31 mai 2017 / 10:59 / dans 6 mois

La BCE plaide pour un accord sur la dette grecque en juin

par Balazs Koranyi et Francesco Canepa

FRANCFORT, 31 mai (Reuters) - La zone euro doit arrêter de tergiverser et faire bénéficier la Grèce, le 15 juin, de mesures d‘allègement de sa dette, a déclaré mercredi Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE).

Ce proche de Mario Draghi, le président de la BCE, s‘est ainsi placé nettement du côté de la Grèce dans le débat qui oppose cette dernière à d‘autres pays de la zone euro, en particulier l‘Allemagne et les Pays-Bas, avant la prochaine réunion des ministres des Finances des 19 le 15 juin.

Après avoir adopté un nouveau train de mesures d‘économies exigées par ses créanciers, Athènes espère obtenir lors de cet Eurogroupe à la fois le versement d‘une nouvelle tranche d‘aide, pour faire face au remboursement d‘environ sept milliards d‘emprunts arrivant à échéance en juillet, et des mesures destinées à alléger le fardeau de sa dette.

Allemands et Néerlandais jugent que des mesures sur la dette grecque ne devront être envisagées que lorsqu‘elles seront nécessaires, ce qui pourrait repousser la question de plusieurs années.

Benoît Coeuré a en revanche défendu mercredi la position du ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos, selon lequel la Grèce a rempli sa part du contrat dans le cadre de son programme d‘assistance financière et continuerait de souffrir économiquement en l‘absence d‘accord sur sa dette.

“Les discussions se poursuivent mais de mon point de vue, il est important qu‘un accord soit conclu à la réunion de l‘Eurogroupe le 15 juin”, a-t-il dit lors d‘un colloque.

Benoît Coeuré a jugé que la balle était dans le camp des dirigeants européens, qui ne feraient que nuire à la Grèce en reportant à nouveau toute décision.

MOSCOVICI RÉCLAME UN SENS DES RESPONSABILITÉS

Il a ajouté que si l‘Eurogroupe accouchait de mesures suffisamment claires à mettre en oeuvre après l‘expiration du programme d‘aide l‘an prochain, la BCE pourrait envisager l‘inclusion des obligations grecques dans son programme de rachats d‘actifs, ce qui constitue un objectif majeur de la Grèce puisqu‘il lui permettrait de revenir se financer sur les marchés.

S‘exprimant aux côtés de Benoît Coeuré, Euclide Tsakalotos a affirmé que les dirigeants de la zone euro avaient une obligation morale d‘agir après l‘adoption par Athènes des réformes qui lui étaient réclamées.

Il a jugé totalement incompatibles les deux exigences de l‘Allemagne, qui souhaite à la fois la participation du Fonds monétaire international (FMI) au programme d‘aide financière et un report de toute discussion sur un allègement de la dette grecque, pourtant réclamée par le FMI.

Pierre Moscovici a lui aussi apporté une forme de soutien à la Grèce.

“Nous allons continuer au nom de la Commission à insister sur la nécessité pour tous les acteurs d‘agir de manière responsable en ayant à l‘esprit les 11 millions de Grecs”, a dit le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, qui s‘exprimait dans un message vidéo.

Dans le message de bienvenue imprimé sur le programme de cet événement, Wolfgang Schäuble ne mentionne pas du tout un allègement de la dette grecque. Le ministre allemand des Finances souligne en revanche que la mise en oeuvre des réformes demandées est le meilleur moyen pour la Grèce de se remettre sur pied économiquement. (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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