11 mai 2017 / 05:13 / il y a 4 mois

Casa voit tous ses métiers accélérer au premier trimestre

* Bond des résultats de LCL et des activités de marché

* Casa prêt des acquisitions “incrémentales” en Italie

* Bâle 4 n‘est plus un sujet de préoccupation

par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva

PARIS, 11 mai (Reuters) - Crédit agricole S.A. a annoncé jeudi des résultats en forte hausse pour les premiers trois mois de l‘année, soutenus par une performance dynamique à travers tous ses métiers, de la banque de détail en France à ses activités sur les marchés financiers.

Revenus comme profits sont en nette progression : le produit net bancaire est en hausse de 23,7% à 4,700 milliards d‘euros, contre un consensus Inquiry Reuters de 4,537 milliards, et le résultat net part du groupe bondit de 227 millions d‘euros à 845 millions (consensus Inquiry Reuters à 739 millions).

Outre l‘opérationnel, la progression des indicateurs s‘explique aussi en partie par les charges consenties l‘année dernière par CASA pour l‘opération Eurêka, une transaction intra-groupe de 18 milliards d‘euros par laquelle les 39 caisses régionales du groupe ont racheté la part de 25% que CASA détenait chez ces dernières.

“Toutes les entités du groupe Crédit agricole S.A. ont connu une activité en forte progression”, a déclaré le directeur général Philippe Brassac, notant le rebond de LCL, dont la baisse de valorisation dans ses comptes avait amputé les bénéfices 2016 de 491 millions d‘euros.

La banque de détail française, affaiblie comme ses consoeurs hexagonales par la faiblesse persistante des taux d‘intérêt, a vu sa performance commerciale progresser, avec notamment 7,7% de hausse sur un an pour les crédits à l‘habitat ou 17% pour les dépôts à vue.

LCL, pour qui le groupe a consenti de lourds efforts pour améliorer la rentabilité de ses financements, voit son résultat net passer de 90 millions au premier trimestre 2016 à 147 millions cette année.

Outre des taux d‘intérêts engendrant de coûteuses renégociations d‘emprunts immobiliers, la perte de vitesse du modèle de l‘agence bancaire et des investissements importants dans le numérique, le secteur doit faire face à l‘irruption de nombreux nouveaux entrants 100% digitaux, comme Orange .

“UN CRAN SUPPLÉMENTAIRE D‘INTENSITÉ”

“C‘est un cran supplémentaire d‘intensité concurrentielle que nous allons devoir affronter”, a estimé lors d‘une conférence téléphonique Philippe Brassac à propos de l‘offre que s‘apprête à lancer l‘opérateur téléphonique.

Le pôle de grande clientèle, où sont notamment logées les activités de marché, a connu, comme chez les autres établissements financiers français, un trimestre en forte progression, bénéficiant à la fois d‘une base de comparaison flatteuse avec l‘année dernière et de la bonne conjoncture financière mondiale.

Ses bénéfices progressent de plus de 85% à 314 millions d‘euros, la banque se félicitant notamment de l‘activité dans les produits de taux, de change et de crédit.

La gestion d‘actif, à travers la filiale Amundi, en passe de finaliser le rachat de l‘italien Pioneer Investments, a vu ses fonds sous gestion augmenter de 14,2% sur un an, à 1,128 milliards d’euros.

Au niveau de sa stratégie et des opérations de fusions-acquisitions, Crédit agricole a répété son intérêt pour trois caisses d‘épargne en Italie, son deuxième marché pour la banque détail.

“Nous poursuivrons dans cette voie là”, a dit Philippe Brassac, assurant que son groupe souhaitait procéder à des acquisitions “incrémentales” au fil du temps pour renforcer son empreinte dans les régions italiennes où il est implanté.

La direction du groupe n‘a en revanche pas souhaité commenter sur l‘étude d‘une possible cession d‘une participation de 31% dans Banque Saudi Fransi en Arabie saoudite.

Sur le front réglementaire, Philippe Brassac a estimé que le risque d‘un durcissement significatif des règles prudentielles dites de Bâle 4, ne constituait plus “un sujet de préoccupation”.

De nombreux banquiers européens craignaient que de nouvelles normes comptables ne les désavantagent au profits de leurs homologues américains.

“Je pense qu‘on peut raisonnablement penser que, soit il n‘y aura pas d‘accord, soit il serait obtenu dans des conditions qui soient garantes du modèle qui est le notre”, a dit Philippe Brassac. (Julien Ponthus, édité par Benoît Van Overstraeten)

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