22 février 2016 / 19:13 / dans 2 ans

LEAD 2-Honeywell et United Technologies ont discuté d'une fusion

(Actualisé avec sources, commentaires, contexte)

par Andrea Shalal et Greg Roumeliotis

22 février (Reuters) - Honeywell International et United Technologies Corp (UTC), équipementiers de constructeurs aéronautiques tels que Boeing et Airbus , ont discuté d‘une éventuelle fusion mais UTC est convaincu que les autorités américaines de la concurrence rejetteraient une telle opération, a-t-on appris lundi de sources informées de ces négociations.

Les discussions entre ces conglomérats américains, également présents dans le domaine de la construction, ne sont pas actives à l‘heure actuelle, a dit l‘une des sources.

Une telle fusion donnerait naissance à un groupe pesant plus de 90 milliards de dollars (81,71 milliards d‘euros) de chiffre d‘affaires. Cette entité combinerait cependant un fournisseur de moteurs pour avion et un fabricant de cockpit, ce qui pourrait nourrir l‘opposition de Boeing et d‘Airbus à un tel rapprochement.

“Si vous mettez ces deux entreprises ensemble, elles construiraient l‘avion du nez jusqu‘à la queue”, a dit l‘une des sources. “Boeing et Airbus n‘accepteront jamais ça.”

D‘après CNBC, qui a le premier fait état de ces négociations, ces discussions se sont tenues au cours des deux dernières semaines à l‘initiative de Honeywell et elles ont porté sur une transaction qui, si elle se concrétisait, verrait les actionnaires d‘UTC empocher une prime, essentiellement en actions avec un complément en numéraire. CNBC ajoute que l‘issue des discussions n‘est pas certaine.

Le titre UTC a été lundi le principal moteur de la hausse du Dow Jones à Wall Street avec un gain de 4,69% à 92,37 dollars, même s‘il a limité ses gains à la suite des précisions fournies par Reuters aux informations de CNBC.

L‘action Honeywell a en revanche cédé 1,96% à 105,17 dollars après être dans un premier temps montée à un pic historique de 111,86 dollars.

Le titre UTC avait perdu plus de 28% au cours des 12 derniers mois jusqu‘à vendredi dernier alors que l‘action Honeywell avait pris 2,5% sur la même période.

RESTRUCTURATION

Pénalisé comme toutes les multinationales américaines par la vigueur du dollar ces derniers mois, United Technologies a dévoilé en décembre un plan de restructuration de 1,5 milliard de dollars afin de réduire ses coûts. Il a en outre bouclé en novembre la cession de sa filiale Sikorsky (hélicoptères) pour neuf milliards de dollars.

Honeywell, de son côté, a réduit ses effectifs et vendu ou fusionné certaines activités pour comprimer ses coûts.

Les deux groupes subissent notamment des pressions de Boeing et d‘Airbus pour réduire leurs tarifs.

United Technologies, qui fabrique entre autres les moteurs d‘avions Pratt & Whitney équipant certains modèles d‘Airbus et les ascenseurs Otis, affichait une capitalisation boursière de 73,80 milliards de dollars au cours de clôture de vendredi.

Honeywell, qui compte Boeing et Bombardier parmi ses clients et fabrique des systèmes de contrôle et d‘automatisation dans le bâtiment, présentait pour sa part une capitalisation de 82,55 milliards de dollars.

“Si (cette transaction) devait aller de l‘avant, elle serait soumise à un examen minutieux de la part des autorités américaines”, pense Jeff Bialos, juriste associé chez Sutherland Asbill & Brennan et ancien responsable du Pentagone. “Ce genre d‘opération pourrait bien résulter en des cessions matérielles.”

Jim Corridore, analyste chez S&P Capital IQ, croit davantage aux chances d‘une telle fusion car l‘éventuelle entité qui en serait issue conserverait des concurrents.

“Nous pensons qu‘une fusion débloquerait d‘importantes synergies”, a-t-il écrit dans une note à ses clients. “Cette nouvelle pourrait réveiller l‘intérêt des investisseurs car nous considérons ces deux entreprises comme des valeurs attractives à leurs cours actuels.”

Un porte-parole d‘UTC, John Moran, a refusé de s‘exprimer sur le sujet tandis que Honeywell n‘a pas répondu dans l‘immédiat aux sollicitations de Reuters. (Avec Ankit Ajmera et Arunima Banerjee à Bangalore, Euan Rocha à Toronto et Andrea Shalal à Washington; Bertrand Boucey pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below