10 avril 2017 / 11:12 / il y a 8 mois

LEAD 1-MARCHÉS-Le risque politique pèse sur les actions et la dette françaises

* Le CAC 40 recule, le “spread” France-Allemagne se creuse

* Les valeurs bancaires chutent à Paris, Société Générale perd 2%

* Les derniers sondages inquiètent les marchés

* Citigroup juge l‘hypothèse Macron la plus probable (Actualisé avec repli des valeurs bancaires et commentaire, nouveau sondage sur les intentions de vote)

PARIS, 10 avril (Reuters) - Le risque politique lié aux incertitudes entourant l‘élection présidentielle en France se fait sentir lundi sur les marchés, tirant vers le bas la Bourse de Paris et les valeurs bancaires, et poussant vers le haut la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt qu‘allemande.

L‘écart de rendement, ou spread, entre l‘OAT française à 10 ans et le Bund allemand de même échéance s‘est creusé dans la matinée jusqu‘à plus de 72 points de base avant de refluer autour de 70 points.

Ce spread, très surveillé sur les marchés, avait atteint 84,5 points de base en février après la publication de sondages donnant Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour.

Les marchés redoutent le scénario d‘une victoire de la candidate du Front national, qui prône une sortie de l‘euro et un retour à une monnaie nationale.

Ils s‘inquiètent aussi de la progression dans les sondages du candidat du mouvement “La France insoumise”, Jean-Luc Mélenchon, dont le programme économique les inquiète.

Selon un sondage Kantar Sofres One Point pour Le Figaro, LCI et RTL publié dimanche, Jean-Luc Mélenchon est passé pour la première fois devant François Fillon dans les intentions de vote pour le premier tour, qui placent toujours en tête Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Un autre sondage, publié lundi, montre une progression de deux points de pourcentage de Jean-Luc Mélenchon dans les intentions de vote, à 18%, Marine Le Pen restant en tête à 24%.

LES BANQUES SONT LES PLUS AFFECTÉES

Ce resserrement des écarts entre les quatre principaux candidats à l‘Elysée accroît les incertitudes autour du scrutin présidentiel et pèse lundi sur la Bourse de Paris.

Le CAC 40 recule de 0,61% vers 11h00 GMT alors que Londres et Francfort accusent des replis plus limités.

L‘indice parisien est notamment pénalisé par la baisse des valeurs bancaires : Société Générale et BNP Paribas reculent respectivement de 1,8% et 1,6%, accusant les plus forts replis du CAC. Crédit Agricole abandonne 1%.

Selon Yves Maillot, directeur de la gestion actions européennes chez Natixis, les banques figurent parmi les secteurs qui souffriraient le plus en Bourse d‘une victoire de Marine Le Pen à l‘élection présidentielle.

Les échéances électorales prochaines en Europe, et particulièrement en France, pèsent aussi sur l‘euro, qui recule face au dollar à un plus bas d‘un mois, sous 1,0580 dollar.

CITIGROUP PARIE SUR MACRON

La banque d‘investissement américaine Citigroup a annoncé lundi que l‘hypothèse qu‘elle juge la plus probable était désormais celle d‘une victoire d‘Emmanuel Macron, et non plus de François Fillon.

“Nous changeons notre scénario de base pour une victoire de Macron (probabilité de 35%)”, lit-on dans la note de Citi. “Fillon est notre scénario alternatif (30%).”

Citi dit en outre avoir porté à 25% la probabilité d‘une victoire de Marine Le Pen, tout en jugeant ce scénario “assez peu probable”, et avoir noté la progression dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon, dont la probabilité d‘une victoire est désormais estimée à 10%.

Citi souligne qu‘il est difficile de prédire le vainqueur du scrutin à deux semaines du premier tour avec près de 40% d‘électeurs toujours indécis et ajoute qu‘en cas de victoire d‘Emmanuel Macron, il sera difficile au candidat d’“En Marche!” d‘obtenir une majorité parlementaire.

Lazard Frères Gestion estime de son côté que la probabilité du scénario le plus redouté par les marchés, à savoir une victoire de Marine Le Pen, “semble très limitée”.

“Au vu des sondages actuels, Marine Le Pen affrontera au second tour Emmanuel Macron ou, avec une moindre probabilité, François Fillon”, dit l‘intermédiaire dans une note.

“Ces deux candidats sont à peu près sûrs de battre la candidate du Front national. Ce sont donc deux personnes qui affichent leur volonté de réformer la France, certes avec des sensibilités différentes, qui ont le plus de chances de se retrouver à la tête de l‘Etat à l‘issue de ces élections”, poursuit Lazard, qui parle de “scénario central plutôt positif pour les marchés”.

Patrick Vignal et Blandine Hénault, édité par

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