28 avril 2017 / 13:11 / il y a 6 mois

POINT HEBDO-Le retour de l'appétit pour le risque reste à confirmer

* Soulagement généralisé après le 1er tour de la présidentielle

* Les flux reviennent sur les actions européennes

* Plus de prudence attendue avant le 2d tour dimanche 7 mai

* Les 100 premiers jours du président Trump jugés décevants

* La Fed et le PIB en zone euro attendus mercredi

* La saison des trimestriels demeure très positive

par Blandine Henault

PARIS, 28 avril (Reuters) - Les investisseurs ont retrouvé de l‘appétit pour le risque cette semaine avec la nette détente des marchés autour du scrutin présidentiel français mais cette tendance reste confrontée aux résultats du second tour ainsi qu‘aux développements de politique budgétaire et monétaire aux Etats-Unis.

La qualification d‘Emmanuel Macron pour le duel qui l‘oppose avec Marine Le Pen pour la course à l‘Elysée a provoqué dès lundi dans les échanges matinaux en Asie un vif soulagement des investisseurs, qui ont vite misé sur une victoire de l‘ancien ministre de l‘Economie.

L‘euro, qui évoluait autour de 1,07 avant le premier tour dimanche, a grimpé à plus de 1,09 dollar et l‘écart de rendement entre l‘OAT française à 10 ans et le Bund allemand de même échéance est tombé de 75 à 45 points de base.

Le verdict du premier tour a également provoqué un bond de 4,14% pour le CAC 40 sur la seule séance de lundi, permettant à l‘indice parisien de renouer avec ses plus hauts depuis la crise financière.

Globalement, les marchés d‘actions européens sont parvenus à conserver leurs gains acquis lundi tout au long des derniers jours et devraient signer leur meilleure performance hebdomadaire depuis la semaine au 9 décembre 2016.

Signe du regain d‘appétit pour le risque, les flux d‘investissement cette semaine sur les actions ont été les plus importants depuis l‘élection de Donald Trump en novembre dernier, selon des données de Bank of America Merrill-Lynch.

LE RISQUE POLITIQUE N‘EST PAS ENCORE LEVÉ

En dépit de la confiance affichée par les investisseurs sur une victoire d‘Emmanuel Macron, les derniers jours de la campagne électorale pourraient néanmoins inciter à une plus grande prudence.

La course entre les deux candidats, qui débattront ensemble mercredi soir, “pourrait être serrée, car la qualification de Marine Le Pen traduit le populisme profondément ancré en province”, soulignent les gérants de Brandywine Global.

Après le résultat des votes du dimanche 7 mai, l‘attention devrait se reporter sur les élections législatives des 11 et 18 juin, soulignent par ailleurs plusieurs gérants.

Au-delà des scrutins français, le cycle électoral en Europe est loin d‘être fini : des élections législatives se tiendront le 8 juin au Royaume-Uni avant celles prévues en Allemagne à l‘automne.

Mais ce sont surtout les élections italiennes, prévues pour l‘heure en 2018, qui pourraient voir resurgir les craintes d‘un vote en faveur des partis populistes. Signe d‘une certaine prudence, le spread entre l‘emprunt italien à 10 ans et celui allemand de même échéance ne s‘est que légèrement resserré cette semaine.

Aux Etats-Unis, les interrogations autour de la politique de Donald Trump restent très nombreuses. La présentation succincte, mercredi, d‘un projet de réforme fiscale très attendu n‘a pas convaincu les investisseurs, qui s‘interrogent notamment sur le financement des mesures annoncées. Et ce alors que le Congrès tente actuellement de négocier un report de la date butoir, fixée à ce vendredi, pour aboutir à un accord sur le financement de l‘ensemble des activités de l‘Etat fédéral.

Donald Trump, qui fêtera samedi ses 100 premiers jours à la Maison blanche, est donc loin pour l‘heure d‘avoir répondu aux espoirs des marchés. “Les progrès seront plus lents et prendront plus de temps qu‘anticipé”, observe Neil Dwane, stratège chez Allianz Global Investors.

