24 février 2017 / 11:22 / il y a 6 mois

FRANCE 2017-Macron veut associer vertu budgétaire et investissement public

* Macron envisage de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires

* Il prévoit 20 milliards nets de baisse des prélèvements

* Il table sur une croissance modérée pendant le quinquennat

PARIS, 24 février (Reuters) - Emmanuel Macron promet d'associer vertu budgétaire et promotion d'un "nouveau modèle de croissance", économies de dépenses et plan d'investissements publics dans le projet économique dont il a exposé les grandes lignes vendredi aux Echos et à BFM TV.

L'ancien ministre de l'Economie de François Hollande fait de la lutte contre le chômage de masse sa priorité et juge possible d'en ramener le taux de 10% à 7% en fin de quinquennat.

Il plaide pour une relance économique européenne et plus d'intégration de la zone euro, avec un "vrai budget (...) piloté par un ministre de l'Economie et des Finances".

Mais il estime que la France doit prouver à l'Allemagne, dans les six premiers mois du quinquennat, qu'elle est un "partenaire de confiance" : "Si nous n'avons pas une politique courageuse de réformes sur le plan structurel, les Allemands ne nous suivront pas", explique-t-il dans les Echos.

Il prévoit de réduire de trois points la part des dépenses publiques dans le PIB, soit 60 milliards d'économies par rapport à leur croissance spontanée, sur la durée du quinquennat, notamment en supprimant 120.000 postes de fonctionnaires.

Compte tenu de prévisions de croissance "prudentes" et d'un déficit public à 2,9% du PIB en 2017, il précise qu'il n'y aura "ni cadeau, ni rigueur supplémentaire" cet été s'il est élu.

Les 50 milliards d'euros d'investissement publics qu'il s'engage à faire ne commenceront donc à être mis en oeuvre qu'à partir de 2018, de même que l'exonération de taxe d'habitation pour 80% des ménages (10 milliards d'euros).

CADRAGE MACRO-ÉCONOMIQUE ET TRAJECTOIRE BUDGÉTAIRE

- respect du critère européen limitant à 3% du PIB les déficits publics, avec une réduction progressive à 2,9% ou 3% en 2017 et 2,8% en 2018 à 1,0% en 2022 et un solde structurel ramené à -0,5% en fin de quinquennat ;

- réduction de la dette publique à 93,2% du PIB en 2022 ;

- prévision de croissance : de 1,4% en 2017 à 1,8% en 2022 ;

- réduction de trois points de la part des dépenses publiques dans le PIB en cinq ans, à 52%, soit 60 milliards d'euros d'économies par rapport à leur croissance spontanée.

Ces économies seront réparties entre assurance-maladie (15 milliards d'euros, avec une progression des dépenses maintenue à 2,3% par an), assurance-chômage (10 milliards), collectivités locales (10 milliards) et Etat (25 milliards).

En revanche, pas de mesures d'économies prévues sur la politique familiale ou les retraites (ni allongement de l'âge de départ, ni baisse des pensions).

Concernant les retraites, Emmanuel Macron dit vouloir engager "une réforme beaucoup plus ambitieuse, qui prendra plusieurs années, de simplification, de plus grande transparence et d'égalité de nos régimes de retraite".

FONCTIONNAIRES

Il juge possible de ne pas renouveler 120.000 postes de fonctionnaires sur cinq ans, dont 50.000 pour l'Etat et 70.000 dans les collectivités locales, avec lesquelles Emmanuel Macron veut conclure un "pacte quinquennal" à l'automne 2017, écartant à ce stade une réduction autoritaire de leurs dotations.

Ces collectivités pourront recourir plus largement à des recrutements de droit privé, devront "respecter la durée annuelle légale du temps de travail" (1.607 heures) mais n'auront plus à suivre l'évolution des rémunérations décidées par l'Etat.

Selon un document remis à la presse, Emmanuel Macron souhaite en revanche revenir sur la suppression du jour de carence dans la fonction publique, suppression qui n'a pas fait baisser durablement, selon lui, l'absentéisme.

CONTRÔLE ET GOUVERNANCE

- loi de programmation quinquennale des finances publiques et, pour les ministères, "budget ferme pour deux ans" ;

- Emmanuel Macron assure qu'il ne gardera pas les ministres qui ne mettront pas en oeuvre les économies décidées ;

- les ministres pourront choisir librement les moyens d'atteindre les cibles assignées et une partie des gains sera reversée aux ministères à mesure que les réformes engendreront des économies ;

- le ministre des Finances rendra compte chaque trimestre au Parlement de la situation budgétaire.

PLAN QUINQUENNAL D'INVESTISSEMENTS PUBLICS

Cinquante milliards d'euros d'investissements publics en cinq ans à partir de 2018, dont :

- 15 milliards pour former et qualifier un million de jeunes peu qualifiés et autant de demandeurs d'emploi ;

- 15 milliards pour la transition écologique et énergétique, dont trois milliards pour l'élimination des véhicules les plus polluants grâce à une prime à la casse de 1.000 euros ;

- le reste ira à la numérisation de l'administration (cinq milliards), l'agriculture (idem), aux transports et équipements collectifs locaux (idem), à la numérisation et la réorganisation du secteur de la santé (idem).

"Financé par des taux d'intérêts très bas, notre plan d'investissement permettra de réduire nos dépenses avant la fin du quinquennat et de soutenir notre croissance potentielle. C'est cela qui améliorera la soutenabilité de notre dette", estime Emmanuel Macron.

Selon les économistes qui ont participé à l'élaboration de son projet, la rénovation de 50 millions de m2 de bâtiments publics en cinq ans pour cinq milliards d'euros permettra ainsi de réduire les factures d'énergie de 500 millions par an.

FISCALITÉ ET POUVOIR D'ACHAT

- objectif : baisse nette des prélèvements obligatoires de 20 milliards d'euros sur le quinquennat, répartie "équitablement entre ménages et entreprises" (de 44,5% à 43,6%) ;

- réduction d'impôt d'environ 10 milliards d'euros pour les classes populaires et moyennes sous la forme d'une exonération de taxe d'habitation pour 80% des ménages ;

- transformation du crédit d'impôt compétitivité emploi en allègement pérenne de charges en 2018 et suppression des dernières charges patronales au niveau du smic ;

- réduction à 25%, sur le quinquennat, de l'impôt sur les sociétés ;

- transfert sur la contribution sociale généralisée des cotisations salariales maladie et chômage, l'Etat reprenant en main le pilotage de l'assurance-chômage ;

- "Toute hausse de TVA est exclue", assure le candidat ;

- création d'un prélèvement forfaitaire unique de l'ordre de 30%, prélèvements sociaux inclus, pour tous les revenus du capital (intérêts, dividendes, loyers, plus-values, etc.) ;

- impôt de solidarité sur la fortune recentré sur la seule partie immobilière du patrimoine, tout en maintenant le barème actuel, soit un manque à gagner de deux milliards pour l'Etat ;

- alignement progressif de la fiscalité du diesel sur l'essence et montée en charge de la taxe carbone. (Emmanuel Jarry, édité par Elizabeth Pineau)

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