9 septembre 2016 / 20:47 / il y a un an

LEAD 2-Wall Street finit en net recul avec la Corée du Nord et la Fed

* La Corée du Nord annonce son cinquième essai nucléaire

* Rosengren (Fed) dit qu'il ne faut pas attendre trop pour agir

* La rechute du brut a pesé sur les valeurs de l'énergie

* Le Dow a perdu 2,13%, le S&P 2,45% et le Nasdaq 2,54%

* Sur la semaine, le Dow a cédé 2,2%, le S&P et Nasdaq 2,4% (Actualisé avec précisions, dollar et obligations du Trésor)

par Caroline Valetkevitch

NEW YORK, 9 septembre (Reuters) - Wall Street a terminé en forte baisse vendredi dans un climat de grande nervosité après un nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord et les propos d'un responsable de la Réserve fédérale plaidant pour un resserrement monétaire sans trop tarder.

L'indice Dow Jones a perdu 394,46 points, soit 2,13%, à 18.085,45 points. Le S&P-500, plus large, a reculé de 53,49 points, soit 2,45%, à 2.127,81 points. Le Nasdaq Composite a abandonné 133,57 points (-2,54%) à 5.125,91 points.

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow a perdu 2,2% et le S&P et le Nasdaq ont reculé de 2,4% chacun, les trois indices ayant accusé leur plus forte baisse hebdomadaire en plusieurs mois.

L'indice de volatilité, encore appelé le baromètre de la peur, a bondi de 34,2%, plus forte hausse quotidienne depuis fin juin, pour finir à son plus haut niveau depuis le 28 juin.

La Corée du Nord a annoncé avoir mené un nouvel essai nucléaire, d'une puissance sans précédent, et se dit désormais capable de monter des têtes nucléaires sur des missiles balistiques, ce qui lui a valu des condamnations des Etats-Unis, mais également de la Chine, son principal allié.

La tendance négative s'est accentuée, dès avant l'ouverture, après des déclarations du président de la Fed de Boston, Eric Rosengren, invitant la banque centrale à ne pas attendre trop longtemps avant de relever ses taux d'intérêt.

Les déclarations de ce type se multiplient ces derniers temps même si les traders pensent toujours majoritairement que la Fed n'agira pas à sa prochaine réunion, les 20 et 21 septembre, mais plutôt en décembre. Sur le marché, les anticipations de hausse de taux dès septembre sont cependant passées à 24% après les propos du président de la Fed de Boston, contre 18% la veille, selon le baromètre FedWatch de CME Group.

"Il est certain que les gesticulations de la Fed font beaucoup de bruit et lorsque vous entendez des commentaires de ce type, cela crée une certaine nervosité sur le marché", dit Phil Blancato (Ladenberg Thalmann Asset Management).

PRÉVISIONS PESSIMISTES DE DEUTSCHE BANK

Toutefois, d'autres responsables de la Fed, dont le gouverneur de la Fed, qui vote également au comité de politique monétaire de la banque, ont été plus prudents en ce qui concerne le calendrier de hausse des taux.

Daniel Tarullo a ainsi affirmé que de nouveaux éléments confirmant que l'inflation se rapprochait de l'objectif de 2% fixé par la Réserve fédérale étaient souhaitables avant que la banque ne se décide à relever ses taux d'intérêt.

Des traders ont rapporté en outre que des prévisions à long terme pessimistes de Deutsche Bank ont contribué au décrochage des Bourses en Europe et aux Etats-Unis, ainsi qu'à d'importants dégagements sur les marchés obligataires qui ont poussé les rendements à leurs plus hauts depuis des mois.

Dans une étude prospective publiée vendredi, la banque allemande a averti que la croissance de l'activité serait si faible au cours des trois prochaines décennies que les responsables politiques auront bien du mal à faire face aux défis politiques, sociaux et économiques qui en résulteront.

Sur le plan sectoriel à New York, les services collectifs et les télécoms ont perdu respectivement 3,75% et 3,42%, parmi les plus nets replis des dix grands indices du S&P, après avoir été recherchés depuis le début de l'année, notamment pour leur politique de dividendes élevés. Verizon a reculé de 3,32%, plus forte baisse Dow Jones.

Le secteur de l'énergie a abandonné 2,8%, plombé aussi par la rechute du pétrole, qui avait pris 4% jeudi après une baisse aussi forte qu'inattendue des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière avec les perturbations liées à la tempête tropicale Hermine. Exxon Mobil et Chevron ont cédé respectivement 2,48% et 2,74%.

Quoiqu'il en soit, le pétrole a gagné environ 3% sur l'ensemble de la semaine, sa première hausse hebdomadaire en trois semaines, dans l'espoir d'un accord global pour stabiliser la production après l'annonce lundi que Moscou et Ryad avaient conclu un accord de coopération dans ce sens.

Aux valeurs individuelles, l'exploitant d'oléoducs Williams Companies a cédé 3,56% après l'abandon d'un projet de rachat par son concurrent Enterprise (-1,61%).

Le dollar a gagné du terrain vis-à-vis de la plupart des dévises de référence, les propos d'Eric Rosengren ayant renforcé les anticipations d'un relèvement rapide des taux d'intérêt.

Ces paris ont poussé les taux des obligations du Trésor américain à leurs plus hauts niveaux en plus de deux mois. (Avec Rodrigo Campos, Juliette Rouillon pour le service français)

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