23 novembre 2016 / 13:37 / il y a 9 mois

LEAD 1-La BCE envisage de prêter davantage d'obligations-sources

(Actualisé avec commentaire de la BCE au 11e §)

par Francesco Canepa

FRANCFORT, 23 novembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) étudie les moyens d'augmenter ses prêts d'obligations souveraines pour éviter un gel du marché des financements à court terme, estimé à 5.500 milliards d'euros, a-t-on appris de plusieurs sources au sein de l'Eurosystème.

La BCE a acheté pour plus de 1.000 milliards d'euros d'obligations émises par des pays de la zone euro dans le cadre de sa politique d'assouplissement quantitatif (QE), qui vise à favoriser l'activité économique et la remontée de l'inflation.

La majeure partie de ces titres reste pour l'instant dans son bilan, avec pour conséquence une raréfaction d'un ingrédient clé des opérations de "repo", ou pension livrée, interbancaires, dans lesquelles des institutions financières procèdent pour une période donnée à un échange de liquidités contre des titres, ces derniers étant généralement des obligations d'Etat bien notées.

Les opérations de "repo" sont utilisées entre autres par des fonds d'investissement pour financer leurs opérations de trading et la BCE les considère comme l'un des principaux canaux de transmission de sa politique de soutien à l'économie.

Un gel du marché des "repo" risquerait donc de nuire à l'efficacité de la politique monétaire en freinant les prêts entre institutions financières et en exposant les marchés obligataires à des mouvements brusques.

Pour prévenir de tels risques, la BCE veut faciliter l'emprunt par les banques des obligations qu'elle détient afin que ces titres puissent être utilisés comme collatéral pour des prêts repo, ont dit les sources.

LE SUJET SERA AU MENU DE LA RÉUNION DU 8 DÉCEMBRE

Les changements à l'étude incluent la réduction du coût de ces opérations de prêt en cas de retard dans la restitution des titres empruntés, l'acceptation de nouveaux collatéraux et l'extension de la durée des prêts.

"Si la liquidité se tarit, il y aura davantage de défauts et les banques seront plus prudentes en matière d'animation du marché", a dit l'une des sources.

Les sources ont précisé que le sujet serait débattu lors de la réunion de politique monétaire du 8 décembre, lors de laquelle le Conseil des gouverneurs doit décider d'une éventuelle prolongation des achats d'obligations au-delà de mars.

Les décisions sur les prêts d'obligations dépendront des choix faits sur le QE mais elles pourraient n'être adoptées qu'après la réunion de décembre.

"Le prêt d'obligations est particulièrement utile au bon fonctionnement du marché et il est examiné en permanence", a déclaré un porte-parole de la BCE.

La Bundesbank allemande a refusé de s'exprimer sur le sujet.

C'est en Allemagne, le seul grand pays de la zone euro noté "triple A" par les grandes agences, que le risque de raréfaction est le plus élevé puisque la BCE détient plus d'un quart de l'encours global d'obligations émises par Berlin, ce qui oblige les fonds à payer jusqu'à 1,5% pour emprunter une obligation à dix ans, contre environ 0,4% il y a un an, selon les données Icap.

Mais une éventuelle décision du Conseil des gouverneurs de la BCE devrait être mise en oeuvre par les banques centrales nationales, qui détiennent la majeure partie des titres acquis dans le cadre du QE, ce qui pourrait conduire certaines à s'opposer à des mesures trop radicales, estiment certaines sources.

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below