24 juin 2016 / 04:31 / dans un an

** LE POINT SUR LES MARCHÉS après la victoire annoncée du Brexit **

(actualisé tout du long)

PARIS, 24 juin (Reuters) - Les marchés financiers internationaux, livre sterling en tête, dévissent vendredi avant l‘ouverture des Bourses européennes, qui pourraient plonger de 10% dès les premiers échanges, avec le vote des Britanniques en faveur d‘une sortie de l‘Union européenne.

Les résultats officiels du référendum de jeudi en Grande-Bretagne n‘ont pas encore été annoncés mais les médias, les commentateurs et la classe politique britanniques considèrent comme acquise la victoire du “Brexit” à la lumière des résultats partiels déjà connus.

Après avoir parié ces derniers jours sur un maintien de la Grande-Bretagne au sein de l‘UE conformément à la tendance donnée par les instituts de sondage, les investisseurs se ruent sur les valeurs refuges comme les obligations d‘Etat allemandes, le yen, le franc suisse ou l‘or.

A l‘inverse, les marchés actions décrochent jusqu‘en Asie.

La Bourse de Tokyo a perdu près de 8%, la Bourse de Honk Kong cède près de 5% et les marchés chinois, moins exposés à la volatilité internationale, reculent tout de même de plus de 1%.

D‘après les indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 10% à l‘ouverture, le Dax à Francfort 9,3% et le FTSE à Londres 8,7%.

L‘onde de choc se propage jusqu‘à New York, où Wall Street est déjà annoncée en baisse de 4% lorsqu‘elle ouvrira à 13h30 GMT. Les futures sur le S&P-500 et le Nasdaq ont cédé plus de 5% dans la nuit, déclenchant les coupe-circuits prévus pour éviter tout effondrement.

C‘est sur le marché des changes que les secousses sont les plus violentes autour de la livre sterling, ce qui pourrait amener les grandes banques centrales du monde à une action coordonnée. Certains intervenants considèrent même que la victoire du Brexit pourrait contraindre la Réserve fédérale américaine à renoncer à toute nouvelle hausse de taux cette année, voire à les baisser à nouveau.

La devise britannique, qui avait atteint jeudi soir un pic de six mois face au dollar après des sondages publiés peu après la fermeture des bureaux de vote annonçant une victoire du “Remain”, n‘avait jamais connu une séance aussi volatile.

Elle plonge d‘environ 10% face au billet vert aux alentours de 1,34 dollar après être descendue jusqu‘à 1,33, soit un plus bas depuis les accords du Plaza en septembre 1985, lorsque les grandes économies de la planète s‘était entendue pour affaiblir le dollar.

“RETOUR VERS LE FUTUR”

“C‘est retour vers le futur, nous revenons là où nous en étions en 1985”, commente Nick Parsons, responsable de la stratégie sur le marché des changes chez NAB à Londres.

“Nous avons assisté à une baisse de 10% en six heures. C‘est tout simplement exceptionnel et ce vote pour sortir (de l‘UE) provoque une crise existentielle pour l‘Europe”, ajoute-t-il.

Si l‘euro a pris 8% face à la livre, la monnaie de la zone euro est elle aussi au coeur de la tourmente en raison des doutes qui émergent pour l‘avenir de la construction européenne.

L‘euro retombe ainsi sous 1,10 dollar, abandonnant près de 4% face au billet vert. Il souffre encore plus face au yen, lequel bondit face aux autres devises en raison de son statut de valeur refuge.

La monnaie japonaise est brièvement repassée sous les 100 yens pour un dollar pour la première fois depuis fin 2013 avant de revenir au-dessus de 102.

Si la couronne danoise s‘est raffermie au point d‘ateindre un pic depuis 2003 face à l‘euro, à 7,4235 pour un euro, les devises suédoise et norvégienne se sont en revanche nettement affaiblies.

Autre valeur refuge, les Bunds allemands sont aussi recherchés. Leur rendement à 10 ans a touché un nouveau plus bas historique à -0,094% et il pourrait enregistrer son plus fort recul en une journée depuis la crise de la dette dans la zone euro en 2012.

Le rendement à 10 ans des obligations du Trésor français a aussi atteint un creux historique à 0,28%, en baisse de 17 points de base.

En conséquence, les écarts de rendement avec la dette des pays de la zone euro jugés moins sûrs se creusent.

Les obligations du Trésor américain attirent également les investisseurs et le rendement à 10 ans des Treasuries chute de plus de 30 points de base, plus forte baisse en un jour depuis 2009, à 1,49%, plus faible rendement depuis 2012. Il n‘est plus très loin de son record de 1,38%.

“Cela renforce le camp de ceux qui disent que la Fed ne va pas bouger. Une (hausse de taux) en juillet est définitivement écartée”, affirme Mike Baele chez US Bank à Portland, dans l‘Oregon.

Les marchés des matières premières ne sont pas épargnés, un Brexit étant considéré comme un frein majeur à la croissance de l‘économie mondiale.

Les cours du pétrole chutent de plus de 5%, le Brent de la mer du Nord revenant tout juste au-dessus de 48 dollars le baril.

L‘or gagne plus de 5% aux alentours de 1.325 dollars l‘once. (Bertrand Boucey, avec les bureaux de Reuters, édité par Wilfrid Exbrayat)

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