14 février 2017 / 12:25 / dans 7 mois

Paris, Berlin et Rome veulent plus de contrôle des investissements

* Une démarche commune auprès de la commissaire à la Concurrence

* Ils veulent aussi de la réciprocité sur les marchés publics

* Les ambitions chinoises inquiètent en Allemagne

PARIS, 14 février (Reuters) - La France, l‘Allemagne et l‘Italie veulent que l‘Union européenne restreigne les investissements étrangers dans les entreprises détenant des technologies clés, en les soumettant notamment à des règles de réciprocité, a-t-on appris mardi.

Dans une lettre commune adressée à la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström, les ministres de l‘Economie des trois pays souhaitent en outre que l‘ouverture des marchés publics européens à des entreprises étrangères soit conditionnée à des règles similaires de réciprocité.

“Ces dernières années, des investisseurs non européens ont pris le contrôle d‘un nombre croissant d‘entreprises européennes détenant des technologies clés pour des raisons stratégiques”, lit-on dans cette lettre dont Reuters à obtenu une copie.

“Dans le même temps, les investisseurs européens ne bénéficient pas des mêmes droits dans les pays d‘origine respectifs de ces investisseurs non-européens”, ajoutent les ministres.

Ils s‘inquiètent dans leur courrier de “l‘absence d‘instruments efficaces” pour faire face à ce “manque de réciprocité” et au risque de “bradage de l‘expertise européenne”.

“La même préoccupation prévaut en matière de marchés publics, les entreprises européennes éprouvant toujours de grandes difficultés à bénéficier d‘un accès équitable dans un certain nombre de pays alors que le marché européen est ouvert à la concurrence”, indiquent encore les ministres.

Ils soumettent à la commissaire à la Concurrence plusieurs propositions, dont l‘instauration d‘un principe de réciprocité pour autoriser les investissements étrangers dans l‘Union quand il s‘agit d‘investisseurs provenant de pays dont l‘accès aux marchés est limité, nécessitant des partenaires locaux, voire interdit dans certains secteurs.

INQUIÉTUDES EN ALLEMAGNE

Les trois pays estiment encore qu‘une intervention se justifierait quand les investissements étrangers envisagés relèveraient d‘une politique d‘Etat ou seraient facilités par des aides publiques.

Cette démarche intervient sur fond d‘inquiétudes de l‘Allemagne face à l‘appétit des investisseurs chinois pour ses sociétés technologiques.

Berlin a ainsi bloqué coup sur coup à l‘automne les projets de rachat de la filiale de la société d‘éclairage Osram et de l‘équipementier des semi-conducteurs Aixtron par des sociétés chinoises après avoir laissé filer le constructeur de robots industriels Kuka, racheté par le chinois Midea.

La France défend de longue date la nécessité de mieux contrôler les investissements étrangers alors que la réglementation européenne limite les pouvoirs d‘intervention des Etats à des impératifs de sécurité et défense nationale.

Lors de son passage au ministère de l‘Economie, Arnaud Montebourg a élargi en 2014 leur champs aux secteurs de l‘eau, de la santé, de l‘énergie, des transports et des télécommunications.

Outre la montée des ambitions chinoises, l‘arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, avocat d‘une politique très protectionniste lors de sa campagne électorale, a contribué à accélérer les réflexions en cours en Europe, reconnaît-on de source proche de Bercy.

“L‘Union européenne doit repenser certaines choses face aux Etats-Unis si effectivement ils quittent progressivement le multilatéralisme. Il nous faudra des outils pour peser”, déclare-t-on de même source. (Yann Le Guernigou et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse)

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