24 février 2017 / 08:26 / dans 10 mois

Safran prêt à discuter de l'A400M, pas à payer des pénalités

PARIS, 24 février (Reuters) - Safran s‘est dit vendredi prêt à discuter de modifications du contrat du moteur de l‘avion de transport militaire A400M d‘Airbus, sans pour autant supporter les pénalités dues par le constructeur en raison des retards de livraisons aux pays clients.

Airbus a demandé une réunion ministérielle européenne pour évoquer les derniers déboires de l‘A400M, affirmant que sa propre viabilité était en jeu en raison des pertes accumulées par ce programme de 20 milliards d‘euros, le plus important en cours dans le secteur européen de la défense.

“Il faudra bien entendu, si nous acceptions de discuter de ce contrat que, globalement pour nous, les risques et opportunités de ce contrat restent au minimum au même niveau”, a déclaré le directeur général de Safran Philippe Petitcolin à des journalistes à l‘occasion des résultats annuels de son groupe.

“On ne peut pas payer les pénalités des autres alors que notre contrat ne le prévoit pas. Il n‘en est pas question, mais on respectera le contrat”, a-t-il ajouté.

Safran fait partie d‘un consortium de motoristes constitué du britannique Rolls-Royce, de l‘allemand MTU Aero Engines et de l‘espagnol ITP.

“Si, pour le futur, on nous propose des conditions différentes qui peuvent être plus incitatives pour tout le monde, on les regardera avec beaucoup d‘attention et on décidera collectivement”, a également indiqué Philippe Petitcolin.

La réparation intermédiaire de la boîte de transmission réalisée par l‘italien Avio, désormais propriété de General Electric, fonctionne et le développement vers une solution définitive avance, a-t-il ajouté.

Les déboires de l‘A400M ont plombé les comptes d‘Airbus en 2016 qui a affiché ses résultats annuels supérieurs aux attentes grâce notamment aux performances de ses avions civils A320 et A350.

Airbus n‘aurait jamais dû porter la responsabilité des problèmes de maturité du moteur en 2003 lors de la commande de l‘A400M par sept pays de l‘Otan, dont la France, a noté mercredi le président exécutif Tom Enders, y voyant une situation inédite dans le secteur de la défense.

Le groupe, qui a dit ne pas anticiper à ce stade de nouvelle charge pour l‘A400M en 2017, compte livrer cette année plus de 20 unités de l‘avion, après seulement 17 en 2016, soit moins que prévu.

Près de sept ans après un renflouement massif du programme, Airbus doit de nouveau négocier avec les Etats clients pour les rassurer sur le calendrier de livraisons et les capacités militaires réelles de l‘avion.

La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, avait fait savoir la semaine dernière qu‘elle avait dû prendre un vol de remplacement pour rentrer de Lituanie après l‘immobilisation de son A400M flambant neuf. (Cyril Altmeyer et Tim Hepher, édité par Jean-Michel Bélot)

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