2 mai 2017 / 17:29 / il y a 4 mois

La BCE a accru ses achats de dette française en avril

FRANCFORT, 2 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a acheté le mois dernier plus d'obligations d'Etat françaises et italiennes que ne le prévoient ses propres règles, ce qui a sans doute contribué à rassurer les marchés financiers avant le premier tour de l'élection présidentielle en France.

Ses achats de titres du secteur public français ont atteint 11,3 milliards d'euros et ceux de titres italiens 9,8 milliards, selon les statistiques publiées mardi.

Dans les deux cas, le montant mensuel dépasse, selon les calculs de Reuters, de plus d'un milliard d'euros celui fixé par les règles de répartition de la BCE, fondées sur le poids relatif de chaque économie nationale au sein de la zone euro.

Les achats d'obligations allemandes ont quant à elles été conformes au "quota" théorique prévu en avril après l'avoir dépassé nettement en mars, ce qui conduit certains observateurs à conclure que la BCE peine désormais à trouver des titres allemands correspondant à ses critères.

Un porte-parole de la BCE a déclaré que celle-ci continuerait de s'écarter ponctuellement de sa "clé de répartition" pour assurer "une mise en oeuvre en douceur" du programme d'achats de titres du secteur public, ou PSPP.

"Les parts relatives des achats mensuels du PSPP continueront d'être ajustées à l'avenir mais l'évolution des ajustements ne peut pas être anticipée", a-t-il dit.

"Ces ajustements traduisent la flexibilité inhérente au programme et notre engagement de neutralité vis-à-vis du marché avec pour objectif de poursuivre une mise en oeuvre souple du PSPP."

Ce programme d'un montant global de 2.300 milliards d'euros est considéré comme un facteur clé de soutien aux marchés financiers en période d'incertitude politique.

En France, les résultats du premier tour de l'élection présidentielle, et notamment le fait qu'Emmanuel Macron, considéré comme un candidat "pro-euro", soit arrivé en tête devant l'europhobe Marine Le Pen, ont permis aux rendements des obligations d'Etat de revenir à leur plus bas niveau depuis plusieurs mois.

L'Italie est quant à elle considérée comme le prochain foyer de risque politique pour la zone euro puisque des élections législatives doivent s'y tenir au plus tard en mai 2018 et que les sondages d'opinion donnent le Mouvement 5 Etoiles (M5S), eurosceptique, en tête des intentions de vote.

La BCE prévoit de poursuivre ses achats d'obligations au moins jusqu'à la fin de cette année. Elle pourrait au moins les réduire en 2018, tirant ainsi les conséquences de la remontée de l'inflation dans la zone euro.

Francesco Canepa; Marc Angrand pour le service français

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