Cela signifie que les attentes sur le “Trumpflation”, à savoir une relance de la croissance et de l‘inflation qui serait permise par les mesures de l‘administration Trump, doivent être abaissées, ajoute le gérant.

LA FED ENTRE EN PISTE

La politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) concentrera aussi l‘attention des marchés la semaine prochaine, surtout après l‘annonce d‘une croissance américaine bien plus faible que prévu au premier trimestre.

Les investisseurs anticipent un statu quo à l‘issue de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) mercredi, qui ne fera pas l‘objet d‘une actualisation des prévisions ni d‘une conférence de presse. Elle interviendra également avant la publication, vendredi prochain, du rapport officiel sur l‘emploi aux Etats-Unis pour le mois d‘avril.

“Le communiqué devrait être assez succinct et conserver une bonne partie des éléments de langage utilisés dans le dernier communiqué de mars”, indique Derek Hold, économiste chez Scotiabank.

“Etant donné la distance avec la prochaine réunion du 14 juin, un signal clair sur une hausse des taux lors de cette réunion est improbable”, estime-t-il.

De l‘autre côté de l‘Atlantique, la Banque centrale européenne (BCE) est restée sur la réserve pour sa réunion de mars, conservant un ton très accommodant.

Vendredi, la première estimation de l‘inflation en zone euro pour le mois d‘avril a pourtant montré une hausse plus importante que prévu des prix à la consommation, et non loin de l‘objectif de la BCE.

Dans ce contexte, la publication, mercredi, de la première estimation du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro pour le premier trimestre sera suivie avec attention.

“Nous prévoyons un croissance du PIB de 0,5% par rapport au trimestre précédent, quelque part entre ce que les indicateurs définitifs et les enquêtes d‘opinion suggèrent”, indiquent les économistes de Credit Suisse.

Les enquêtes d‘opinion ont jusqu‘ici été très positives pour les trois premiers mois de l‘année, mais certains indicateurs définitifs, comme la production industrielle, sont ressortis plus mitigés, faisant peser des doutes sur la vigueur réelle de la reprise économique.

Pour rappel, la croissance de la zone euro est ressortie à 0,4% au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent.

LES RÉSULTATS D‘ENTREPRISES EN SOUTIEN

Au-delà des doutes sur les politiques et la macroéconomie, le bal des publications de résultats d‘entreprises au premier trimestre demeure un soutien en filigrane des marchés d‘actions avec une saison jugée jusqu‘ici très positive.

En Europe, “la saison des résultats du premier trimestre est très solide et la tendance des révisions bénéficiaire est positive et généralisée”, relèvent les stratèges de Bank of America-Merrill Lynch.

Ces derniers prévoient une hausse de 15% des bénéfices par action des entreprises du Stoxx 600 en 2017. Ils ont porté leur objectif sur l‘indice paneuropéen de 390 à 420 points, soit un potentiel de hausse de 8,5% d‘ici la fin de l‘année.

“La baisse du risque politique en France et la reprise des flux d‘investissement devraient fournir un potentiel de hausse aux multiples de valorisation”, expliquent-ils.

Aux Etats-Unis, sur les 242 sociétés du S&P 500 ayant publié leurs résultats au 27 avril, 75% d‘entre elles avaient fait mieux qu‘attendu. Les bénéfices des entreprises du S&P-500 au premier trimestre sont ainsi attendus en hausse de 12,4%, leur plus forte progression depuis 2011, selon Thomson Reuters I/B/E/S.

Quelque 124 entreprises du S&P-500 publieront la semaine prochaine leurs comptes trimestriels, selon le décompte de Scotiabank, avec notamment des grands noms du secteur de la pharmacie (Pfizer, Merck) et de la technologie (Apple). (édité par Patrick Vignal)

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