13 octobre 2016 / 13:42 / il y a 10 mois

ENQUÊTE -BCE-Statu quo en octobre, initiatives en décembre

* Les données détaillées de l'enquête: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/econ-polls?RIC=EUGDPQAP

par Sumanta Dey

13 octobre (Reuters) - Des perspectives économiques de la zone euro stables mais sans élan pousseront la Banque centrale européenne (BCE) à ajuster son programme d'assouplissement quantitatif et à le prolonger avant la fin de cette année, estiment des économistes interrogés par Reuters qui ne s'attendent toutefois à aucune initiative en ce sens la semaine prochaine.

La BCE, dont le Conseil des gouverneurs se réunit la semaine prochaine sur le thème de la politique monétaire, a abaissé son taux de refinancement à zéro, adopté un taux de dépôt négatif et mis en oeuvre un programme d'achats d'actifs porté à un montant de 80 milliards d'euros par mois qui doit théoriquement s'achever en mars 2017.

L'inflation demeure toutefois nettement inférieure à l'objectif de la BCE d'une hausse des prix proche mais inférieure à 2% et a même plongé en territoire négatif à plusieurs reprises au cours des dernières années sous l'effet de la chute des prix de l'énergie, de la faiblesse persistante de la demande et du niveau élevé du chômage dans plusieurs pays.

Sur la soixantaine d'économistes interrogés la semaine dernière, aucun n'anticipe une inflation à 2% au cours des 18 prochains mois. Elle est ressortie à 0,4% en septembre.

Plus de 90% de ceux qui se sont prononcés sur la possibilité d'une initiative de la BCE d'ici la fin de l'année ont estimé qu'une prolongation du programme d'achats d'actifs au-delà de mars 2017 constituait l'option la plus vraisemblable.

Près de la moitié ont dit que des changements dans les paramètres techniques du programme étaient aussi probables.

La BCE devrait en revanche laisser sa politique monétaire inchangée lors de la réunion du Conseil des gouverneurs du 20 octobre.

"Les facteurs négatifs affectant l'économie de la zone euro ne vont pas disparaître soudainement dans les trimestres à venir, ce qui explique que nous anticipons que l'inflation restera faible, potentiellement sous 1%", a dit Johannes Mayr, chef économiste de BayernLB.

"Cela obligera la BCE à prolonger son programme d'assouplissement quantitatif au-delà de mars 2017. Mais pour faire cela, la BCE doit modifier le programme en raison de la pénurie d'obligations éligibles, en particulier d'obligations allemandes."

Mayr a ajouté que le Conseil des gouverneurs débattrait probablement de ces changements lors de sa réunion de la semaine prochaine mais qu'une décision ne serait prise qu'en décembre, un point de vue conforme à celui qui ressort de contacts avec des sources au fait des délibérations de la BCE.

Une initiative de la BCE lors de la réunion de politique monétaire du 8 décembre pourrait amplifier l'impact sur le taux de change de l'euro alors qu'une hausse des taux par la Réserve fédérale américaine, qui soutiendra le dollar, est largement attendue la semaine suivante.

Les économistes interrogés prévoient que la zone euro devrait continuer de croître à un rythme de 0,3% aux troisième et quatrième trimestres après un début d'année plus soutenu.

En 2017, le rythme de croissance devrait être freiné par un léger ralentissement des deux principales économies de la zone, la France et l'Allemagne, dont la croissance en moyenne sur l'année devrait être de 1,2% et 1,4% respectivement.

Les perspectives se sont en revanche un peu améliorées pour les petites économiques périphériques comme la Grèce et le Portugal. (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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