18 octobre 2016 / 10:07 / il y a 10 mois

GRAPHES-Les espoirs de Yellen sur l'emploi ne cadrent pas avec les données

* Le taux de participation est quasi stable depuis fin 2013

* bit.ly/2eAQdkC

* Forte hausse, inexpliquée, parmi les femmes de 25-34 ans

* bit.ly/2docjRD

* Le nombre des nouveaux entrants sur le marché du travail diminue

* bit.ly/2eM7ztV

18 octobre (Reuters) - La présidente de la Réserve fédérale américaine Janet Yellen continue de plaider pour la poursuite d'une politique monétaire accommodante, estimant qu'elle porte ses fruits en ramenant dans l'emploi des personnes qui en ont été exclues mais les données du marché du travail ne cadrent avec cette vue.

Sans faire référence directement aux taux d'intérêt ou aux préoccupations immédiates de la politique monétaire, Janet Yellen a mis en avant, vendredi, la crainte croissante de la banque centrale de voir l'économie perdre de son potentiel, ce qui nécessiterait des mesures énergiques pour le reconstituer.

Poursuivre des politiques qui réduiraient encore plus le chômage et doperaient la consommation, même au risque d'une poussée de l'inflation, serait susceptible de convaincre les entreprises d'investir, d'étayer la confiance et de ramener dans le marché de l'emploi des personnes qui étaient jusque là sur la touche, a-t-elle dit.

Des propos dans la droite ligne de ses commentaires après la réunion du comité de politique monétaire du mois dernier lorsqu'elle avait cité l'évolution du taux de participation, qui rapporte le nombre d'individus ayant ou recherchant activement un emploi à la population en âge de travailler, comme l'une des justifications du report de la hausse des taux.

"Un marché de l'emploi vigoureux attire des individus qui étaient sortis de la population active pour les ramener dans l'emploi", avait alors souligné Janet Yellen.

La légère remontée du taux de participation constatée dans le rapport sur l'emploi du mois de septembre publié depuis et qui a expliqué l'augmentation du taux de chômage passé de 4,9% à 5% semble conforter ce point de vue.

La hausse du taux de participation est toutefois restée très limitée et, à 62,9% contre 62,8% le mois précédent, il n'est pour l'instant qu'un dixième de point de pourcentage au-dessus de son niveau d'octobre 2013 et demeure quasi-stable depuis plusieurs années en dépit de sa récente volatilité.

Graphique sur l'évolution du taux de participation aux Etats-Unis depuis 2004: bit.ly/2eAQdkC

Par ailleurs, cette hausse du taux de participation s'explique presque intégralement par un bond inexpliqué de celui de la catégorie des femmes âgées de 25 à 34 ans mais ne concerne pas l'ensemble des catégories de la population active comme cela devrait être le cas en cas de forte reprise cyclique de l'emploi, notent les économistes de Barclays dans une note de recherche.

Graphique sur l'évolution du taux de participation pour la catégorie des femmes de 25 à 34 ans : bit.ly/2docjRD

Surtout, ils relèvent que le nombre des nouveaux entrants sur le marché du travail, loin d'augmenter, est en recul.

Le nombre des sortants et des nouveaux entrants sur le marché du travail a augmenté fortement pendant et immédiatement après la récession de 2008-2009, les suppressions de postes entrainant une augmentation des sortants qui ont ensuite, pour certains d'entre eux, retrouvé un emploi, d'où l'augmentation parallèle du nombre de nouveaux entrants.

Graphique sur l'évolution des sortants et des nouveaux entrants sur le marché du travail depuis 2004 :

bit.ly/2eM7ztV

Après plusieurs années de créations de postes soutenues, le nombre de sortants et de nouveaux entrants a commencé à diminuer fortement sur les douze derniers mois, reflétant la forte diminution de la rotation des emplois du fait d'un moins grand nombre de licenciements.

Les inscriptions au chômage lors de la semaine au 8 octobre se sont établies à 246.000, un creux depuis novembre 1973.

Pour les économistes de Barclays, la baisse du taux de participation depuis la crise de 2008-2009 a d'abord une explication structurelle liée au vieillissement de la population, toute hausse cyclique étant en partie compensée par le départ en retraite de salariés âgés.

Elle reflète aussi, selon eux, les sorties de l'emploi des chômeurs de longue durée, qui sont aussi la catégorie pour laquelle la probabilité de retrouver un emploi est la plus faible.

"Bien que nous ayons une certaine sympathie pour la maintien dans l'idéal d'une politique monétaire accommodante afin de ramener dans l'emploi des travailleurs découragés, nous n'avons aucune preuve que cette politique a un effet" concluent les économistes de Barclays.

Sources :

*Higher participation not driven by entrants. Global Economics Weekly. Barclays. 7 octobre 2016.

*US Nonfram payroll in september : Decent report overall. Data Snap. Natixis. 7 octobre 2016

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