10 novembre 2016 / 10:02 / il y a 9 mois

BOURSE-Renault recule, l'affaire diesel entre les mains de la justice

PARIS, 10 novembre (Reuters) - Renault accuse une forte baisse jeudi matin à la Bourse de Paris, la transmission à la justice de l'enquête de la Répression des fraudes sur les émissions d'oxydes d'azote du constructeur faisant craindre de nouveaux surcoûts pour le groupe.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a remis au parquet de Nanterre le résultat de ses investigations sur les dépassements d'émissions de plusieurs véhicules Renault après avoir découvert "des manquements présumés", a annoncé mercredi soir le ministre de l'Economie dans un communiqué.

C'est désormais à la justice qu'il appartiendra, soit de poursuivre la procédure et de décider sous quelle forme, soit de classer l'affaire.

A 11h00, l'action Renault abandonne 3,12% à 73,05 euros, signant l'une des plus fortes baisses du CAC 40 et sous-performant nettement l'indice des valeurs automobiles européennes (-0,12%).

Si l'enquête diligentée à l'automne dernier après l'affaire de trucage des émissions de Volkswagen pour passer les tests concerne une douzaine de constructeurs, seules les conclusions concernant le groupe allemand avaient jusqu'ici atteint la sphère judiciaire..

"Il est difficile de dire aujourd'hui à quoi Renault s'expose vu que, techniquement, il ne semble avoir enfreint aucune règle", commente Barclays Capital dans une note. "Mais ce n'est certainement pas une bonne nouvelle pour le constructeur car cela peut renforcer l'idée que, véhicules électriques mis à part, il va devoir accroître ses dépenses d'investissement et de R&D."

Barclays ne s'attend pas toutefois à ce que l'action perde autant de terrain qu'en janvier, après l'annonce de perquisitions de la DGCCRF sur plusieurs sites du groupe dans le cadre de son enquête. Le titre avait alors perdu jusqu'à 20% en cours de séance.

Le vaste renouvellement de la gamme Renault, conjugué au plan d'amélioration de la performance de ses moteurs diesel annoncé après la découverte de dépassements d'émissions lors des tests sur route de la commission Royal, ont déjà entraîné pour le groupe une hausse des coûts au premier semestre.

En conséquence, les économies permises par le plan de productivité "Monozukuri" n'ont atteint sur la première moitié de l'année que six millions d'euros.

Le groupe au losange a maintenu fin juillet son objectif de 1,8 milliard d'euros de réductions de coûts cumulées sur la période 2014-2016, et attend pour cela des économies de l'ordre de 350 millions d'euros sur l'année en cours.

Mais lors de la présentation, fin octobre, du chiffre d'affaires de Renault au troisième trimestre, les analystes financiers ont été nombreux à interroger la directrice financière sur sa capacité à atteindre cet objectif.

"La hausse des dépenses est due à des investissements que nous faisons pour l'avenir. Mais même si cela constitue une difficulté en terme de Monozukuri, nous avons des opportunités à d'autres niveaux pesant sur les résultats", avait répondu Clotilde Delbos. "Je suis donc à ce jour à l'aise avec le consensus actuel du marché." (Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)

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