9 mai 2017 / 15:50 / dans 7 mois

FRANCE 2017-La droite édulcore le projet Fillon pour les législatives

* LR et UDI espèrent en une majorité absolue

* Les stratèges électoraux plus pessimistes

* Le projet de Fillon vidé de sa substance

* La tentation Macron ébranle Les Républicains

PARIS, 9 mai (Reuters) - A un mois du premier tour des élections législatives, les Républicains et leurs alliés centristes de l‘UDI lancent mercredi “la mère des batailles” sur un projet conçu comme un contrepoids au programme d‘Emmanuel Macron, un “contrat d‘alternance” qui édulcore les propositions de François Fillon.

François Baroin, qui mènera la campagne, vise officiellement la majorité absolue en juin (289 sièges), en caressant l‘espoir d‘une cohabitation. Un “troisième tour” de sursaut pour une famille politique encore sonnée par la défaite du premier tour et tentée dans ses rangs par l‘ouverture nouvelle manière qui se dessine avec l‘élection d‘Emmanuel Macron.

En privé, des sources au sein de LR évoquent un scénario plus pessimiste - quelque 150 sièges - sans compter les débauchages que le nouveau président pourrait susciter en vue de la formation de son gouvernement la semaine prochaine.

“Il peut y avoir cette tentation mais elle est relativement marginale”, a dit François Baroin mardi sur Europe 1.

“Il y a des trajectoires personnelles, mais ça aurait pu être bien pire, l‘unité du parti, elle est là”, renchérit Eric Woerth, dans une allusion aux offres de service de Bruno Le Maire ou des rumeurs sur l‘entrée de “juppéistes”, notamment Edouard Philippe, dans le futur gouvernement.

Les explications, qui ne manqueront pas d‘advenir dans un parti plus que jamais tiraillé entre les tenants d‘une ligne “sarkozyste” et un centre-droit “juppéiste”, sont théoriquement renvoyées à l‘après-législatives, mais les “pro-ouverture” n‘entendent pas éteindre le débat.

“J‘ai dit que je n‘étais pas partisan au stade actuel de laisser entendre que, quoi qu‘il arrive, nous étions décidés à nous engager dans une opposition brutale”, a martelé Alain Juppé lors d‘une conférence de presse à Bordeaux, ajoutant que l‘exclusion à laquelle s‘exposeraient les dissidents “est toujours un aveu de faiblesse”.

Le sujet pourrait être mis sur la table lors du bureau politique de LR qui se réunissait mardi après-midi afin d‘adopter le “contrat d‘alternance” pour le scrutin de juin.

“PROGRAMME RÉALISTE”

La nouvelle mouture du projet, qui promet baisses d‘impôts et hausse du pouvoir d‘achat, a tout du règlement de comptes avec François Fillon, muet depuis la victoire d‘Emmanuel Macron, et auquel son camp, au-delà des affaires, reprochait l‘absence d‘inflexions sociales dans son programme.

Exit l‘augmentation de deux points du taux de TVA, l‘abrogation sine die de la durée légale du temps de travail, les 500.000 fonctionnaires en moins sur cinq ans, l‘allègement de charges de 25 milliards d‘euros pour les entreprises...: la radicalité du projet présidentiel est enterrée.

Les 100 milliards d‘euros d‘économies sur cinq ans sont toutefois maintenus.

“Au fond la synthèse du projet de la primaire n‘avait pas été faite”, a plaidé François Baroin sur Europe 1.

Ainsi la défiscalisation des heures supplémentaires dont François Fillon ne voulait plus entendre parler après l‘expérience du mandat de Nicolas Sarkozy est-elle réintroduite, ou la baisse de 10% de l‘impôt sur le revenu que proposait l‘ancien président durant la primaire, de même que la modulation du temps de travail prônée par Alain Juppé.

“Nous souhaitons garder une référence légale et la porter progressivement de 35 heures à 39 heures. On ne fera pas ça en instantané comme c‘était prévu”, a expliqué Gilles Carrez, qui avait participé à la rédaction du projet de François Fillon, sur BFM Business. “Nous souhaitons que les discussions sur le temps de travail puissent se dérouler au niveau de l‘entreprise” comme des branches.

L‘objectif de réduction du nombre de fonctionnaires - 500.000 sur cinq ans pour François Fillon - est élargi à un horizon de sept à huit ans, dont 300.000 sur la législature.

“Ça correspond au non-remplacement d‘un départ en retraite sur deux, pas seulement dans l‘Etat comme on l‘a fait entre 2007 et 2012, mais également dans les collectivités territoriales”, a précisé Gilles Carrez. “Je préfère un programme réaliste, un petit peu plus étalé”.

En outre, les allègements de charges sur le entreprises ne seraient plus de 25 mais “d‘une dizaine de milliards” sur cinq ans.

La réforme des retraites, avec pour mesure-phare le relèvement de l‘âge légal de départ à 65 ans en 2022, est maintenue, mais l‘échéancier va être revu. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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