26 avril 2017 / 13:18 / dans 7 mois

Les emprunteurs en zone euro profitent du soulagement français

par Abhinav Ramnarayan

LONDRES, 26 avril (Reuters) - Le soulagement provoqué sur les marchés par les résultats du premier tour de l‘élection présidentielle française fournissent indirectement aux emprunteurs souverains de la zone euro une occasion rare d‘emprunter à long terme à des taux historiquement bas et plusieurs ont déjà saisi cette opportunité.

Les émetteurs souverains ou assimilés peuvent ainsi espérer tirer parti de la tendance actuelle en émettant jusqu‘à 40 milliards d‘euros de titres en cinq semaines par le biais d‘emprunts syndiqués, selon trois spécialistes qui travaillent régulièrement avec les agences nationales de gestion de la dette publique.

L‘Espagne a lancé mercredi une émission de titres à dix ans indexés sur l‘inflation qui a suscité une demande de plus de 16,5 milliards d‘euros.

Dans un emprunt syndiqué, l‘emprunteur mandate des banques qui assurent le placement des titres directement auprès des investisseurs.

“Le marché semble dans une forme éclatante”, a dit un banquier qui a participé mardi à une émission syndiquée du Fonds européen de stabilité financière (FESF). “Les investisseurs utilisent généralement la France comme référence pour le FESF, et avec le rally (des emprunts d‘Etat français) après le premier tour, le moment était idéal pour réaliser cette opération.”

L‘écart entre les rendements à dix ans français et allemand est tombé lundi à son plus bas niveau depuis la mi-décembre, à 43 points de base.

Au-delà, les résultats du scrutin français de dimanche, qui éloignent aux yeux des investisseurs le risque d‘une remise en cause de la place de la France dans l‘Union européenne et d‘un abandon de l‘euro, ont profité à tous les pays les mieux notés de la région en suscitant un regain de goût du risque.

LE FESF A BOUCLÉ LA PLUS GROSSE ÉMISSION DE SON HISTOIRE

Les coûts d‘emprunts espagnols et italiens sont ainsi revenus 25 à 30 points de base en dessous de leurs plus hauts de l‘année.

Le soutien apporté par le contexte politique est bienvenu puisque la Banque centrale européenne (BCE) vient de réduire le montant qu‘elle consacre à des achats de titres sur les marchés, le ramenant de 80 à 60 milliards d‘euros par mois.

Le FESF a pour sa part placé pour huit milliards d‘euros de titres à 10 et 26 ans. Cette émission, la plus grosse de son histoire, est deux fois supérieure au volume attendu par les banques et elle a suscité une demande de 21 milliards.

Des banquiers expliquent que des emprunts syndiqués français, italien et belge pourraient suivre dans les semaines à venir. L‘Agence France Trésor, qui envisage une nouvelle émission “benchmark” à 30 ans, devrait toutefois attendre que le deuxième tour de la présidentielle, le 7 mai, soit passé.

L‘opération pourrait notamment fournir de nouvelles indications sur le regain d‘intérêt des investisseurs japonais pour le marché obligataire français, dont ils s‘étaient détournés en début d‘année face aux risques liés à la présidentielle, dont celui d‘une victoire de Marine Le Pen, la candidate du Front national.

Plus largement, “de nombreux investisseurs avaient des liquidités disponibles dans l‘attente du scrutin français et maintenant, ils sont prêts à les employer. On pourrait facilement assister à 30 ou 40 milliards d‘euros d‘émissions d‘obligations du secteur public d‘ici la fin mai”, a dit un autre banquier.

Deux autres spécialistes du marché ont validé cette estimation tout en soulignant que le résultat de la présidentielle française serait décisif.

Marc Angrand pour le service français

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