1 février 2016 / 11:55 / il y a 2 ans

BOURSE-Vallourec rebondit nettement, sa levée de fonds rassure

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS, 1er février (Reuters) - L'action Vallourec a repris lundi midi sa cotation à la Bourse de Paris en très forte hausse, la levée de fonds d'un milliard d'euros annoncée par le producteur de tubes sans soudure en acier rassurant le marché.

Le titre, suspendu entre vendredi en fin d'après-midi et ce lundi midi en Bourse, progresse de 13,8% à 4,609 euros à 12h38, après avoir chuté de 14,32% vendredi. Au même instant, le SBF 120 recule de 0,41%.

Vallourec a annoncé une augmentation de capital d'un milliard d'euros, souscrite pour moitié au moins par l'Etat français et le japonais NSSMC, ainsi qu'une vaste restructuration de ses activités qui le conduira à supprimer 1.000 postes de plus que prévu en Europe.

"Vallourec avait besoin de capitaux avec notamment un problème de dette et une échéance importante dans deux ans à laquelle le groupe devait faire face (...). On peut se demander pourquoi cela n'a pas été fait plus tôt, mais ce n'est plus vraiment la question aujourd'hui. Ce qui compte aujourd'hui, c'est 'est-ce suffisant ?'", juge Didier Roman, gérant chez Tocqueville Finance.

Graphique de la dette en circulation de Vallourec:

bit.ly/1PPv4PL

"Cette opération donne de la visibilité et de la flexibilité financières. Et outre le volet financier, il y a également une restructuration avec une forte réduction des capacités en Europe mais aussi une acquisition en Chine qui constitue un investissement très intelligent", ajoute le gérant.

En Chine, Vallourec a conclu un accord en vue d'acquérir Tianda Oil Pipe (TOP), un producteur de tubes sans soudure chinois coté à la bourse de Hong Kong, pour un maximum de 175 millions de dollars.

"S'ENTOURER DE PARTENAIRES SOLIDES"

Plombé par les conséquences de la chute des cours du pétrole sur les investissements de ses clients, Vallourec a vu sa capitalisation boursière fondre de 5,075 milliards d'euros à 550 millions entre le 1er janvier 2014 et vendredi dernier.

Graphique de la capitalisation boursière de Vallourec et des cours du pétrole:

bit.ly/1QBC7bN

"L'action est déjà en baisse de 50% depuis le début de l'année, et le risque de capital est déjà intégré. Les coûts de restructuration (seulement 76 millions d'euros) devraient être un soutien", considère Kepler Cheuvreux dans une note.

Vallourec n'est pas le premier groupe parapétrolier à devoir lever des fonds dans un environnement rendu très incertain par la baisse des cours du pétrole.

Saipem a ainsi annoncé fin octobre qu'il procèderait à une augmentation de capital de 3,5 milliards d'euros et CGG a fait de même le 13 janvier dernier pour un montant d'environ 350 millions dans le cadre de son plan de transformation. et

"Le meilleur moyen de réussir une opération est de s'entourer de partenaires solides, ce qui est le cas ici avec un partenaire industriel de longue date et l'Etat. Cela rappelle un peu ce qui s'était passé pour Peugeot. C'est la meilleure garantie de succès pour une opération", souligne Didier Roman.

LE PRÉCÉDENT PSA

PSA Peugeot Citroën, Dongfeng Motor et l'Etat français avaient signé en mars 2014 un accord cadre s'articulant autour d'une augmentation de capital de trois milliards d'euros à laquelle devaient souscrire Dongfeng, l'Etat français et dans une moindre mesure la famille Peugeot.

Dans le cas de Vallourec, et selon un scénario médian, l'opération se fera à travers une émission d'obligations remboursables en actions d'environ 490 millions d'euros, avec une tranche principale à un prix de 11 euros par action, et à travers une augmentation de capital d'environ 510 millions - dont 445 millions devront être levés sur le marché.

"Il y a une émission d'obligations remboursables en actions pour éviter des problèmes avec les autorités de la concurrence. Mais dès que le feu vert aura été donné à l'opération, les obligations seront converties en actions et en fonds propres", explique Didier Roman.

Si la réaction du marché est favorable ce lundi suite à la chute observée vendredi, certains investisseurs restent toutefois prudents au regard des difficultés des prix du pétrole à se redresser.

"Le cours (...) ne se redressera pas avant qu'un signal clair soit donné par les compagnies pétrolières sur la reprise de leurs investissements", juge ainsi Christian Jimenez, président de Diamant Bleu Gestion.

Ce lundi midi, les cours du baril de Brent reculent de 0,03% à 35,98 dollars. Début 2014, ils s'établissaient autour de 110 dollars. (Edité par Benjamin Mallet)

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