17 octobre 2016 / 09:02 / il y a 10 mois

AVANT-PAPIER-La croissance chinoise attendue stable à 6,7% au T3

* Les résultats de l'enquête cpurl://apps.cp./Apps/econ-polls?RIC=CNGDP%3DECI

* Croissance attendue de 6,7% sur un an au T3, comme au T2

* Du mieux attendu dans les statistiques de septembre

* Inquiétudes sur le marché immobilier

par Kevin Yao

PEKIN, 17 octobre (Reuters) - L'économie chinoise devrait avoir enregistré au troisième trimestre une croissance du même ordre que celle des six mois précédents, la hausse des dépenses publiques et le boom de l'immobilier permettant de compenser la faiblesse persistante des exportations.

Cinquante-huit économistes interrogés par Reuters prévoient en moyenne une hausse de 6,7% sur un an du produit intérieur brut (PIB) en juillet-septembre, comme au premier semestre.

La statistique sera publiée mercredi à 02h00 GMT.

La croissance devrait ainsi rester à son plus bas niveau depuis la crise financière, en dépit des efforts du gouvernement pour relancer la deuxième économie mondiale par des dépenses d'infrastructures et un accès facilité au crédit.

Dans ce contexte, les économistes s'inquiètent de voir l'économie de plus en plus tributaire des dépenses publiques tandis que le marché immobilier montre des signes de surchauffe.

Le Premier ministre, Li Keqiang, a affirmé cette semaine que l'économie avait enregistré des performances meilleures qu'attendu au troisième trimestre grâce à un rebond de la production industrielle, des bénéfices des entreprises et de l'investissement.

Il a ajouté que la situation de la dette était "sous contrôle". Ce risque est devenu important en Chine avec un endettement qui représente à présent 250% du PIB.

La Banque des règlements internationaux a récemment mis en garde contre le risque d'une crise bancaire dans les trois ans à venir en raison d'une croissance excessive du crédit.

Par rapport au deuxième trimestre, les économistes interrogés par Reuters ont dit tabler en moyenne sur une croissance de 1,8%, identique à celle des trois mois précédents. Seuls 15 d'entre eux ont toutefois répondu à cette question.

Des chiffres meilleurs que prévu mercredi seraient probablement bien accueillis par les marchés mondiaux, notamment ceux des matières premières, qui ont bénéficié depuis le début de l'année de la hausse des importations chinoises de pétrole et d'autres ressources nécessaires à son secteur de la construction, de nouveau en plein essor.

A l'inverse, une statistique inférieure aux attentes ferait craindre une augmentation des sorties de capitaux et augmenterait la pression sur le yuan, tombé récemment à son plus bas niveau depuis six ans.

Elle pourrait aussi dissuader Pékin de poursuivre sur la voie de réformes politiquement sensibles visant à réduire les surcapacités industrielles et les niveaux d'endettement.

CORRECTION DANS L'IMMOBILIER

Avant même les inquiétudes sur la dette, les économistes conviennent que le risque le plus important à court terme est celui d'une correction du marché immobilier, qui représente environ 15% du produit intérieur brut.

Plus d'une dizaine de villes ont imposé ou durci ces dernières semaines des restrictions sur les achats immobiliers pour tenter de contenir l'envolée des prix.

"Nous ne pensons pas que la correction qui s'annonce des prix immobiliers sera une source importante d'instabilité financière, mais elle aura un impact économique", ont écrit les analystes de Capital Economics dans une note de recherche.

"C'est une des raisons pour lesquelles nous pensons qu'après son récent redressement, l'activité économique va de nouveau commencer à ralentir l'an prochain."

Les chiffres du commerce extérieur du mois de septembre publiés jeudi dernier, avec une chute de 10% des exportations et un recul inattendu des importations, ont fait craindre que la stabilisation de la croissance chinoise ne soit que temporaire.

Ceux de la production industrielle, des ventes au détail et de l'investissement en septembre, qui seront publiés en même temps que le PIB mercredi, pourraient toutefois montrer des signes d'amélioration.

La production industrielle est ainsi prévue en hausse de 6,4% par rapport à septembre 2015, grâce notamment à l'industrie sidérurgique, tandis que les ventes au détail pourraient avoir augmenté de 10,6% sur un an, comme en août.

Les investissements en actifs fixes sont pour leur part attendus en progression de 8,2% en rythme annuel sur la période janvier-septembre, après +8,1% sur les huit premiers mois de l'année, tout en restant à leur plus bas niveau depuis décembre 1999.

Cette hausse devrait être due pour l'essentiel aux dépenses publiques, comme c'est le cas depuis le début de l'année. L'investissement privé n'a augmenté que de 2,1% sur janvier-août, le taux le plus faible jamais enregistré.

Le gouvernement vise une croissance comprise entre 6,5% et 7,0% pour l'ensemble de 2016. Elle avait été de 6,9% en 2015, son plus faible niveau depuis un quart de siècle.

L'enquête de Reuters donne une croissance de 6,6% en 2016, qui ralentirait encore à 6,5% en 2017. (avec Shaloo Shrivastava à Bengalore pour l'enquête, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)

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