10 mai 2017 / 16:11 / il y a 5 mois

FRANCE 2017-La droite veut contrer la "bombe" fiscale de Macron

PARIS, 10 mai (Reuters) - Les Républicains et l‘UDI ont opposé mercredi au programme “flou” d‘Emmanuel Macron leur contrat “de clarté” en vue des élections législatives, une version remaniée du projet de François Fillon qu‘ils présentent comme l‘arme de la revanche pour des classes moyennes “massacrées” sous François Hollande.

“Le vrai visage de la France n‘est pas celui du second tour, c‘est celui du premier tour”, a plaidé François Baroin, chef de file de la campagne pour les législatives des 11 et 18 juin, lors d‘une conférence de presse.

Dans une synthèse ménageant officiellement les diverses sensibilités de la primaire mais édulcorant les mesures économiques de François Fillon, jugées radicales, la droite et le centre partent au combat avec l‘objectif d‘emporter la majorité absolue (289 sièges) à l‘Assemblée et d‘éviter ce qu‘ils considèrent comme les prémices d‘un nouveau coup de massue fiscal dans le prochain collectif budgétaire.

“Le programme d‘Emmanuel Macron, c‘est une augmentation cachée des impôts avec la hausse de 1,7 point de la CSG (contribution sociale généralisée-NDLR), soit plus de 20 milliards d‘euros, qui frappent directement les retraités, les fonctionnaires, les professions libérales...”, a estimé Eric Woerth, chargé de la rédaction du “contrat d‘alternance”.

Il cite également l‘augmentation de la fiscalité sur l‘assurance-vie, “une imposition très forte de l‘immobilier en préparation”.

François Baroin explique vouloir répondre aux aspirations des “classes moyennes qui ont été massacrées au cours de ce quinquennat, et pour lequel Emmanuel Macron porte une part de responsabilité”.

“Nous voulons réinstaller un débat qui a été confisqué pendant la présidentielle”, a poursuivi Laurent Wauquiez, dénonçant notamment dans le programme d‘Emmanuel Macron l‘absence d‘effort sur la dépense publique.

“Notre conviction, c‘est qu‘on n‘a pas été battus sur nos idées. La victoire est possible, je pense qu‘elle est attendue par une majorité de Français”, a-t-il affirmé. “Il y a besoin de réformes qui ne soient pas floues”, a renchéri Jean-Christophe Lagarde, dirigeant de l‘UDI.

Sous le sceau du “pouvoir d‘achat”, le projet réintroduit deux mesures-phares défendues par Nicolas Sarkozy durant la primaire : une baisse de 10% de toutes les tranches de l‘impôt sur le revenu et le retour aux heures supplémentaires défiscalisées.

Malgré la disparition de mesures d‘assainissement impopulaires, Eric Woerth a assuré que le nouveau projet respectait la trajectoire macroéconomique du programme Fillon, avec le maintien de 100 milliards d‘euros d‘économies dans la sphère publique sur la législature, et que les nouvelles dépenses étaient entièrement financées.

Gilles Carrez, qui a participé au projet, n‘est pas de cet avis. “Je concède qu‘il y a 7 ou 8 milliards qu‘il faudra trouver ailleurs, mais on les trouvera”, a-t-il dit mardi sur BFM Business.

Voici un résumé des principales mesures économiques du projet :

- Suppression de la majoration de deux points de la TVA incluse dans le projet Fillon.

- Baisse de 10% de l‘impôt sur le revenu.

- Relèvement du quotient familial au niveau de 2012.

- Rétablissement de la défiscalisation des heures supplémentaires.

- Taxation forfaitaire de l‘épargne de 30%.

- Maintien de la revalorisation des petites retraites de 300 euros par an et des pensions de reversion de 10%, via le recul de l‘âge légal de départ à 65 ans selon un échéancier à définir.

- Suppression des régimes spéciaux de retraite.

- Baisse des charges pour les entreprises de l‘ordre de 28 milliards d‘euros (contre 40 milliards dans le projet Fillon).

- Baisse de l‘impôt sur les sociétés pour atteindre 25% à la fin du quinquennat.

- Suppression progressive des 35 heures avec délai de 18 mois accordé à chaque entreprise ou chaque branche.

- Suppression de 300.000 emplois publics sur cinq ans (contre 500.000 dans le projet Fillon. Cet objectif est porté à un horizon de 7-8 ans). Pas de suppressions dans les secteurs de l‘hôpital et de la sécurité.

- Instauration de deux jours de carence dans la fonction publique. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below