17 mai 2017 / 13:59 / il y a 3 mois

Trump en tournée au long cours pour fuir l'orage à Washington

* Trump entame une tournée diplomatique de neuf jours au Proche-Orient et en Europe

* Il visitera des lieux saints à Jérusalem, verra Macron le 25 mai

* Le président américain quitte Washington en pleine tempête politique

par Steve Holland et Jeff Mason

WASHINGTON, 19 mai (Reuters) - Donald Trump, encerclé par une accumulation de controverses autour de son comportement et de sa pratique présidentielle, entame vendredi son premier déplacement à l'étranger, une tournée diplomatique qui le mènera au Proche-Orient puis en Europe.

Après l'Arabie saoudite, Israël et la Cisjordanie, il passera par le Vatican, Bruxelles puis Taormina, en Sicile, pour le sommet du G7, les 26 et 27 mai.

D'après des membres de l'équipe présidentielle et des républicains proches de la Maison blanche, Donald Trump veut démontrer le leadership des Etats-Unis mais il devra éviter que les révélations à répétition sur des questions très sensibles de sécurité et de renseignement ne viennent brouiller son message.

Sa première étape est l'Arabie saoudite où il prononcera "un discours inspirant mais direct sur la nécessité de faire face à l'idéologie radicale" et évoquera ses "espoirs d'une vision pacifique de l'islam", a déclaré jeudi à la presse son conseiller à la sécurité nationale, H.R. McMaster.

En Israël, deuxième étape de son voyage, il se rendra à Jérusalem sur le Mur des lamentations, haut lieu du judaïsme, où il dira une prière et visitera aussi l'église du Saint-Sépulcre, que les chrétiens disent érigée sur la tombe du Christ.

Le Mur des lamentations, vestige du Second temple, se trouve dans la partie de Jérusalem conquise par Israël lors de la Guerre des Six-jours, en 1967.

Sur un plan plus politique, le président américain s'entretiendra avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, et avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Bethléem, en Cisjordanie.

"IL VA FALLOIR QUE TOUT SE DÉROULE COMME SUR DES ROULETTES"

Débutera alors la partie européenne de son voyage, qui le mènera d'abord au Vatican. Une audience est prévue mercredi 24 mai avec le pape François.

Donald Trump sera ensuite à Bruxelles pour un sommet de l'Otan. Il verra à cette occasion Emmanuel Macron, le tout nouveau président de la République française.

Il participera enfin au sommet du G7, le groupe des sept pays les plus industrialisés de la planète, les 26 et 27 mai à Taormina, en Sicile.

Préparé de longue date, ce premier déplacement de Donald Trump à l'étranger depuis son accession à la Maison blanche, le 20 janvier, survient en pleine crise politique à Washington.

Depuis le scandale provoqué par le renvoi brutal du directeur du FBI, James Comey, le 9 mai, des révélations en cascade ont mis en lumière la légèreté avec laquelle le président traite des informations classifiées.

Il est à présent accusé d'avoir exercé des pressions sur James Comey pour lui demander de mettre un terme aux investigations lancées sur les contacts russes de son ex-conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn.

"Si la Maison blanche table sur ce déplacement international pour tourner la page, il va falloir que tout se déroule comme sur des roulettes et sans erreurs graves", note un consultant du Parti républicain.

"A leur tour de briller, de montrer aux Américains et au monde que la Maison blanche ne vire pas au cirque d'erreurs".

NOTES SUR UNE PAGE, AVEC CARTES, GRAPHIQUES ET PHOTOS

Pour préparer ce déplacement, Donald Trump a enchaîné les réunions avec son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, son secrétaire à la Défense, Jim Mattis, son conseiller à la sécurité nationale et son adjointe Dina Powell, de même qu'avec son gendre et haut conseiller, Jared Kushner.

Mais depuis son arrivée à la Maison blanche, ses visiteurs ont dessiné le portrait d'un homme sans grande faculté de concentration, réticent à suivre de longs briefings et aimant que les mémos et notes qu'on lui fait passer tiennent sur une seule page, avec des cartes, des graphiques et des photos.

"Il aime visualiser les choses", confirme un haut responsable de l'administration. "Cet homme est un bâtisseur. Il a passé sa vie entière penché sur des dessins d'architecture et des plans de sol", ajoute-t-il.

Au conseil de sécurité nationale, rattaché à la Maison blanche, les conseillers ont pris l'habitude de glisser le nom de Trump "dans le plus grand nombre possible de paragraphes parce qu'il aime lire si son nom est mentionné", confiait récemment l'un d'eux.

Parlant lui aussi sous le sceau de l'anonymat, un autre responsable républicain dit avoir récemment rencontré Donald Trump et en être ressorti avec le sentiment que le président n'avait pas une compréhension solide des nuances du conflit israélo-palestinien.

"Je ne pense pas qu'il le comprenne", a-t-il dit, ajoutant qu'il faudrait sans doute qu'il suive d'autres briefings détaillés d'ici à son départ.

Au-delà, le caractère hétéroclite de ce déplacement long de neuf jours risque de noyer le message.

"Ce voyage mélange tant de thèmes et tant d'acteurs différents qu'on va se demander quel est le message qu'il souhaite faire passer", prévient Lanhee Chen, qui fut conseiller du républicain Mitt Romney lors de la campagne présidentielle de 2012. (avec Doina Chiacu, Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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