15 septembre 2016 / 11:27 / il y a un an

ENQUÊTE -Zone euro-La politique budgétaire doit prendre la relève

* Les données de l'enquête: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/econ-polls?RIC=EUGDPQAP

* Les données sur la BCE: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/cb-polls?RIC=EUECBR%3DECI

par Shrutee Sarkar et Rahul Karunakar

15 septembre (Reuters) - La politique budgétaire doit compléter une politique monétaire toujours plus accommodante pour sortir l'économie de la zone euro de l'ornière d'une croissance et d'une inflation faibles, estiment une majorité d'économistes sondés par Reuters.

Les interrogations des investisseurs sur la capacité de banques centrales comme la Banque du Japon ou la Banque centrale européenne à relancer l'activité et à stimuler la hausse des prix ont entraîné des dégagements sur les marchés obligataires au cours des dernières séances.

Klaas Knot, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a aussi mis en garde mercredi contre les risques d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire.

Près de 90% des quelques 70 économistes interrogés la semaine dernière par Reuters dans le cadre d'une enquête mensuelle sur les perspectives de la zone euro ont estimé que la politique budgétaire devait être mise à contribution pour stimuler l'activité et les prix plutôt que le recours à des mesures encore plus agressives de politique monétaire.

Le président de la BCE Marion Draghi a aussi déclaré la semaine dernière que les politiques budgétaires devaient soutenir la reprise. Il faisait échos aux propos de nombreux banquiers centraux lors de leur symposium annuel à Jackson Hole aux Etats-Unis fin août sur le même thème.

Les marges de manoeuvre budgétaire des pays de la zone euro sont toutefois contraintes par le Pacte de stabilité qui fixe notamment un plafond au déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB), même si un certain nombre de dirigeants européens plaident régulièrement pour plus de souplesse dans l'application de cette règle.

"L'efficacité de la politique monétaire a atteint ses limites. Une politique de soutien budgétaire serait donc bienvenue. Toutefois, les obstacles politiques demeurent importants et nous n'espérons pas grand chose de ce côté", a dit Oliver Niklasch, économiste chez LBBW.

LA BCE ATTENDUE EN DECEMBRE

Interrogés sur les pays de la zone euro les mieux à même de conduire une politique budgétaire expansionniste, les économistes interrogés citent majoritairement l'Allemagne.

Quelques uns ont mentionné la France et l'Italie et de petits pays du coeur de la zone euro. Certains d'entre eux plaident pour une politique budgétaire européenne plus coordonnée.

Même au Royaume-Uni, où une récession devrait être évitée de peu malgré le "Brexit", une politique de soutien budgétaire est aussi nécessaire, estiment les économistes.

Décevant les attentes des investisseurs, la BCE n'a pas annoncé la semaine dernière une extension de son programme rachats d'actifs de 80 milliards d'euros par mois, déclarant vouloir continuer d'en apprécier les effets et étudier les moyens de l'améliorer.

Les économistes interrogés s'attendent toutefois majoritairement à ce qu'elle annonce une prolongation de sa politique d'assouplissement quantitatif au-delà de l'échéance prévue en mars 2017.

Ils prévoient que cette annonce interviendra en décembre, ce qui fera plus ou moins coïncider avec le calendrier désormais anticipé de la prochaine hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale. Certains d'entre eux n'excluent pas une annonce plus rapide, dès le mois prochain.

Ni la croissance ni l'inflation au sein de la zone euro ne devraient toutefois significativement accélérer dans les prochains mois, selon les médianes des prévisions compilées pour cette enquête, en grande partie inchangées par rapport au mois dernier.

La croissance ne devrait pas dépasser 0,3% sur chacun des trimestres de cette année et 0,4% sur chacun de ceux de l'année prochaine.

L'objectif de la BCE d'une inflation proche mais inférieure à 2% ne devrait donc pas être atteint à l'horizon des prévisions avec une croissance des prix de 0,3% en moyenne sur l'année en 2016, 1,3% en 2017 et 1,5% en 2018.

"L'espoir était que les taux bas soutiendraient l'investissement mais le pouvoir de transmission de la politique monétaire s'est visiblement affaibli après la crise (de 2008) et même des mesures de plus en plus agressives et non conventionnelles ne sont pas parvenues à doper significativement l'économie", a dit Michala Marcussen, économiste chez Société générale.

"De plus, il y des inquiétudes grandissantes sur les conséquences potentiellement néfastes d'une politique prolongée de taux bas voire négatifs", a-t-elle prévenu. (Marc Joanny pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below