8 novembre 2016 / 12:27 / il y a 9 mois

La chimie française veut se faire entendre à la présidentielle

PARIS, 8 novembre (Reuters) - L'Union des industries chimiques (UIC) entend profiter des prochaines échéances présidentielle et législatives en France pour plaider l'instauration d'un cadre juridique et réglementaire plus souple afin d'améliorer sa compétitivité et faciliter ses investissements.

C'est dans cet esprit que l'UIC a commandé au cabinet Advancy une analyse stratégique portant sur l'évolution de l'industrie chimique en France à l'horizon 2030, a déclaré mardi son président Pascal Juéry.

Le secteur français, en croissance à fin août 2016 malgré une conjoncture peu porteuse, a des atouts qui ne sont pas pleinement exploités, a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Pour pouvoir "transformer nos atouts qui sont réels", l'UIC a la volonté de mettre l'industrie de la chimie "au coeur des débats présidentiel et législatif", a-t-il ajouté.

Le secteur, second contributeur à la balance commerciale française, emploie 157.000 salariés et pèse 75 milliards d'euros de chiffre d'affaires, généré par 3.200 entreprises. Face aux grands chimistes que sont Arkema ou Solvay, 95% de ces sociétés sont des PME.

"La chimie est tirée par les besoins du marché. Il y a un véritable potentiel lié aux nouvelles technologies dont les matériaux de pointe sont utilisés dans l'automobile et l'aéronautique", a indiqué Pascal Juéry.

Mais, a-t-il poursuivi, ce potentiel "pourrait s'exprimer pleinement si certaines mesures étaient prises".

Selon l'étude du cabinet Advancy, la valeur ajoutée du secteur pourrait passer de 17 milliards d'euros en 2015 à 24 milliards en 2030 et créer 60.000 emplois durables.

Pour y parvenir, il faudrait notamment garantir un accès durable et compétitif aux sources d'énergie, simplifier la réglementation, promouvoir l'attractivité des plates-formes chimiques et favoriser le développement des filières innovantes, a expliqué Pascal Juéry.

Sur les huit premiers mois de l'année, la chimie française a été dopée par le dynamisme de ses spécialités.

La production de cette industrie, la deuxième en Europe derrière l'Allemagne, a ainsi progressé de 1,2% en volume par rapport à la même période de 2015.

Les spécialités (peintures, vernis, adhésifs) inscrivent sur cette période une progression de 6,7% quand la chimie organique, affaiblie par la baisse des prix du pétrole, s'est repliée de 1,5% à fin août.

Sur cette période, la balance commerciale de l'industrie est excédentaire de 5,1 milliards d'euros, ce qui correspond à une contraction de 600 millions d'euros par rapport à la même période de 2015 à cause de ventes moins soutenues, en particulier dans la chimie organique.

Dans ce contexte, l'UIC a confirmé sa perspective d'une hausse de 1% de sa production pour la totalité de l'année 2016 après la progression de 0,9% réalisée en 2015, les spécialités chimiques devant afficher une croissance de 1,5% contre 0,5% pour la chimie organique.

Noëlle Mennella, édité par Dominique Rodriguez

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