30 mai 2017 / 10:37 / dans 6 mois

LEAD 2-France-Du mieux pour l'économie avant même tout effet Macron

    * Croissance revue en hausse et rebond de la consommation
    * Trop tôt pour parler d'un effet Macron, disent les
économistes
    * L'investissement des entreprises dopé par le
suramortissement

 (Actualisé avec graphique du PIB)
    PARIS, 30 mai (Reuters) - Avec une croissance du premier
trimestre légèrement plus forte qu'annoncé précédemment, un
rebond de la consommation en avril et un moral des ménages au
plus haut depuis l'été 2007, l'économie française montre des
signes encourageants au moment où Emmanuel Macron vient de
s'installer à l'Elysée.
    De l'avis des économistes, il est toutefois bien trop tôt
pour parler d'un "effet Macron" sur les données conjoncturelles
publiées mardi par l'Insee.
    Seules celles du moral des ménages, recensées sur le mois de
mai, portent sur une période en partie postérieure à son
élection et traduisent un regain d'optimisme traditionnel après
une présidentielle.
    Dans sa note de conjoncture de mars, l'Insee avait souligné
que les périodes d’élections nationales sont propices à un tel
regain temporaire de la confiance des ménages, s'agissant
notamment de l'évolution du niveau de vie en France comme c'est
le cas dans la dernière enquête.
    Mais l'institut s'empressait d'ajouter que "cette
amélioration se résorbe toutefois rapidement après l’élection".
    "Il y a peut-être un effet Macron dans la confiance des
ménages et on a déjà vu des anticipations positives
autoréalisatrices mais il faudra attendre de voir les premières
lois votées cet été et surtout le climat social à la rentrée
pour le juger réellement", estime Alexandre Mirlicourtois,
économiste de l'institut Xerfi.
    En attendant, François Cabau, économiste de la banque
Barclays, relève surtout le rebond de la consommation des
ménages en biens (+0,5% en avril) après deux mois de baisse.

    Selon lui, la consommation, qui a quasi stagné (+0,1%) dans
l'ensemble de ses composantes (y compris les services) au
premier trimestre, devrait retrouver son rôle de locomotive de
l'économie française au deuxième trimestre.  
    "Les chiffres publiés confirment qu'il y a eu un passage à
vide au premier trimestre, lié en bonne partie à la météo
clémente qui a limité les dépenses en énergie, mais qui restera
transitoire. On revient au schéma classique d'une consommation
qui va alimenter la croissance", dit-il.
    
    L'INVESTISSEMENT DES ENTREPRISES REVU EN HAUSSE 
    Le relèvement à 0,4% de la croissance du premier trimestre,
contre +0,3% annoncé auparavant, tient essentiellement au calage
des données sur les comptes annuels récemment révisés des trois
dernières années (à 1,1% sur 2016, 1,0% sur 2015 et 1,0% sur
2014.    
    Par rapport à la précédente estimation, la principale
différence tient à une composante investissement des entreprises
nettement plus vigoureuse (+1,9%, soit 0,6 point de plus) sur
les trois premiers mois de l'année avant la fin programmée du
suramortissement des investissements productifs.
    L'arrêt, mi-avril, de ce dispositif fiscal rend peu probable
une telle performance sur le deuxième trimestre.
    "Mais le haut niveau des enquêtes sur le climat des affaires
et le secteur de la construction qui se porte de mieux en mieux
(comme en témoignent les chiffres de la construction
) devraient permettre de compenser une petite
faiblesse éventuelle", estime François Cabau, qui table sur une
croissance de 0,5% au deuxième trimestre.
    "Tout cela conforte le scénario d'une croissance qui va
accélérer et s'étoffer, donc plus solide, par rapport à la
tendance des dernières années en attendant l'effet des premières
mesures du nouveau gouvernement", ajoute-t-il.
    "Pour l'instant on est bien parti pour une hausse de 1,5% du
PIB 2017", conforme à la prévision de l'ancien gouvernement, qui
nécessiterait une croissance moyenne de 0,5% sur les trois
derniers trimestres, dit-il.
    Plus prudent, Alexandre Mirlicourtois note que les derniers
chiffres de la consommation sont moins bons qu'en apparence,
avec un recul des achats de biens durables et une hausse des
seules composantes volatiles (énergie et alimentaire).
    Il n'anticipe pas de franche amélioration de celle-ci dans
l'immédiat au vu notamment du regain d'inflation qui a pesé
récemment sur le pouvoir d'achat et s'interroge sur l'impact,
difficile à mesurer, "du dégonflement du soufflé" de
l'investissement avec la fin du suramortissement.
    Pour ces raisons, il estime qu'il faudra sans doute attendre
 le deuxième semestre pour voir accélérer une croissance, qu'il
situe pour l'instant entre 1,3% et 1,4% cette année. 
            
    Statistique détaillée sur le site de l'Insee : 
    PIB: bit.ly/2rA6snI
    Consommation des ménages: bit.ly/2rzSLF9
    Confiance des ménages: bit.ly/2rzqDlF
    
 Les indicateurs français en temps réel                 
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel          
 Le point sur la conjoncture française                  
 
    
 (Yann Le Guernigou et Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)
  

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