8 mai 2017 / 04:02 / il y a 6 mois

POINT HEBDO-La distribution classique à l'épreuve des résultats à Wall Street

(Répétition sans changement d‘une dépêche diffusée dimanche)

par Chuck Mikolajczak

NEW YORK, 8 mai (Reuters) - La semaine qui commence à Wall Street verra la publication des résultats des principales chaînes de grands magasins aux Etats-Unis, l‘occasion de mesurer le fossé qu‘elles peinent à combler avec les acteurs de la nouvelle économie, Amazon en tête.

L‘évolution de l‘indice S&P-500 de la distribution semble dire que le secteur se porte bien. L‘indice, dont les composantes pèsent quelque 1.160 milliards de dollars (1.055 milliards d‘euros), a gagné 13% depuis le début de l‘année, pratiquement le double du S&P-500 dans son ensemble, pour se situer actuellement à un niveau record.

Mais cette performance est due presque entièrement à trois géants du commerce en ligne qui représentent désormais plus de la moitié de la valeur de l‘indice : Amazon.com, Netflix et Priceline Group.

Et elle cache un parcours médiocre des distributeurs traditionnels, qui voient notamment Amazon leur prendre des parts des marché.

En faisant abstraction du trio de “disrupteurs”, l‘indice sectoriel n‘affiche plus qu‘une hausse modique de 1,3% depuis le début de l‘année et se situe à quelque 8% de son plus haut atteint il y a deux ans.

Dans ce contexte, les résultats de la semaine diront si la “vieille garde” résiste, voire peut espérer retrouver grâce auprès des investisseurs.

La Bourse n‘attend pas de miracle des publications de Macy’s , Nordstrom, Kohl’s et JCPenney mais voudront voir si les plans de redressement annoncés par plusieurs de ces groupes, comprenant pour certains des milliers de licenciements, commencent à porter leurs fruits.

NORDSTROM SURNAGE

Les résultats des sociétés du S&P-500 dans leur ensemble ont été jusqu‘ici en progression de 14,7% par rapport au premier trimestre 2016, soit la meilleure performance depuis 2011, selon les données Thomson Reuters. Mais ceux du secteur de la consommation dite discrétionnaire, autrement dit non essentielle , sont attendus en hausse de seulement 3,9%, une croissance toutefois bien supérieure à celle de 1,4% qui était estimée il y a seulement un mois.

“Le commerce de détail pour l‘essentiel va bien, mais pas partout”, dit Tobias Levkovich, stratège actions de Citigroup, en faisant référence aux enseignes de grands magasins.

Pour Art Hogan, stratège chez Wunderlich Securities à New York, l‘évolution des tendances de consommation relativise la portée de ces résultats. “Bien sûr il y aura une réaction négative quand certains de ces groupes diront que la fréquentation des centres commerciaux est en berne, mais ce n‘est pas parce qu‘on ne va plus chez Macy’s que le consommateur est mort”, affirme-t-il.

Loin de là. La principale mesure de la consommation des ménages, la statistique des ventes au détail, sera publiée vendredi et devrait montrer un rebond en avril après deux mois de baisse.

Des quatre groupes de grands magasins qui publieront dans la semaine, seul Nordstrom devrait annoncer une croissance du bénéfice par action, de seulement 2,8%, selon les estimations compilées par Thomson Reuters I/B/E/S.

Le BPA de Macy’s est attendu en baisse de 13,5% et celui de Kohl’s de 6,4%. JCPenney, qui avait annoncé pour le quatrième trimestre son premier bénéfice trimestriel en trois ans, devrait quant à lui retomber dans le rouge.

Les performances boursières des quatre groupes reflètent leurs difficultés. Si Nordstrom surnage avec une hausse modeste de 2% de son action depuis le début de 2017, Macy’s et Kohl’s accusent des baisses d‘environ 19% et le titre JCPenney, qui ne fait plus partie de l‘indice sectoriel S&P, a chuté de 34%.

“Il y a beaucoup de risques attachés aux distributeurs traditionnels alors on n‘est pas fan actuellement”, explique Nathan Thooft chez Manulife Asset Management à Boston. “Leurs valorisations commencent certes à redevenir intéressantes, mais on ne peut pas ignorer la montée en puissance du commerce en ligne.”

Wal-Mart et Home Depot, les numéros un mondiaux de la grande distribution et du bricolage, publieront à leur tour les 16 et 18 mai pour ce qui marquera pratiquement la fin de la saison des résultats du premier trimestre aux Etats-Unis.

En dehors des ventes au détail, l‘agenda de cette semaine est peu garni en matière d‘indicateurs économiques, avec tout au plus les prix producteurs mardi et l‘indice de confiance du consommateur de l‘Université du Michigan vendredi.

Le S&P-500 a gagné 0,4% vendredi, terminant sur un nouveau record grâce aux bons chiffres de l‘emploi d‘avril, au rebond des cours du pétrole et à un nouveau plus haut de l‘action Apple . Sur la semaine, le Dow Jones a gagné 0,32%, le S&P 0,63% et le Nasdaq Composite 0,88%. (avec les contributions de Sinead Carew et Caroline Valetkevitch, Véronique Tison pour le service français)

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