16 novembre 2016 / 16:52 / il y a 9 mois

GRAPHES-Dettes-France, Italie, Irlande, victimes de l'effet Trump

* Ecartement des spreads souverains depuis la victoire de Trump

* bit.ly/2fVEEBl et bit.ly/2gh1ZAu

* Des facteurs politiques en Italie, France et Autriche

* Le risque d'une moindre attractivité fiscale pénalise Dublin

16 novembre (Reuters) - La victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine a accentué la discrimination par les investisseurs des dettes souveraines de la zone euro, l'Italie, la France et l'Autriche mais aussi l'Irlande apparaissant pour l'instant comme les principales perdantes de cette nouvelle donne.

Les anticipations d'une accélération de l'inflation alimentée par la politique budgétaire expansionniste promise par Donald Trump au cours de sa campagne ont provoqué un large mouvement de hausse des rendements obligataires à travers le monde.

Au sein de la zone euro, ce mouvement s'est accompagné d'un élargissement des écarts de rendement à long terme sur la dette souveraine de certains pays par rapport à celle de l'Allemagne, considéré comme le pays le plus solvable de la zone, pour des motifs toutefois différents.

L'élection de Donad Trump a remis au centre des préoccupations des investisseurs les risques d'une vague populiste qui pourrait fragiliser la zone euro.

Les pays confrontés à des échéances électorales prochaines et caractérisés par une montée du populisme ont ainsi connu un élargissement plus marqué de leur écart de rendement (spread) souverain par rapport à l'Allemagne que d'autres.

C'est notamment le cas de l'Italie où l'état de l'opinion publique que dessinent les instituts de sondage est de nature à inquiéter le président du Conseil, Matteo Renzi, qui a lié son avenir politique au référendum constitutionnel du 4 décembre.

Le spread souverain de l'Italie, qui évoluait jusqu'à la mi-juillet à des niveaux comparables à celui de l'Espagne n'a cessé depuis de s'en écarter et le mouvement s'est encore accentué après le résultat de l'élection présidentielle américaine.

Graphique sur l'évolution des spreads de l'Italie et de l'Espagne depuis le début de l'année : bit.ly/2fVEEBl

Le spread de la France, où la campagne pour l'élection présidentielle de 2017 a déjà commencé, est passé au-dessus de celui de la Belgique alors qu'ils étaient à des niveaux comparables depuis le début de l'année.

Alors que les instituts de sondage créditent la présidente de Front National, Marine Le Pen, d'une présence au second tour de l'élection présidentielle dans tous les cas de figure qu'ils ont testés jusqu'à présent, le spread de la France a par ailleurs dépassé les niveaux qu'il avait atteint après le vote britannique en faveur d'une sortie du Royaume-uni de l'Union européenne, le 23 juin dernier.

Le spread sur la dette souveraine autrichienne s'est aussi sensiblement élargi depuis la victoire remportée par Trump aux Etats-Unis.

En Autriche, l'ancien dirigeant écologiste autrichien Alexander Van der Bellen, qui se présente à l'élection présidentielle sous l'étiquette d'indépendant, est opposé au chef du parti d'extrême droite FPÖ (Parti de la liberté) Norbert Hofer le 4 décembre pour un nouveau second tour de scrutin. Le précédent, remporté de justesse par Van der Bellen, a été annulé pour irrégularités.

Graphique sur l'évolution des spreads des "pays coeur" et de l'Irlande depuis le début de l'année: bit.ly/2gh1ZAu

L'évolution de la hiérarchie des spreads peut toutefois être en partie perturbée par les achats de dette souveraine de la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre de son programme d'achats d'actifs de 80 milliards d'euros par mois, dont l'impact peut différer en fonction des encours de dette éligible dans les différents pays.

L'Irlande a aussi subi un net écartement de son spread souverain depuis la victoire électorale de Donald Trump, sans toutefois qu'il retrouve les niveaux atteints au moment du vote sur le Brexit, lorsque la forte exposition de l'économie irlandaise à l'économie britannique s'était révélée particulièrement pénalisante.

En l'absence d'échéances électorales prochaines en Irlande, l'effet Trump sur le spread irlandais est sans doute plus économique que politique.

Le régime très favorable de la fiscalité des entreprises en Irlande, déjà sur la sellette depuis que la Commission européenne a demandé à Apple de payer 13 milliards d'euros d'impôts rétractifs à Dublin, est aussi menacé par les promesses de Donald Trump d'une forte baisse de l'impôt sur les sociétés aux Etats-Unis.

"La possible menace en provenance des Etats-Unis et le risque que Dublin puisse perdre sa capacité à offrir de bas taux d'imposition sur les bénéfices des sociétés inquiètent clairement les investisseurs dans la dette irlandaise", a dit Matt Cairns, stratégiste de Rabobank.

Sur le même thème:

GRAPHIC-Ireland, the surprise laggard in Trump-induced debt rout.

avec John Geddie et Alasdair Pal, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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