24 avril 2017 / 06:05 / il y a 6 mois

3 QUESTIONS À-Le vote français permet un retour des flux en Europe-Edmond de Rothschild

PARIS, 24 avril (Reuters) - Le résultat du premier tour de l‘élection présidentielle française permet de lever une bonne partie du risque politique en Europe et devrait offrir un “printemps” sur les actions européennes, estime Benjamin Melman, directeur allocation d‘actifs et dettes souveraines chez Edmond de Rothschild.

1/ Les marchés européens devraient réagir favorablement aux résultats du premier tour de l‘élection présidentielle française mais ce mouvement sera-t-il durable ?

Benjamin Melman - Libérés de la prime politique sur les élections françaises, les marchés d‘actions européens devraient effectivement ouvrir en hausse sensible aujourd‘hui. Et ce mouvement sera durable car beaucoup d‘investisseurs qui étaient restés à l‘écart devraient revenir sur les actions en Europe. Nous nous attendons à des flux importants et significatifs dans les prochaines semaines. Le momentum économique est très fort en zone euro, avec le soutien d‘une BCE toujours accommodante, et les résultats d‘entreprises sont également bien orientés.

Sur les taux, nous avons déjà vu s‘opérer un resserrement du spread entre la France et l‘Allemagne la semaine dernière. L‘écart de rendement devrait se réduire aujourd‘hui entre 15 et 20 points de base. L‘OAT devrait à peu près revenir à son niveau de prime de risque habituel, autour de 50 points de base.

2 / Peut-on dire que le risque politique français est définitivement levé ? Qu‘en est-il des législatives à venir ?

Benjamin Melman - Pas complètement, puisqu‘il reste encore le second tour. Mais les marchés en anticipent déjà le résultat. Quant aux élections législatives, le sujet restera secondaire pour les marchés par rapport au premier tour. Les craintes concernaient surtout la possibilité d‘une victoire d‘un parti eurosceptique et d‘un “Frexit”, qui représentait un risque systémique. Sur la question des législatives, la prime de risque accordée par les marchés sera limitée. Il suffit de regarder le cas de l‘Espagne, où Mariano Rajoy ne dispose pas d‘une majorité au Parlement et pour autant, les marchés ont réduit la prime de risque espagnole.

3 / Quels sont les autres risques politiques à venir en Europe ?

Benjamin Melman - En Allemagne, le risque entourant les élections est faible au regard des sondages, puisque cela se joue entre la CDU et le SPD. En revanche, il faudra à un moment reconsidérer le risque entourant les élections italiennes prévues en 2018. Le calendrier n‘est pas encore établi, les investisseurs commenceront à s‘y intéresser trois ou quatre mois avant. Mais il est certain que ces élections seront un sujet de tensions. Les marchés en soupèseront le risque dans quelques mois. D‘ici là, cela n‘empêchera pas d‘avoir un printemps sur les actions européennes. (Propos recueillis par Blandine Hénault, édité par Patrick Vignal)

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