28 novembre 2016 / 15:22 / il y a un an

Banques-La BRI plaide pour une approche stricte sur Bâle III

par Huw Jones

LONDRES, 28 novembre (Reuters) - Les régulateurs bancaires internationaux doivent mener à bien les travaux en cours sur les nouvelles règles en matière de fonds propres sans les édulcorer, sinon il sera plus difficile de tourner la page de la crise financière, a prévenu lundi un responsable de la Banque des règlements internationaux (BRI).

Claudio Borio, qui dirige le département économique et monétaire de l‘institution financière internationale, a aussi rappelé que les bilans d‘un certain nombre de banques n‘avaient pas été complètement assainis près de dix ans après l‘éclatement de la crise financière de 2008.

Celle-ci a conduit à la mise en oeuvre par les responsables internationaux réunis au sein du G20 de règles de capitalisation plus contraignantes pour les banques, connues sous le nom de règles de Bâle III, que les régulateurs doivent finaliser lundi et mardi au cours d‘une réunion au Chili.

Les derniers éléments qui doivent parachever l‘édifice de Bâle III suscitent une vive opposition des responsables de l‘Union européenne, qui craignent qu‘ils n‘aboutissent à une augmentation des exigences de fonds propres pour les banques européennes et pénalisent la distribution de crédit.

“Pour ce qui les concerne, les autorités prudentielles devraient mener à bien les réformes financières sans délai, en particulier Bâle III”, a dit Claudio Borio lundi à l‘occasion d‘une réunion de l‘Autorité bancaire européenne (ABE), l‘autorité de régulation prudentielle des banques de l‘Union européenne.

“Et dans ce processus, elles ne devraient pas céder aux pressions pour édulcorer les règles et devraient redoubler d‘effort pour assainir les bilans.”

Des travaux de recherche de la BRI ont montré que la croissance des prêts bancaires était d‘autant plus élevée que les banques étaient mieux capitalisées, a-t-il ajouté.

En dépit de cet appel, les propositions initiales soumises par le comité de Bâle risquent d‘être assouplies après des tests d‘évaluation montrant qu‘elles se traduiraient par d‘importantes hausses de fonds propres pour certaines banques.

Le gouverneur de la Banque d‘Angleterre, Mark Carney, qui préside aussi le Conseil de stabilité financière, au sein duquel le comité de Bâle est représenté, et l‘ABE s‘attendent à ce que les dernières propositions de Bâle soit sensiblement assouplies, au moins pour certaines d‘entre elles.

Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission en charge du secteur des services financiers, a menacé de boycotter les nouvelles règles au sein de l‘UE si elles devaient entraîner une hausse significative des exigences de fonds propres.

Il s‘est toutefois montré plus conciliant lundi en déclarant que l‘UE abordait les discussions au Chili avec la volonté de parvenir à une “solution équilibrée”.

Julie Dickson, une responsable de la supervision bancaire au sein de la Banque centrale européenne a souligné de son côté que le Comité de Bâle avait la réputation de parvenir à des accords et s‘est dit confiante dans une issue favorable cette fois encore.

“Tout le monde reconnaît l‘importance de règles internationales”, a-t-elle dit. (avec Marilyn Haigh à Bruxelles et Andreas Kroener à Francfort, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below