29 janvier 2016 / 14:42 / il y a 2 ans

Renzi à Berlin: "Nous avons le même adversaire: le populisme"

par Steven Scheer et Paul Carrel

BERLIN, 29 janvier (Reuters) - L'Italie et l'Allemagne sont confrontées au même problème: combattre le populisme qui se nourrit des crises économique et migratoire, a déclaré vendredi le président du Conseil italien, Matteo Renzi, en visite à Berlin.

"Bien sûr, nous ne sommes pas d'accord sur tout", a-t-il dit à la presse à l'issue d'une rencontre avec Angela Merkel. "Mais nous pensons tous les deux que combattre le chômage aujourd'hui en Europe revient à combattre le populisme. Nous avons le même adversaire: le populisme", a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement italien, issu du Parti démocrate (PD, gauche), dénonce avec constance l'insistance de l'Allemagne à promouvoir des politiques d'austérité au sein de l'Union européenne. Lui appelle à davantage de flexibilité budgétaire afin de renforcer la croissance économique du continent.

Il a indiqué vendredi que Jean-Claude Juncker avait été choisi pour présider la Commission européenne en novembre 2014 à la condition que les Etats membres bénéficient de plus de souplesse dans l'élaboration de leurs budgets.

"Nous demandons que les règles soient appliquées sans équivoque sur le fait que, pour nous, cette flexibilité (budgétaire) était une condition nécessaire de l'accord qui a conduit à l'élection de Jean-Claude Juncker", a-t-il dit vendredi. "Je n'ai pas changé d'avis au sujet de cette flexibilité, j'espère que Jean-Claude Juncker non plus."

RENZI "OUVERT" À UNE AIDE DE L'UE À ANKARA

MAIS ATTEND DES "CLARIFICATIONS"

Berlin et Rome ont également des positions divergentes face à l'arrivée massive de migrants.

Dans un entretien publié jeudi, à la veille de sa venue à Berlin, par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, Renzi s'élevait contre une conception dans laquelle Angela Merkel négocierait avec le président français François Hollande et avec Jean-Claude Juncker en le laissant à l'écart.

"Si nous cherchons une stratégie européenne commune pour régler la question des réfugiés, on ne peut se satisfaire qu'Angela appelle d'abord Hollande puis le président de la Commission Jean-Claude Juncker et que j'apprenne le résultat par la presse", déclarait-il dans cette interview.

Vendredi à Berlin, il a déclaré que l'Italie était "ouverte" au versement des trois milliards d'euros promis par l'UE à Ankara pour financer le maintien sur le sol turc des réfugiés syriens qui tentent de gagner l'Europe.

Mais il a ajouté qu'il attendait des "clarifications". Il y a deux semaines, en réunion des ministres européens des Finances, l'Italie a continué de bloquer le versement de l'aide promise aux autorités turques.

Angela Merkel a insisté de son côté sur la nécessaire application de cet accord entre l'UE et la Turquie.

"Nous avons évoqué naturellement la question des réfugiés, avec l'agenda UE-Turquie qui doit être mis en oeuvre rapidement parce que nous avons besoin de progrès", a dit la chancelière allemande. (Henri-Pierre André pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below