31 août 2016 / 12:32 / il y a un an

GRAPHES-Confiance et consommation-Le grand écart franco-britannique

* Les Français plus confiants ne consomment pas bit.ly/2bIS6XM

* Le rebond de la croissance française au T3 compromis

* Les Anglais, pessimistes avec le Brexit, continuent leurs achats bit.ly/2c47IWa

* Crainte de récession atténuée en GB au risque d‘un “hard Brexit”

31 août (Reuters) - Les consommateurs français et britanniques ont des comportements opposés depuis quelques mois, qui pourraient pourtant avoir des répercussions négatives d‘un côté du Channel comme de l‘autre.

Les premiers se montrent plus confiants en dépit de la succession d‘attentats meurtriers, l‘embellie conjoncturelle du début de l‘année et une amorce d‘amélioration du marché de l‘emploi contribuant au regain d‘optimisme.

La confiance des ménages français s‘est légèrement redressée en août, faisant preuve de résistance après l‘attaque du 14 juillet à Nice et malgré des craintes persistantes sur le chômage.

L‘indice synthétisant leur confiance a ainsi pratiquement retrouvé ce mois-ci son niveau de mai, qui constituait un plus haut depuis octobre 2007.

Ce regain de confiance des ménages français ne se traduit toutefois pas dans leurs dépenses de consommation en biens, qui ont reculé en juillet pour le quatrième mois consécutif alors que les économistes interrogés par Reuters anticipaient un léger rebond.

Graphique de l‘évolution comparée de la confiance et des dépenses de consommation en biens des ménages français :

bit.ly/2bIS6XM

Cette panne persistante de la consommation des ménages fragilise la perspective d‘un rebond de la croissance française - nulle au deuxième trimestre après +0,7% sur les trois premiers mois de l‘année.

La baisse de 0,2% des dépenses de consommation des ménages en biens au mois d‘août “signale un risque baissier prononcé sur notre prévision de croissance pour le troisième trimestre”, prévient François Cabau, économiste de Barclays qui table sur un rebond de 0,3% du produit intérieur brut sur la période juillet-septembre, une anticipation conforme à celle de l‘Insee et de la Banque de France.

Un moindre rebond de la croissance pourrait toutefois peser sur la confiance des ménages et justifier leur peu d‘entrain pour les achats.

JUSTIFICATION A POSTERIORI

Le comportement des consommateurs britanniques est à l‘opposé de celui des Français. Le Brexit s‘est traduit par une poussée de pessimisme à peine enrayée en août mais leurs achats sont restés soutenus.

Le vote britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l‘Union européenne, les craintes de récession et la chute de la livre sterling qui ont suivi, ont provoqué un fort recul de la confiance des ménages, qui reste toutefois supérieure aux points bas atteints après la crise financière de 2008-2009.

L‘indice GfK la synthétisant est tombé à -12 au mois de juillet, en baisse de 11 points, pour remonter à -7 en août, selon les données publiées mercredi.

La rapidité de la transition politique avec la désignation de Teresa May au poste de Premier ministre et les mesures d‘assouplissement monétaire prises par la Banque d‘Angleterre ont contribué à rasséréner un peu les esprits.

La poussée d‘inquiétude des consommateurs britanniques ne s‘est en revanche pas traduite par une baisse de leurs achats, les ventes au détail continuant de progresser à un rythme soutenu.

Graphique de l‘évolution comparée de la confiance des ménages britanniques et des ventes de détail :

bit.ly/2c47IWa

“Les premiers chiffres concrets post-Brexit comme les ventes au détail ou l‘évolution du chômage ne montrent aucun décrochage”, relève d‘ailleurs Alexandre Mirlicourtois, de Xerfi, qui rappelle toutefois qu‘en économie, “il y a des délais de propagation, ce qui permet un temps de rester en lévitation”.

La résistance meilleure que prévu de l‘économie britannique au choc du Brexit au moins jusqu‘à présent pourrait se révéler contre-productive, prévient de son côté Robert Wood, économiste de Bank of America Merrill Lynch.

Alors que Teresa May réunit mercredi les membres de son gouvernement pour examiner les options de sortie du Royaume-Uni de l‘UE, les médias britanniques se sont fait l‘écho d‘un certain soutien dans les milieux conservateurs en faveur d‘un “hard Brexit”, qui verrait Londres sortir de l‘UE sans proposer à ses partenaires la mise en place d‘accords commerciaux de substitution.

Pour Robert Wood, la dégradation moindre que redouté de la conjoncture a accru la probabilité de ce scénario intransigeant, même s‘il accentuerait les risques à long terme pour l‘économie et pénaliserait “significativement les échanges et la prospérité.”

En maintenant leurs dépenses en dépit du Brexit, les ménages britanniques risqueraient alors d‘avoir créé les conditions d‘une récession plus profonde et plus tardive justifiant a posteriori leur pessimisme.

Sources :

* France July household goods’ consumption signals early marked downside risks to Q3 GDP. Barclays. 31 août 2016.

* “Brexit means Brexit” but what does Brexit mean ? Global Economic Weekly. Bank of America Merrill Lynch. 26 août 2016.

* Royaume-Uni/Brexit: le calme avant la tempête. Xerfi. 25 août 2016.

Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below