13 novembre 2016 / 15:32 / dans un an

Le rebond des banques ne fait que commencer à Wall Street

par Sinead Carew

NEW YORK, 13 novembre (Reuters) - Le spectaculaire rebond des banques à Wall Street après l‘élection de Donald Trump à la Maison blanche n‘est peut-être qu‘un avant-goût de ce qui attend le secteur, idéalement positionné selon les investisseurs pour profiter de la remontée des taux d‘intérêt et d‘un allègement de la réglementation pendant la prochaine mandature.

Les taux bas des dernières années et le durcissement de réglementation du secteur avaient fortement pénalisé les valeurs bancaires en limitant la possibilité pour les établissements de faire fructifier leurs réserves de cash.

Depuis quelques jours, les taux remontent et les investisseurs veulent croire que Donald Trump tiendra sa promesse de réduire la portée de la loi Dodd-Frank, le texte qui encadre depuis 2010 le secteur bancaire aux Etats-Unis.

L‘indice S&P-500 du secteur bancaire a bondi de 10,2% sur les trois jours qui ont suivi la victoire électorale du candidat républicain, engrangeant sa meilleure performance en trois séances depuis août 2009.

Entre mercredi et vendredi, Wells Fargo Co a rebondi de 13,6%, JPMorgan Chase & Co de 9,5% Bank of America de 11,9%.

Malgré cette envolée, les titres du secteur “sont encore loin d‘être chers”, assure Peter Kenny, stratège chez Global Markets Advisory Group à New York.

Les actions des banques américaines se paient globalement 11,2 fois leurs résultats estimés. C‘est mieux qu‘en février dernier lorsque leur valorisation était tombée à un multiple de neuf, le plus faible depuis mai 2013, mais c‘est encore loin du pic de 33 fois atteint en mai 2009.

Leur valorisation d‘ensemble a en fait retrouvé un niveau comparable à celui des années 2002-2008, avant le durcissement du cadre législatif.

JANET YELLEN SPÉCIALEMENT ATTENDUE JEUDI

Si les taux continuent de monter et que l‘administration Trump commence à alléger la réglementation, alors “clairement les valorisations pourront augmenter”, dit Kevin Baker, analyste chez Piper Jaffray.

Le site internet de l‘équipe chargée par Donald Trump de préparer la transition (www.greatagain.gov) a d‘ores et déjà mis en ligne des propositions visant à démanteler la loi Dodd-Frank.

Aujourd‘hui, relève l‘analyste de Piper Jaffray, les banques ayant plus de 50 milliards de dollars (46 milliards d‘euros) d‘actifs entrent dans la catégorie des institutions financières dites d‘importance systémique (“too big to fail”), soumises à une réglementation draconienne. Rehausser ce seuil à 250 milliards de dollars permettrait à nombre d‘établissements de bénéficier d‘une flexibilité accrue qui ferait remonter leur valorisation boursière.

Les valorisations des seules banques “too big to fail” (trop grosses pour faire faillite) sont de l‘ordre de 12,5 fois les résultats estimés contre 13 à 15 pour celles qui n‘entrent pas dans cette catégorie, ajoute-t-il.

“Bien sûr, personne ne sait encore très bien quelles décisions seront prises et quel effet cela aura sur les bénéfices, mais je juge cette perspective suffisamment solide pour continuer de surpondérer le secteur”, approuve Ed Keon, directeur général et gérant chez QMA, une société de gestion appartement au groupe Prudential Financial.

L‘évolution des taux longs est aussi bénéfique aux banques. Le rendement des Treasuries à dix ans a atteint jeudi son plus haut niveau depuis dix mois, à 2,15%, la perspective de voir Donald Trump mettre en oeuvre une politique conduisant à creuser les déficits ayant provoqué une remontée brusque des anticipations d‘inflation.

Dans ce contexte, le marché sera spécialement attentif, jeudi prochain à 15h00 GMT, à l‘audition de la présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen devant la commission économique mixte du Congrès.

Le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, a déclaré vendredi que les perspectives de croissance semblaient assez solides pour permettre une remontée progressive des taux d‘intérêt, tout en soulignant que la banque centrale était attentive au mouvement de hausse des coûts d‘emprunt à long terme du Trésor.

La statistique d‘octobre des prix à la consommation, jeudi, pourrait conforter les anticipations de hausse des taux de la Fed dès sa prochaine réunion monétaire en décembre. Les économistes attendent en moyenne des hausses de 0,4% sur le mois et de 1,4% sur un an, avec un taux d‘inflation atteignant les 2,2% hors énergie et alimentation.

Avant cela seront publiées mardi les ventes au détail du même mois, attendues en petite progression de 0,5%. (avec Sumanta Dey à Bangalore, Véronique Tison pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below