14 janvier 2016 / 13:50 / il y a 2 ans

LEAD 3-Renault secoué par des soupçons sur ses émissions, pas de fraude

* Complément d‘enquête après les résultats des tests officiels

* La Répression des fraudes au Technocentre, au siège, au site de moteurs de Lardy

* Le DG délégué de Renault a déjà reconnu des écarts de mesures

* PSA dit que pour sa part les tests n‘ont révélé aucune anomalie

* L‘action Renault chute, entraîne le secteur (Actualisé avec propos de Denis Baupin, cours de clôture)

par Gilles Guillaume

PARIS, 14 janvier (Reuters) - Renault a essuyé jeudi un coup de tabac à la nouvelle de perquisitions de la Direction de la concurrence sur trois de ses sites, une enquête qui ne dénote aucune fraude sur ses émissions polluantes, selon la ministre de l‘Ecologie, mais a fait perdre à son titre de Bourse jusqu‘à près de 23% en séance.

Les tests chez Renault, réalisés dans le cadre de l‘enquête gouvernementale sur les émissions polluantes du diesel lancée après l‘affaire Volkswagen, n‘établissent pas l‘existence de logiciels de fraude sur les véhicules du constructeur français, a déclaré Ségolène Royal.

“Je fais toute confiance à Renault”, a-t-elle dit à l‘issue d‘une réunion de la commission ministérielle créée à la suite du scandale VW pour vérifier les émissions polluantes réelles.

La ministre a cependant confirmé des dépassements de normes chez Renault, ajoutant que ce n‘est pas le cas chez l‘autre constructeur français, PSA Peugeot Citroën.

Dans un communiqué, Renault a expliqué que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait décidé de procéder à un complément d‘investigation.

Le groupe, dont les moteurs diesel équipent aussi les partenaires Nissan et Daimler, a confirmé que les enquêteurs s‘étaient rendus sur le site technique de mise au point de moteurs à Lardy (Essonne), au Technocentre de Guyancourt (Yvelines) et au siège du groupe à Boulogne-Billancourt.

“ANOMALIE”

Denis Baupin, vice-président écologiste de l‘Assemblée nationale et membre de la commission Royal, a déclaré à Reuters que deux véhicules Renault avaient été testés, une Renault Espace et une Capture.

“L‘anomalie est au moins d‘un facteur de trois à cinq - trois à cinq fois plus importante - que ce qui était attendu par rapport aux résultats des homologations”, a-t-il dit.

Une source proche de Renault a expliqué, sans préciser le nombre de véhicules sur lesquels l‘écart a été constaté, ni son ampleur: “Il doit y avoir des écarts entre les niveaux d‘oxydes d‘azote (NOx) mesurés en laboratoire et ceux enregistrés en condition plus réelle d‘utilisation des véhicules, qui expliquent cette démarche de la DGCCRF.”

Au-delà du scandale provoqué par la présence d‘un logiciel de trucage, l‘affaire Volkswagen a mis à nouveau l‘accent depuis septembre sur la divergence entre les émissions réelles des véhicules et les normes pour lesquelles ils sont homologués.

L‘Union européenne a proposé de tolérer à l‘horizon fin 2017 un dépassement de 2,1 de la norme Euro 6 actuelle, qui plafonne théoriquement à 80 mg/km les émissions d‘oxydes d‘azote.

LES TESTS POURRAIENT DURER JUSQU‘EN JUIN

L‘action Renault a décroché à la nouvelle de l‘inspection des autorités de la concurrence et entraîné dans son recul tout le secteur automobile européen. Le titre a finalement clôturé en recul de 10,28% à 77,75 euros, dans des volumes très étoffés, après s‘être effondré de près de 23% à la mi-journée.

Le directeur général délégué de Renault, Thierry Bolloré, avait reconnu dès décembre que les tests de la commission Royal avaient confirmé des écarts entre les mesures en laboratoire et sur route.

Une association allemande de protection de l‘environnement avait épinglé fin novembre les émissions polluantes de la nouvelle Renault Espace, accusée de dépasser jusqu‘à 25 fois le plafond autorisé en matière d‘émissions d‘oxydes d‘azote.

Thierry Bolloré avait également annoncé fin 2015 l‘accélération du programme de Recherche & Développement de Renault pour améliorer la technologie dite “EGR” dès juillet 2016, en complément du système dit “piège à NOx”, de conception plus ancienne et dont les limites sont atteintes.

PSA Peugeot Citroën, qui utilise une autre technologie de réduction des oxydes d‘azote (“SCR”), a fait savoir que les tests effectués sur ses véhicules n‘avaient montré aucune anomalie et qu‘il ne faisait pas l‘objet d‘un complément d‘enquête de la DGCCRF.

“Les résultats de nos véhicules sont absolument sans aucune tache et sans aucune difficulté”, a déclaré à Reuters le directeur de la R&D du groupe, Gilles Le Borgne, en estimant que les tests aléatoires devraient durer jusqu‘autour du mois de juin.

Selon un responsable de la CGT de Renault, les perquisitions de la DGCCRF ont eu lieu jeudi à Lardy et vendredi matin au Technocentre. (Avec le service France, édité par Dominique Rodriguez)

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