2 juin 2016 / 16:07 / il y a un an

LEAD 2-La BCE attendra avant d'assouplir ses règles pour la Grèce

(Actualisé avec vote du Parlement grec, déclarations de Dijsselbloem)

VIENNE/ATHENES, 2 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne a fait le choix jeudi de reporter sa décision sur l'octroi à la Grèce d'un accès à des financements bancaires bon marché, expliquant qu'elle attendait qu'Athènes ait levé la totalité des doutes qui persistent sur l'application des accords avec ses créanciers.

La Bourse d'Athènes a creusé ses pertes après l'annonce de la BCE et fini en repli de 0,92% tandis que l'indice local du secteur bancaire cédait 3,07% et que le rendement des obligations d'Etat grecques à deux ans remontait à 7,44%, en hausse de 28 points de base sur la journée.

Lors d'une conférence de presse à Vienne, le président de la BCE, Mario Draghi, a expliqué que le Conseil des gouverneurs avait débattu d'un rétablissement de l'exemption qui permet à la BCE d'accepter les emprunts d'Etat grecs comme garantie lors de ses opérations de refinancement des établissements bancaires bien que ces titres soient notés en catégorie spéculative ("junk").

Une telle exemption est redevenue envisageable depuis qu'Athènes a conclu, la semaine dernière, un nouvel accord avec ses créanciers. Mais Mario Draghi a déclaré que la BCE n'était pas encore disposée à franchir le pas.

"Nous avons eu une présentation, nous n'avons pas pris de décision. Le Conseil des gouverneurs reconnaît les progrès importants accomplis au cours des derniers mois", a-t-il dit. "Une fois que les dispositions préalables (prévues par l'accord avec les créanciers-NDLR) seront mises en oeuvre, le Conseil des gouverneurs prendra une décision qui conduira au rétablissement de l'exemption."

"Cela nécessitera une nouvelle réunion", a-t-il ajouté.

Quelques heures après l'intervention de Mario Draghi, la Vouli, le Parlement grec, a adopté une série de mesures répondant à la plupart des questions laissées ouvertes par l'accord conclu la semaine dernière à Bruxelles. L'examen des dernières mesures a été reporté à septembre.

Parmi les réformes adoptées figurent la suppression progressive d'ici 2020 d'une prime pour les retraités, qui débutera dès ce mois-ci, et la vente d'une participation de 20% à 24% dans la compagnie électrique ADMIE d'ici fin octobre.

DIJSSELBLOEM SALUE LES EFFORTS DE LA GRÈCE

Des compromis ont aussi été trouvés pour limiter les primes d'ancienneté des policiers et des gardes-côtes, alors même que la Grèce est en première ligne dans la crise des migrants, et sur la vente des créances douteuses garanties par l'Etat, une mesure réclamée par la BCE.

La Grèce espère ainsi lever le dernier obstacle au versement par les créanciers d'une nouvelle tranche d'aide, de 7,5 milliards d'euros dans un premier temps.

Le groupe de travail de l'Eurogroupe devrait émettre un jugement positif sur les efforts entrepris par Athènes lors de sa réunion la semaine prochaine. Il reviendra ensuite aux ministres des Finances de la zone euro de prendre une décision.

A Bruxelles, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem a jugé que la Grèce respectait ses engagements et que les ministres des Finances de la zone euro étaient prêts à discuter de sa dette.

"La confiance dans le gouvernement grec a évolué, il a obtenu des résultats, adopté beaucoup de mesures difficiles et continue de le faire et, sur cette base, nous sommes prêts à aborder sérieusement la question de la dette", a-t-il dit.

Lors d'un conseil des ministres avant le vote des parlementaires, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a jugé "possible que lors de la prochaine réunion de la BCE, nous assistions au rétablissement de l'exemption" pour les banques grecques.

Ces dernières n'ont plus accès depuis début 2015 aux opérations habituelles de refinancement de la BCE, ouvertes aux banques de tous les autres pays de la zone euro.

Elles dépendent depuis de la fourniture de liquidité d'urgence (emergency liquidity assistance, ELA) de la BCE, dont le taux d'intérêt est généralement supérieur de 100 à 150 points de base au taux de refinancement de l'institution, actuellement nul.

"Un léger retard n'est pas problématique", a déclaré George Poulopoulos, directeur financier de la Banque du Pirée, numéro un du crédit dans le pays.

"Une fois que le Groupe de travail de la zone euro aura donné son feu vert aux mesures préalables, on peut s'attendre à ce que l'exemption soit rétablie lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE." (Renee Maltezou et Lefteris Papadimas à Athènes, Francesco Guarascio et Jan Strupczewski à Bruxelles, Francesco Canepa à Vienne; Patrick Vignal et Marc Angrand pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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