d‘incertitudes, mais n‘est pas forcément négatif dans le cadre des négociations sur le Brexit. La séance du jour pourrait être assez calme”.

“La livre perd du terrain face aux autres devises, mais les valeurs britanniques apprécient généralement quand le taux de change se déprécie”.

GERO JUNG, CHEF ECONOMISTE DE MIRABAUD AM

“La perte par les conservateurs britanniques de la majorité absolue au Parlement rendra la prise de décision plus difficile dans un gouvernement de coalition ou minoritaire. La hausse de l‘incertitude affectera le début des négociations sur le Brexit et la politique fiscale au Royaume-Uni. Ce résultat intensifie également les risques de ralentissement de l’économie britannique renforçant les faiblesses constatées depuis le début de l‘année.”

“En matière d‘investissement, cet évènement devrait principalement se diffuser à court terme sur le marché des devises, et nous réitérons notre vue négative sur la livre sterling. Nous n‘attendons pas de forte chute des marchés actions à court terme et certaines valeurs exportatrices pourraient même bénéficier de l‘affaiblissement de la devise. Ainsi, nous ne modifions pas notre positionnement neutre sur les actions au Royaume-Uni. Sur le marché du crédit, nous nous attendons à un écartement des écart de taux d‘intérêt”.

PAUL HATFIELD, CIO GLOBAL CHEZ ALCENTRA

“Un Parlement sans majorité pourrait accentuer la complexité des négociations, déjà tendues, sur le Brexit, générant une incertitude néfaste pour les marchés. Le doute politique et l‘incapacité à adopter de véritables réformes devraient entraîner les marchés à la baisse, tandis que la livre sterling devrait réagir à l‘actualité relative à l‘issue possible des négociations commerciales”.

ROWENA GERAGHTY, ANALYSTE DETTE SOUVERAINE CHEZ STANDISH

“Ce résultat se traduira par un gouvernement instable, peu susceptible de résister à la période de négociations tendues sur le Brexit. De nouvelles élections pourraient avoir lieu fin 2018/début 2019, lorsque l‘issue des négociations sera connue.”

“La perte de la majorité conservatrice aura des répercussions sur le leadership de la Première ministre Theresa May, qui sera probablement remis en cause par des parlementaires plus eurosceptiques, ce qui pourrait entraîner la nomination d‘un nouveau chef du gouvernement.”

“Ce résultat soulève également de nombreuses incertitudes sur l‘orientation de la politique fiscale. Nous anticipons une dépréciation de la livre sterling sur fond d‘inquiétudes concernant la possibilité d‘une sortie de l’UE sans accord, tandis que les emprunts d‘État resteront exposés aux sautes d‘humeur des marchés.”

HOWARD CUNNINGHAM, GÉRANT OBLIGATAIRE CHEZ NEWTON

“La probabilité d‘un gouvernement dirigé par le Parti conservateur n‘exclut pas que des dépenses publiques supplémentaires soient nécessaires pour convaincre un autre parti politique de prendre part à une coalition, ce qui pousserait les rendements et les volumes d‘émission des emprunts d‘État britanniques à la hausse”.

“En outre, un gouvernement de coalition, par définition moins stable, inciterait les investisseurs à exiger une prime de risque plus élevée, menant à une pentification de la courbe des taux”.

“Cependant, en cas d‘émergence d‘une coalition emmenée par le Parti travailliste, un tel scénario aura très probablement pour effet de tirer les rendements des emprunts d‘État vers le haut (l‘augmentation des dépenses publiques générant une hausse des volumes d‘émission des Gilts), tandis que la hausse plus rapide des salaires minimum, de base et du secteur public déclencherait une remontée de l‘inflation (ces deux facteurs pénalisent les obligations en général). Les emprunts d‘État indexés sur l‘inflation pourraient certes surperformer les emprunts d‘État conventionnels, mais ils pourraient entraîner des pertes pour les investisseurs.”

“Concernant le Brexit, facteur déterminant pour le taux de change et le rendement des emprunts d‘État à long terme, la position britannique serait moins tranchée dans l‘éventualité d‘un parlement sans majorité, et il faudrait plus de temps pour définir une position interne commune, ce qui réduirait d‘autant le temps disponible pour parvenir à un accord avec l‘UE. Un tel scénario réduirait les chances d‘un accord optimal pour toutes les parties prenantes. Si les institutions de l‘UE seraient ravies de faire face à un Royaume-Uni plus divisé (et moins bien préparé) à la table des négociations, l‘impact potentiel de cette incertitude accrue sur les marchés et les économies ne manquerait pas d‘inquiéter les gouvernements nationaux et les banquiers centraux des deux côtés de la Manche.”

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