4 juin 2017 / 21:57 / il y a 3 mois

LEAD 1-Elections constituantes sans doute le 30 juillet au Venezuela

CARACAS, 4 juin (Reuters) - L'élection de l'Assemblée constituante proposée par le président vénézuélien Nicolas Maduro pour mettre fin à la violente crise politique se tiendra vraisemblablement le 30 juillet prochain, a annoncé dimanche la présidente du Conseil national des élections (CNE).

"Nous allons proposer pour approbation au Conseil national des élections (CNE) la date du 30 juillet", a déclaré Tibisay Lucena dans un discours retransmis à la télévision.

Le président socialiste, successeur d'Hugo Chavez, a promis le mois dernier de mettre en place dans le courant de l'été une assemblée chargée de réécrire la Constitution pour tenter de sortir de la crise. Il s'est également engagé à ce que le résultat de ces travaux fasse l'objet d'un référendum.

Mais l'opposition, majoritaire à l'Assemblée nationale depuis les législatives de décembre 2015, et même des membres de son propre Parti socialiste ont critiqué ce projet de super-assemblée composée pour moitié de personnalités désignées, jugé contraire aux principes démocratiques.

L'opposition, qui a promis de boycotter les travaux de cette constituante et réclame la tenue d'une élection présidentielle anticipée et le rétablissement de toutes les prérogatives de l'Assemblée nationale, a appelé pour ce lundi à un sit-in sur tous les grands axes routiers du pays.

"Si Tibisay impose une date, nous imposerons des manifestations de rue", a réagi sur Twitter Freddy Guevara, lançant sous le mot d'ordre "Douze heures de résistance" l'appel aux manifestations statiques de lundi. "Non à la fraude constituante", a-t-il ajouté.

Le Venezuela vit depuis deux mois une période de troubles et de violentes manifestations antigouvernementales qui ont fait une soixantaine de morts.

Un jeune homme brûlé vif lors d'une manifestation le mois dernier à Caracas a succombé dimanche à ses brûlures. Orlando Figuera était âgé de 22 ans.

Son décès, annoncé par les services de la procureure générale, porte à 65 morts au moins le bilan des troubles.

Les circonstances de son geste prêtent cependant à la controverse. Le gouvernement affirme qu'il a été pris pour cible par des agresseurs pensant qu'il était un "chavista", un partisan de Chavez. Un journaliste de Reuters a raconté que le jeune homme avait été poursuivi par un groupe de manifestants cagoulés qui l'accusaient d'avoir volé une femme.

Les actes de lynchage et les émeutes sont devenus communs au Venezuela, où nombre d'habitants estiment qu'il leur revient de se faire justice eux-mêmes face à l'ampleur de l'impunité et de la criminalité. (Alexandra Ulmer et Deisy Buitrago; Henri-Pierre André pour le service français)

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