22 mai 2017 / 01:31 / il y a 4 mois

L'Eurogroupe et le FMI en quête d'un compromis sur la Grèce

par Jan Strupczewski

BRUXELLES, 22 mai (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro et le Fonds monétaire international se réunissent ce lundi à Bruxelles pour tenter de trouver un compromis sur un allègement de la dette grecque, prélude au déblocage d‘une nouvelle tranche d‘aide.

Les deux parties devront trouver un équilibre entre les exigences du FMI, qui réclame un calendrier et des modalités clairs, et l‘Allemagne qui préférerait un accord “seulement si nécessaire”, en remettant les détails à plus tard.

Faute d‘accord, aucun nouveau prêt ne pourra être déboursé à Athènes, même si le plan de renflouement du pays n‘est géré que par les gouvernements de la zone euro. La Grèce a besoin de nouveaux crédits pour rembourser 7,3 milliards d‘euros qui arrivent à échéance en juillet.

Sans ces prêts, le pays ferait probablement défaut, alors qu‘il cherche à revenir se financer sur les marchés au milieu de l‘an prochain, à l‘expiration de l‘actuel plan de sauvetage, le troisième depuis 2010.

Athènes a fait sa part du chemin en acceptant, après des mois de négociations avec ses créanciers, une baisse des pensions de retraite et des hausses d‘impôts, des mesures adoptées jeudi dernier par le Parlement.

Un rapport préparé par des experts doit conclure que la Grèce a bien mis en oeuvre les “actions préalables” réclamées par ses créanciers, déclarent les responsables de la zone euro.

Cela signifie que seul un accord sur un allègement de dette entre le FMI et l‘Eurogroupe fait désormais obstacle au déblocage d‘une nouvelle aide.

“Les chances d‘un accord sont à 50-50. Nous avons plutôt bien préparé ça, je peux exprimer l‘espoir qu‘il y aura un accord, mais c‘est une supposition, pas une prévision”, a déclaré un haut responsable de l‘UE impliqué dans les travaux préparatoires.

CRÉDIBILITÉ

Un groupe de pays d‘Europe du Nord conduit par l‘Allemagne réclame que l‘IMF se joigne à un accord pour des raisons de crédibilité, estimant que l‘approche de la Commission européenne vis-à-vis d‘Athènes peut être parfois trop complaisante.

Les mêmes pays s‘opposent toutefois à s‘engager fermement en faveur d‘un allègement de la dette grecque, de peur de déplaire à leurs opinions publiques. Ils craignent aussi qu‘Athènes, une fois conclu un accord, cesse de poursuivre ses réformes.

La discussion porte donc sur la formulation d‘un communiqué de l‘Eurozone sur un allègement de dette qui soit plus détaillé et concret que celui de mai 2016.

“Le FMI veut un maximum d‘engagement (sur un allègement) à l‘avance, alors que les autres préféreraient attendre 2018 pour être plus précis”, explique un haut responsable européen, en référence à l‘expiration du troisième plan de sauvetage à la mi-2018, date à laquelle les créanciers auront eu pleinement le temps d‘examiner la mise en oeuvre des réformes par Athènes ainsi que les indicateurs économiques du pays.

La Grèce a obtenu il y a un an la promesse la plus ferme à ce jour d‘un allègement du fardeau de sa dette grâce à un compromis entre l‘Eurogroupe et le FMI.

Le FMI est convaincu qu‘un allègement de dette, ou au moins la promesse claire d‘un allègement aujourd‘hui, est nécessaire pour restaurer la confiance des investisseurs dans le pays, en particulier si la Grèce, dont la dette représente 197% du PIB, veut revenir l‘an prochain sur les marchés. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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