23 mai 2017 / 16:03 / il y a 6 mois

Kashkari (Fed) prône la prudence en matière de hausse des taux

MINNEAPOLIS, 23 mai (Reuters) - Le président de la Réserve fédérale de Minneapolis, Neel Kashkari, a déclaré mardi que si l‘économie américaine était plus proche aujourd‘hui du plein emploi qu‘au mois de mars, il ne savait toujours pas “si on est arrivé au but”, et que la récente baisse de l‘inflation sous-jacente était “inquiétante”.

“Nous sommes plus proches (du plein emploi) mais nous ne savons pas à quelle distance nous sommes de la rive”, a dit Kashkari à la presse au siège de la banque.

Ces propos interviennent au lendemain des déclarations du gouverneur de la Fed, Lael Brainard. L‘ancienne haut fonctionnaire du Trésor sous l‘administration Obama s‘est demandé si, avec un taux de chômage de 4,4%, le marché du travail avait encore une marge de capacités inemployées.

La Fed publiera mercredi le compte-rendu de sa dernière réunion de début mai et de nombreux investisseurs estiment qu‘il devrait renforcer le scénario en faveur d‘une nouvelle hausse de taux en juin. Mais les propos tenus cette semaine par Brainard, Kashkari et le président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan, suggèrent que certains de ses membres hésitent encore.

Lundi, Kaplan a affirmé qu‘il croyait toujours à deux hausses de taux supplémentaires cette année, mais a dit vouloir être “patient” face à la fragilité apparente de la remontée de l‘inflation.

Kashkari est l‘un des banquiers centraux les plus prudents en matière de relèvement de taux et a été la seule voix dissidente de la Fed à la hausse des taux en mars. Je n‘ai pas encore arrêté ma position, a-t-il répondu lorsqu‘on lui a demandé s‘il se prononcerait contre une décision identique en juin.

“Tout est sur la table, tout dépend des chiffres qui seront publiés”, a-t-il dit. “Actuellement, l‘inflation va dans la mauvaise direction, et c‘est ce qui m‘inquiète”, a-t-il dit.

Il a répété souhaiter que la Fed dévoile rapidement un plan détaillé pour réduire son bilan, actuellement de 4.500 milliards de dollars (4.170 milliards d‘euros) et a dit s‘attendre à ce que les conditions de financement se durcissent à ce moment-là. Ce qui selon lui offrira une “alternative” à la hausse des taux.

Alors que la Maison blanche présente mardi son premier projet de budget de la présidence Trump, Kashkari doute que l‘économie américaine connaisse une croissance de 3% en 2017.

Le projet de budget de Donald Trump s‘appuie sur l‘hypothèse d‘une croissance de 3% d‘ici la fin de son premier mandat, que beaucoup d‘économistes et la Réserve fédérale jugent irréaliste.

Une réforme fiscale, a dit Kashkari, pourrait évidemment améliorer la productivité et donc doper le taux de croissance, mais les réductions d‘impôts sans doute pas. (Ann Saphir, Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below