10 novembre 2016 / 07:32 / il y a 9 mois

LEAD 2-Siemens veut introduire son unité de santé en Bourse

* Une unité valorisée 15 milliards d'euros

* L'annonce éclipse une prévision prudente

* L'action grimpe (Actualisé avec précisions, contexte)

par Georgina Prodhan

MUNICH, 10 novembre (Reuters) - Siemens a annoncé jeudi vouloir introduire en Bourse son unité de technologies dans le secteur de la santé, valorisée à 15 milliards d'euros, une étape supplémentaire dans la stratégie du conglomérat allemand visant à se concentrer sur l'automatisation et la numérisation industrielles et la technologie énergétique.

Les dirigeants du groupe, dont le président du directoire Joe Kaeser et le directeur financier Ralf Thomas, ont indiqué que Siemens conserverait dans un premier temps une participation majoritaire dans cette unité, qui nécessitera des investissements accrus dans les années à venir. Ils sont toutefois restés flous sur la date et la taille de l'opération.

Avec cette initiative, le groupe allemand s'engage dans une direction différente de celle prise par ses concurrents General Electric et Philips, qui parient sur le secteur de la santé après s'être séparés respectivement de leurs activités dans la finance et dans l'éclairage.

L'annonce de cette introduction en Bourse de Healthineers, la division la plus rentable du conglomérat, a éclipsé la publication de ses résultats trimestriels, marqués par un recul important des commandes au quatrième trimestre de l'exercice fiscal décalé clos fin septembre et des prévisions prudentes pour l'exercice en cours.

L'action prend 4,02% à 108,70 euros à 10h13 GMT à la Bourse de Francfort, l'une des plus fortes hausses de l'indice européen EuroStoxx 50.

"Le jugement est favorisé par l'annonce de l'introduction en Bourse de la division santé", écrivent les analystes d'UBS dans une note, jugeant les bénéfices trimestriels conformes aux attentes, les commandes faibles et la prévision pour 2017 inférieure aux anticipations. Ils maintiennent leur recommandation à "neutre".

BAISSE DES PRISES DE COMMANDES

Siemens, dont les activités vont du ferroviaire à la fabrication de turbines, a procédé au cours des dernières décennies à des introductions en Bourse partielles, à des scissions, à la création de coentreprises ou à des ventes pures et simples de ses filiales à mesure qu'il se désengageait de certaines activités comme les semi-conducteurs, l'éclairage, l'automobile ou les communications.

Il a dit s'attendre à une hausse modeste de 1% à 2% de son chiffre d'affaires au cours de l'exercice fiscal en cours et à ce que les commandes soient plus dynamiques que son chiffre d'affaires si les conditions de marché pour les activités à forte marge et cycle court se stabilisent.

"Les développements géopolitiques actuels nécessitent de notre part une attention particulièrement élevée", a dit Joe Kaeser lors d'une conférence de presse au siège du groupe à Munich. "Nous continuons d'anticiper des vents contraires pour la croissance macroéconomique et le moral des investisseurs sur nos marchés."

Il a toutefois jugé que la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle aux Etats-Unis pourrait avoir des effets bénéfiques pour Siemens malgré sa rhétorique hostile au libre-échange, en raison de ses promesses de dépenses dans les infrastructures.

Siemens réalise un quart de son chiffre d'affaires, soit 22 milliards de dollars (20,2 milliards d'euros), aux Etats-Unis.

"Laissez-lui une chance, attendons de voir ce que nous pouvons faire ensemble et tirons le positif de cela", a dit Joe Kaeser à Bloomberg TV.

Siemens a enregistré au cours du quatrième trimestre de son exercice décalé une hausse de 18% de son bénéfice net, à 1,18 milliard d'euros, conformément aux attentes.

Le bénéfice des activités industrielles est resté stable, à 2,45 milliards de dollars, mais supérieur à l'anticipation moyenne des analystes interrogés par Reuters qui prévoyaient 2,41 milliards d'euros.

Les prises de commandes se sont en revanche contractées de 13% à 20,3 milliards d'euros alors que les analystes attendaient en moyenne 21,4 milliards. Siemens a imputé ce recul à une base de comparaison défavorable avec le même trimestre de 2015. (Patrick Vignal et Bertrand Boucey pour le service français)

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