26 octobre 2016 / 13:53 / il y a un an

Airbus impatient de faire voler le Super Puma en Grande-Bretagne

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS, 26 octobre (Reuters) - Airbus Group s‘est étonné mercredi du maintien par la Grande-Bretagne de l‘interdiction temporaire de vol de l‘hélicoptère Super Puma alors même que l‘Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) l‘a levée début octobre.

Cette immobilisation des Super Puma avait été décidée début juin après la découverte d‘une usure anormale du métal sur la boîte de transmission d‘un appareil qui s‘est écrasé en Norvège le 29 avril.

“Franchement, il faut qu‘on arrive à comprendre pourquoi ils (la Grande-Bretagne) ne suivent pas l‘EASA. Est-ce une anticipation du Brexit ou est-ce dû à d‘autres évolutions ou influences ?”, a déclaré le directeur financier d‘Airbus Group Harald Wilhelm aux analystes à l‘occasion de la publication des résultats trimestriels du groupe.

Ces déclarations illustrent le malaise croissant de certaines entreprises européennes phares face aux implications de la sortie de la Grande-Bretagne de l‘Union européenne.

Airbus Group et son motoriste Safran ont vu leurs bénéfices reculer le trimestre dernier dans les hélicoptères, tandis qu‘Airbus Helicopters a annoncé mercredi 582 suppressions de postes en France sur la période 2017-2018.

En levant son interdiction le 7 octobre, l‘EASA a exigé, sur les appareils de nouveau autorisés à voler, le remplacement de l‘une des pièces de la boîte de transmission et une inspection quotidienne des hélicoptères, ou toutes les 10 heures de vol.

“Je pense que les acteurs du marché peuvent s‘attendre à ce que si l‘EASA lève (l‘interdiction), cela suffit pour reprendre” les vols, a également estimé Harald Wilhelm.

La chute du Super Puma (H225) en Norvège a tué les 13 personnes qui se trouvaient à bord. Les enquêteurs ont exclu une erreur humaine, déclarant que le crash était dû à un problème technique.

Bon nombre de responsables du secteur s‘attendent à ce que l‘EASA garde ses prérogatives en Grande-Bretagne après le départ du pays de l‘Union européenne, mais il est encore difficile de savoir jusqu‘à quel point.

“Nous respectons totalement le droit du gouvernement britannique à exercer son évaluation individuelle du H225 et nous travaillons avec les autorités pour que l‘interdiction temporaire soit levée dès que possible”, a déclaré un porte-parole d‘Airbus Group.

Dans une déclaration transmise à Reuters, l‘aviation civile britannique a réaffirmé qu‘elle attendait, tout comme son homologue norvégienne, d‘avoir de nouveaux éléments concernant l‘accident avant de prendre une décision. (Edité par Dominique Rodriguez)

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