18 mai 2017 / 07:10 / il y a 3 mois

Air France-Le SNPL demande des "corrections" de l'accord

PARIS, 18 mai (Reuters) - Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) d'Air France veut obtenir des "corrections" de l'accord proposé par la direction pour encadrer notamment l'activité de la future compagnie à coûts réduits "Boost", a déclaré jeudi à Reuters le porte-parole du syndicat.

Le conseil du puissant syndicat, qui représente les deux tiers des pilotes d'Air France, a mandaté mercredi son bureau à l'unanimité pour aller rechercher les différentes corrections nécessaires auprès de la direction, a-t-il ajouté, sans préciser sur quels points elles portaient.

"En fonction des réponses apportées et nous l'espérons dans les meilleurs délais, le conseil décidera si le projet révisé est alors apte à être soumis au référendum", a-t-il dit.

Une porte-parole d'Air France-KLM n'a pas souhaité faire de commentaire.

"Il a aussi été décidé à l'unanimité de décorréler les mesures salariales de la négociation et de les repousser à l'automne pour ne pas obérer l'avenir du projet", a ajouté Emmanuel Mistrali, le porte-parole du SNPL.

L'accord qui leur a été proposé le 3 mai encadre l'activité de Boost mais aussi les conditions de travail des pilotes d'Air France sans prévoir de hausse de leurs rémunérations, au grand dam de leurs syndicats.

Le SNPL et le Syndicat des pilotes d'Air France (Spaf) ont jusqu'au 1er juin pour le signer.

Air France a confirmé vendredi dernier qu'elle comptait démarrer cet hiver cette nouvelle compagnie, qui vise à exploiter à coûts réduits de 15% à 18% des lignes actuellement déficitaires au lieu de les supprimer ainsi qu'à ouvrir de nouvelles destinations.

"Boost devra se faire d'une manière ou d'une autre", a prévenu mardi Jean-Marc Janaillac, PDG d'Air France-KLM et président d'Air France, lors de l'assemblée générale des actionnaires du groupe néerlandais.

Les pilotes d'Air France avaient validé à 58,1% le principe de la création de Boost en février lors d'un référendum organisé par le SNPL, mais les syndicats étaient restés sur leur faim à l'issue des négociations arrêtées début mai.

Pour rassurer les syndicats, Air France a garanti qu'elle limiterait la flotte de Boost à dix Airbus A350 sur les lignes long-courrier, pour concurrencer les compagnies du Golfe vers l'Asie, et à 18 A320 et A321 pour le moyen-courrier.

Cherchant parallèlement à apaiser les inquiétudes de KLM, Jean-Marc Janaillac a assuré mercredi que Boost ne visait absolument pas à freiner la croissance de la compagnie néerlandaise. (Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)

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