7 avril 2017 / 13:15 / il y a 8 mois

FRANCE 2017 -L'Institut Montaigne chiffre l'impact budgétaire des programmes

PARIS, 7 avril (Reuters) - Emmanuel Macron et François Fillon sont trop optimistes sur les économies qu‘ils promettent, alors que Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon feraient déraper les dépenses publiques pour des montants allant de 100 à plus de 200 milliards d‘euros, estime l‘Institut Montaigne.

Le think-tank libéral publie vendredi une évaluation des projets des cinq principaux candidats à la présidentielle qui fait apparaître des surestimations des économies et des sous-estimations des dépenses annoncées dans les programmes.

Il relève aussi que les scénarios de croissance sur lesquels ils reposent sont légèrement plus élevés que les prévision de la Commission européenne s‘agissant de François Fillon et Emmanuel Macron (PIB à +1,8% en fin de quinquennat) ou n‘ont pas été atteints depuis le début des années 2000 pour les trois autres (2% à 2,5%).

FRANÇOIS FILLON

Le candidat Les Républicains est le plus ambitieux en matière d‘économies. Mais là où il en annonce 100 milliards d‘euros, l‘Institut Montaigne n‘en trouve que les deux tiers “suffisamment documentées à ce stade”.

Il s‘interroge notamment sur la faisabilité du projet de suppression de 500.000 fonctionnaires sur cinq ans et n‘en prend en compte que la moitié dans ses calculs.

Côté nouvelles dépenses, il chiffre celles occasionnées par le programme de François Fillon à 11,9 milliards d‘euros, “auxquels pourraient s’ajouter huit milliards liés à la compensation salariale de l’augmentation du temps de travail dans la fonction publique”.

Les baisses de prélèvements (charges patronales et salariales, impôt sur les sociétés, suppression de l‘ISF) sont estimées par ailleurs à 55,9 milliards d‘euros, alors que la hausse de deux points de la TVA rapportera à l‘Etat 14,5 milliards d‘euros par an.

EMMANUEL MACRON

Seul candidat avec François Fillon à s‘inscrire dans une trajectoire compatible avec les règles européennes, le chef de file d‘En Marche ! prévoit 60 milliards d‘euros d‘économies publiques sur le prochain quinquennat mais l‘Institut Montaigne n‘en retient que 35,5 milliards de suffisamment documentées.

Il exclut notamment les 10 milliards d‘économies attendues des collectivités locales parce que celles-ci disposent d‘une l’autonomie de gestion inscrite dans la Constitution.

Et il minimise la baisse attendue des dépenses de l‘assurance chômage en soulignant qu‘elle repose pour l‘essentiel sur une diminution du chômage et qu‘il ne s‘agit pas d‘une “économie budgétaire pérenne”.

Pour les dépenses nouvelles, les estimations de l‘Institut (16 milliards) sont très proches de celles du programme de l‘ancien ministre de l‘Economie (15 milliards).

MARINE LE PEN

L‘Institut Montaigne chiffre à 102 milliards d‘euros l‘impact, en année pleine, des nouvelles dépenses du programme de la candidate du Front national, dont 35 milliards sur le budget de l‘Etat et 27 milliards liés à l‘abaissement de l‘âge de départ à la retraite.

Face à ce total, les économies projetées sont limitées à 1,6 milliard, bien loin des 12 milliards annoncés. L‘étude évalue notamment un impact “nul ou négatif” sur le quinquennat d‘une sortie de l‘Union européenne.

Les hausses de recettes atteindraient dans le même temps 20 milliards d‘euros, provenant pour l‘essentiel d‘une taxe sur les importations, sous réserve que des mesures de rétorsion ne soient pas prises contre les produits français à l‘étranger.

BENOÎT HAMON

Les nouvelles dépenses prévues par le candidat socialiste s‘élèveraient à près de 104 milliards d‘euros par an, soit plus que les 71 milliards annoncés dans son programme.

Sur ce total, 39 milliards proviendraient du seul projet de revenu universel et 10,1 milliards du relèvement à 50% de la part de renouvelable dans le “mix énergétique” à l‘horizon 2018, un montant qui n‘intègre pas une hausse potentielle des prix de l’énergie.

Les économies projetées sont évaluées à 2,5 milliards d‘euros et la hausse des recettes à 21,6 milliards annuellement, dont près de la moitié (10 milliards) sous forme d‘une réallocation de 50% du crédit d‘impôt compétitivité emploi, qui servira à financer le revenu universel.

L‘Institut Montaigne ne retient pas le projet de taxe sur les robots dans son évaluation car ses modalités de calcul ne sont pas précisées et qu‘elle ne s‘appliquerait pas aux entreprises dont les effectifs augmentent.

JEAN-LUC MÉLENCHON

Le programme du chef de file de La France Insoumise accroîtrait les dépenses publiques de 208 milliards d‘euros par an après montée en charge, dont 132 milliards liés à l‘abaissement de l‘âge de la retraite, à la hausse des minima sociaux et du smic.

“Ce niveau pourrait être sous-estimé par rapport au montant réel, en raison de mesures de dépenses non chiffrées à ce stade et de certaines qui pourraient augmenter significativement par la suite, par exemple le droit à se faire embaucher par l’administration en cas de chômage de longue durée”, avertit l‘Institut Montaigne.

Les économies programmées, qui intègrent la fin des subventions à l‘école privée, seraient limitées à huit milliards d‘euros, et les pertes de recettes à sept milliards.

Mais les hausses d‘impôts sont estimées dans le même temps à 85,5 milliards, dont 34,5 milliards pour l‘impôt sur le revenu et 51 milliards sur les entreprises et le secteur financier grâce à la suppression du CICE et du Pacte de responsabilité et l‘alourdissement de la taxe sur les transactions financières.

L'étude de l'Institut Montaigne here

Yann Le Guernigou, édité par Jean-Baptiste Vey

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