1 juin 2017 / 18:41 / il y a 6 mois

LEAD 1-France-Lancement d'une médiation sur Notre-Dame-des-Landes

* Trois médiateurs désignés, rapport attendu à la fin de l‘année

* Matignon prône un “dialogue apaisé”

* Vives réactions à Nantes sur la composition de la mission (Actualisé avec communiqué de Matignon, réactions à Nantes)

PARIS, 1er juin (Reuters) - Le gouvernement lancé jeudi une “mission de médiation” sur le projet controversé de construction d‘un aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), près de Nantes, provoquant de vives réactions sur place.

Le chef du gouvernement, Edouard Philippe, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, et la ministre chargée des Transports, Elisabeth Borne, ont installé cette mission composée de trois personnes : Anne Boquet, préfète et inspectrice générale des finances ; Michel Badre, ancien membre du Conseil général de l’environnement et du développement durable, membre du Conseil économique, social et environnemental ; et Gérard Feldzer, ex-pilote de ligne, président honoraire de l‘Aéro-club de France.

Les trois médiateurs vont envisager “toutes les solutions allant dans le sens de l’intérêt général, dans un dialogue apaisé avec les acteurs et dans le respect de l’ordre public”, peut-on lire dans un communiqué de Matignon.

Les conclusions de la mission “permettront d’identifier la mesure la mieux apte à satisfaire les besoins de transport à long terme et de préservation de l’environnement, dans une vision cohérente de l’aménagement durable de la métropole nantaise, au service du plus grand nombre, tout en assurant le respect de l’Etat de droit”, souligne-t-on également.

Le rapport de la mission sera remis au gouvernement “dans un délai maximal de six mois, soit le 1er décembre 2017 au plus tard.”

“PARODIE DE CONCERTATION”

L‘annonce des noms des trois médiateurs a provoqué la “stupéfaction” de Bruno Retailleau, président Les Républicains de la région Pays de la Loire et du syndicat mixte aéroportuaire, qui réunit toutes les collectivités locales qui financent le projet d‘aéroport.

Le bras droit de François Fillon lors de la dernière campagne présidentielle s‘est notamment offusqué de la nomination de Gérard Feldzer, “militant” et “opposant notoire à l‘aéroport du Grand Ouest”.

“Le minimum que l‘on était en droit d‘attendre dans cette médiation, c‘est que les médiateurs soient neutres et objectifs”, a-t-il estimé. “Si le gouvernement ne me donne pas des garanties sérieuses sur la neutralité de cette médiation, (...) je ne me prêterai pas à cette parodie de concertation.”

Les profils des médiateurs “ne garantissent ni l‘impartialité, ni l‘indépendance de leur mission”, a réagi de son côté Philippe Grosvalet, président socialiste du conseil départemental de Loire-Atlantique et autre partisan du “transfert” de l‘actuel aéroport de Nantes.

“Dans ces conditions, sans éclairage du Premier ministre d‘ici là, je ne me rendrai pas au rendez-vous organisé sur le sujet mardi prochain à Matignon”, a-t-il prévenu lui aussi.

Nicolas Hulot est hostile à la construction de l‘aéroport, avalisée par un référendum local mais contestée par des opposants installés sur le site. Le précédent gouvernement avait souligné que leur expulsion pouvait donner lieu à des violences périlleuses.

L‘ancien animateur de télévision et militant écologiste estime qu‘il existe des “alternatives” à ce projet.

“Ma conviction, c‘est qu‘on n‘a pas étudié toutes les alternatives”, avait-il expliqué juste après sa nomination.

Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, avec Guillaume Frouin à Nantes

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