22 mai 2017 / 12:12 / dans 7 mois

Pour Merkel, l'euro est "trop faible" à cause de la BCE

BERLIN, 22 mai (Reuters) - L‘euro est “trop faible” en raison de la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré lundi la chancelière Angela Merkel pour expliquer l‘ampleur de l‘excédent commercial allemand, souvent reprochée à Berlin.

S‘exprimant devant les élèves d‘un établissement scolaire de Berlin, elle a expliqué que l‘excédent commercial de son pays était lié principalement à deux facteurs sur lesquels son gouvernement n‘avait aucune influence: le taux de change de l‘euro et le prix du pétrole.

Ajoutant que l‘euro était actuellement “relativement faible”, elle a dit: “L‘euro est trop faible (...) en raison de la politique de la BCE et de ce fait, les produits allemands sont relativement bon marché.”

A propos des cours du pétrole, elle a estimé que la balance commerciale allemande, dépendante des importations d‘hydrocarbures, serait différente si le prix du baril augmentait.

Ses propos ont eu pour effet une nette hausse de l‘euro sur le marché des changes, la monnaie unique montant en quelques minutes de 1,1180 dollar à plus de 1,1220. A 12h05 GMT, la monnaie unique se traitait autour de 1,1240 dollar, en hausse de 0,32% sur la journée.

“Cela a eu un impact sur l‘euro”, a déclaré Manuel Oliveri, de Crédit agricole à Londres, ajoutant qu’“il faut avoir à l‘esprit le fait qu‘elle a simplement souligné une évidence”.

“La politique monétaire actuelle de la BCE concerne la zone euro dans son ensemble, il n‘est donc pas surprenant que l‘Allemagne soit en meilleure situation que d‘autres pays de la zone euro. De ce point de vue, ses déclarations ne devraient pas (...) avoir un impact durable sur la devise”, a-t-il poursuivi.

Le gouvernement Merkel est régulièrement critiqué par ses partenaires commerciaux, à commencer par les Etats-Unis, pour l‘ampleur de son excédent commercial - il a dépassé 250 milliards d‘euros en 2016 - mais il rejette ces critiques, en arguant notamment du fait qu‘on ne peut pas reprocher leur compétitivité aux produits “Made in Germany”.

“Nous pouvons investir davantage en Allemagne”, a simplement reconnu Angela Merkel lundi, tout en soulignant que la vigueur de la demande intérieure constituait déjà le principal moteur de la croissance du pays.

Andreas Rinke, avec Ritvik Carvalho et Patrick Graham; Marc Angrand pour le service français, édité par Blandine Hénault

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