4 mai 2017 / 15:37 / dans 6 mois

LEAD 4-Tsipras appelle à un accord sur la dette grecque d'ici au 22 mai

ATHENES, 4 mai (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé jeudi les créanciers internationaux d‘Athènes à se mettre d‘accord sur des mesures de restructuration de la dette grecque avant le 22 mai, date de la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles pour examiner l‘avancée du troisième plan d‘aide à la Grèce depuis 2010.

L‘Eurogroupe devrait entériner à cette occasion l‘accord conclu mardi entre Athènes et ses créanciers sur les réformes que le gouvernement grec doit entreprendre, ce qui permettra de débloquer des prêts dont la Grèce a besoin.

Cet accord, conclu avec des mois de retard sur le calendrier prévu, a ouvert la voie à un allègement de la dette grecque, réclamé par Athènes et jugé inévitable par le Fonds monétaire international (FMI). Mais l‘Union européenne, Allemagne en tête, se montre réticente.

“Des mesures d‘allègement de la dette à moyen terme doivent être clairement définies d‘ici à la réunion de l‘Eurogroupe le 22 mai”, a déclaré Alexis Tsipras. “La Grèce a rempli sa part du marché et tous les acteurs doivent maintenant tenir leurs engagements.”

Les discussions entre l‘Union européenne et le FMI ont déjà commencé. Les créanciers planchent sur un document de travail qu‘ils entendent soumettre aux ministres des Finances de la zone euro et qui présente plusieurs options pour alléger le poids de la dette grecque, rapporte jeudi le journal allemand Handelsblatt.

L‘une des hypothèses évoquées est la reprise des prêts accordés par le FMI à la Grèce par le Mécanisme européen de stabilité (MES), dont les maturités sont plus longues et les taux d‘intérêt plus bas que ceux du FMI.

Les autres, poursuit le journal, sont un allongement des maturités de la dette grecque et le versement à Athènes, par l‘intermédiaire des gouvernements européens, des bénéfices réalisés sur les obligations souveraines grecques par la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales.

OPTIONS

Des sources gouvernementales allemandes citées par Handelsblatt précisent cependant qu‘aucune décision n‘a encore été prise à ce sujet et que ces propositions ne sont à ce stade que des “options”.

Une source européenne a quant à elle déclaré à Reuters que le document consulté par le quotidien émanait du MES et non des quatre institutions impliquées.

“Il expose plusieurs options pour la restructuration de la dette grecque et détaille les hypothèses qui ont été avancées le mois dernier par l‘Eurogroupe. L‘une de ces hypothèses est celle d‘une reprise de la dette du FMI par le MES”, explique-t-on.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s‘est empressé de déclarer qu‘aucune mesure d‘allègement de la dette grecque n‘avait été préparée.

“Aucune mesure d‘allègement de la dette n‘a été préparée”, a-t-il indiqué dans un communiqué adressé à Reuters, ajoutant que la mise en oeuvre des réformes que la Grèce a accepté d‘entreprendre permettra de garantir la viabilité de sa dette.

“En ce qui concerne d‘éventuelles mesures sur la dette, nous avons trouvé un accord clair exprimé dans le communiqué de l‘Eurogroupe de mai 2016. Dans ce cadre, et après la mise en oeuvre intégrale du programme d‘ajustement, il y a aura une évaluation pour établir si des mesures sur la dette sont nécessaires. C‘est toujours valable.”

A Bruxelles, on tempère aussi la teneur de l‘article du Handelsblatt, en rappelant l‘accord de mai 2016.

“Une fois que la Grèce aura mis en oeuvre les réformes (visées dans l‘accord), l‘Eurogroupe pourrait soutenir le programme et les termes du versement de la prochaine tranche et aborder la question de la viabilité à court terme de la dette grecque sur la base de l‘accord de mai 2016”, explique-t-on à Reuters.

Suivant le scénario défini par le MES en 2016, le coût annuel du service de la dette devrait rester inférieur à 15% du PIB à partir de 2018 et à moyen terme et en deçà de 20% par la suite.

Si la Grèce entreprend pleinement les réformes prévues avec ses créanciers dans le troisième plan d‘aide dont elle a bénéficié, alors, les Etats de la zone euro, qui détiennent plus des deux tiers de la dette grecque, pourront racheter des prêts plus coûteux accordés par le FMI, disait l‘accord. (Renee Maltezou, avec Matthias Sobolewski à Berlin et Jan Strupczewski à Bruxelles; Tangi Salaün et Nicolas Delame pour le service français)

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