15 février 2017 / 12:03 / il y a 6 mois

RPT-Les embauches de traders en panne malgré le boom des marchés

(Répétitions mastics)

par Jamie McGeever et Anjuli Davies

LONDRES, 15 février (Reuters) - Un calendrier politique chargé en Europe après l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et le vote britannique en faveur du Brexit ont ranimé l'activité sur les marchés financiers mais les grandes banques d'investissement restent très frileuses sur l'embauche de traders.

HSBC, la plus grande banque européenne, a commencé le mois dernier à supprimer une centaine de postes de banquiers d'affaires dans le monde, selon des sources au fait du dossier.

Deutsche Bank va supprimer près d'un cinquième de ses effectifs dans le trading actions et réduire les salaires et les bonus dans le cadre de son plan de réduction de coûts.

Même les géants de Wall Street se montrent prudents, ne sachant trop si le boom actuel va durer et préférant accroître les bonus des équipes en place plutôt que d'augmenter les effectifs.

"Il n'y a aucune frénésie d'embauche. Le secteur bancaire est sceptique au mieux la plupart du temps, et tout cela ne pourrait être qu'une bulle", a dit Jason Kennedy, dirigeant du cabinet de recrutement éponyme à Londres.

"Les directions ne savent pas si ce boom est sérieux ou non. S'il s'agit d'une bulle ou pas. La dernière chose qu'elles sont prêtes à faire c'est de passer à la vitesse supérieure pour s'apercevoir qu'il n'y a rien derrière."

Les cinq plus grandes banques d'investissement américaines ont dégagé 10,5 milliards d'euros de revenus dans leurs activités de trading sur les taux, le change et les matières premières au quatrième trimestre après 14,1 milliards sur les trois mois précédents.

Au total, sur le second semestre de l'année dernière leurs revenus dans ces activités sont ressortis en hausse de 37% par rapport à la même période de 2015.

Seules quatre des plus grandes banques d'investissement européennes - Credit Suisse, Deutsche Bank, Société Générale et BNP Paribas - ont publié à ce stade leurs résultats du quatrième trimestre. Les revenus de leurs activités de trading taux-change-matières premières sont aussi en hausse mais dans de moindres proportions et la performance de leurs activités de trading actions a été irrégulière.

Graphique sur les revenus de trading des grandes banques : reut.rs/2kp0D9g

LOURD TRIBUT EN EUROPE

La grande époque des salles de trading grandes comme des terrains de football réunissant des centaines de traders est bien loin.

Les effectifs des activités de front-office - vente, trading et recherche - en taux, change et matières premières dans les 12 plus grandes banques d'investissement mondiales sont tombés à 17.479 l'année dernière contre 18.755 un an plus tôt, soit une baisse de 7% en un an, portant le recul à près de 25% depuis 2012, selon le cabinet de consultants spécialisés Coalition.

Les banques européennes ont payé un plus lourd tribut avec une chute de 30% de leurs effectifs depuis 2012, près de deux fois plus que chez leurs homologues américaines.

Pour George Kuznetsov, responsable de la recherche et de l'analyse de Coalition, les banques sont à la peine pour atteindre leurs objectifs de rendement sur fonds propres dans les activités de trading sur les taux, le change et les matières premières. S'il s'attend à une hausse de 4% à 5% des revenus de ces activités cette année, il estime que les banques continueront à contrôler leurs coûts partout où elles pourront le faire.

De plus, rien ne dit que des événements comme le Brexit ou l'élection de Trump, qui ont généré une forte volatilité et un regain d'activité sur les marchés, se produiront cette année.

"En conséquence, nous pensons que les effectifs resteront assez stables cette année par rapport à 2016. Nous n'anticipons pas d'augmentation significative", a dit George Kuznetsov.

Les perspectives pourraient être un plus favorables pour les banques européennes. Après des années de réductions drastiques des coûts, de contractions de certaines activités voire de retrait total de certains segments de marché, l'écart entre banques européennes et banques américaines pourrait cesser de s'élargir.

"Il y a un moment où les réductions de coûts ne sont plus possibles si l'on souhaite rester présent dans certaines activités. En dehors d'un cas particulier ou deux, l'essentiel des choix stratégiques et de la restructuration des activités taux-change-matières premières a sans doute été fait", estime George Kuznetsov.

Un dirigeant des activités de trading actions d'une grande banque d'investissement américaine a dit que tous ses recrutements ont été faits il y a trois ans et que si des investissements continuent d'être réalisés, ils concernent la technologie et la plate-forme de négociation en ligne. Il n'effectuera de recrutements cette année que de "manière opportuniste".

Le responsable des activités de trading de taux d'une autre grande banque d'investissement américaine a dit que l'automatisation des transactions continue de progresser et qu'elle a affecté un cinquième des effectifs de sa division.

Les banques continuent aussi de jouer le rajeunissement de leurs équipes avec le remplacement de traders expérimentés et plus coûteux par des recrues plus jeunes, fraîchement diplômées et moins chères. (Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)

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