28 novembre 2016 / 11:47 / il y a 9 mois

Renzi pressé de rester aux affaires en cas d'échec de sa réforme

par Crispian Balmer

ROME, 28 novembre (Reuters) - Quand Barack Obama, qui quittera la Maison blanche le 20 janvier, est venu faire ses adieux à plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement européens, le 18 novembre à Berlin, Matteo Renzi lui a déclaré que son mandat pourrait très bien s'achever avant le sien.

Le président du Conseil italien âgé de 41 ans a promis de démissionner en cas de rejet de son projet de réforme constitutionnelle, lors du référendum du 4 décembre, or le "non" est donné largement gagnant.

"Je n'ai pas l'intention de m'éterniser", a-t-il déclaré lors de l'entrevue avec le président américain sortant, dit-on de source diplomatique. Certains le pressent toutefois de rester aux affaires quelle que soit l'issue du scrutin, notamment pour éviter une nouvelle crise bancaire.

Parmi eux figurent Barack Obama lui-même, qui a lui a conseillé en octobre de "rester un moment quoi qu'il arrive". Plusieurs dirigeants d'entreprises et membres du gouvernement se sont également exprimés en ce sens.

"Mon opinion personnelle est que Renzi doit rester. Ce qui doit être considéré (...), c'est l'intérêt du pays", a ainsi déclaré vendredi son ministre de l'Industrie, Carlo Calenda.

Trois membres de la majorité ayant des contacts réguliers avec le chef du gouvernement assurent néanmoins qu'il tiendra parole et démissionnera sans délais en cas de victoire du "non".

Le président Sergio Mattarella pourrait en appeler à son sens des responsabilités et l'inviter à solliciter à nouveau la confiance du Parlement, mais sa réponse dépendra probablement de l'ampleur de la défaite, selon l'un de ses conseillers ayant requis l'anonymat.

BILAN MITIGÉ

"Il est jeune et impulsif. Si le résultat est désastreux, il peut très bien s'arrêter là et faire autre chose de sa vie", a-t-il pronostiqué.

Le texte qui sera mis aux voix dimanche propose notamment de limiter les pouvoirs législatifs du Sénat en lui retirant celui de renverser l'exécutif. Matteo Renzi le juge indispensable pour mettre fin à une instabilité chronique. Depuis 1948, l'Italie a connu 63 gouvernements.

Les milieux d'affaires, favorables à la réforme, se sont faits discrets pendant la campagne, de peur de stimuler le vote contestataire, mais ils craignent une nouvelle paralysie de l'appareil politique à un moment critique.

Monte dei Paschi di Siena, troisième banque italienne, doit lever cinq milliards d'euros début décembre pour assurer sa survie, or les investisseurs ne semblent pas très enthousiastes, ce qui pourrait contraindre l'Etat à intervenir.

Aucun sondage ne peut être publié pendant les deux semaines qui précèdent le scrutin, mais les 40 derniers annoncent tous la victoire du "non" avec une marge allant jusqu'à 11%.

De sources proches du Parti démocrate, dont Renzi est issu, on assure toutefois que cette marge se situe désormais aux alentours de 5% et que les indécis représentent encore un quart de l'électorat, ce qui laisse un espoir aux partisans de la réforme.

Au départ, 70% de l'électorat y était favorable, mais la tendance s'est inversée fin 2015, lorsque le président du Conseil a lié son sort à celui du scrutin, devenu un référendum sur son maintien aux affaires.

En dépit des nombreuses réformes qu'il a entreprises depuis deux ans demi, l'Italie reste en queue du peloton européen en terme de croissance économique, le chômage dépasse 11% de la population active et les salaires stagnent. (Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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